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vendredi, 25 mars 2016

Retour à Bron (3)

Je découvre dans la presse que l'islamisation de la Tunisie procèderait de l'arrivée au pouvoir d'Ennahda en 2011. Cela me rappelle les âneries que les ministres et journalistes jettent du matin au soir en pâture à l'opinion en France, en expliquant, main sur le cœur, qu'Islam et République sont compatibles. Or, si Ennahda a pu arriver jusqu’au pouvoir, c'est que l'islamisation de la société tunisienne s’était déjà produite depuis longtemps, favorisée par des politiques de tolérance plus que douteuses. Idem, hélas avec la société française. Songer que Sapin s’en prend à la Belgique qui aurait laissé croitre des Molenbeeck en son sein : Le culot et l’incurie de ces gens donnent des frissons ! 

A titre de témoignage, ces photos de l'église Saint Etienne à Bron, où un cardinal mort depuis (qu'on n'hésitera bientôt plus à traiter de pédophile, au train où va la propagande), m'a solennellement confirmé. A l'époque, je trouvais déjà que si la France n'avait plus que de telles horreurs en béton à consacrer à Dieu, il devait y avoir un lézard quelque part. Comment imaginer alors un mal si profond ?



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Le rideau de fer a chu sur l'église de ma confirmation qui ressemble à un entrepôt désaffecté des pays de l’Est

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Une pancarte de fort mauvais augure, sur le mur du côté droit de l'église. Le « grand remplacement » aurait-t-il en catimini commencé ? Faut-il attendre qu’un parti musulman se présente à la présidentielle pour évoquer tous les risques que l’islamisation de la société opérée par la gauche au pouvoir fait courir au pays ?

La propagande d'État est telle qu'en parlant ainsi, on risque de passer pour un dangereux provocateur. Ils ont inventé ce concept d'incitation à la haine, comme si eux-mêmes invitaient à l'amour, alors que nous ne faisons qu'inciter à la raison en constatant les méfaits de leur politique et en dénonçant les amalgames dont eux-mêmes se rendent coupables en proclamant que tout se vaut. Non tout ne se vaut pas : sur le plan théologique, qu'ils me prouvent par exemple que la Passion et le sacrifice du Christ valent les rodomontades de Mahomet. Alors seulement je commencerais à accorder quelque crédit à leurs sophismes, et quelque légitimité à leur gouvernement.

 

mercredi, 23 mars 2016

Retour à Bron (2)

Comme midi avait sonné, je suis rentré dans la brasserie de la place, encore presque vide. Au plat du jour, tête de veau sauce gribiche  : du facile à mâcher qui tombait bien, en raison de sérieux ennuis dentaires qui m'assaillent en ce moment. Accompagnée d'une fillette de gaillac, ça irait. Autre point fort de l'endroit, pas de télé gueularde suspendue dans un coin. En face de moi, une photo de Doisneau représentant Prévert attablé dans un coin du Luxembourg, dirait-on, un chien noir à ses pieds. Prévert, c'est curieux, je pensais à lui pas plus tard que ce matin. Je me disais  :  "Notre Père qui êtes aux cieux, restez- y ..., faut-il être con pour penser des trucs pareils." Me fait penser au type qui se noit, submergé et fier de l'être et lance à des gens qui tentent de le tirer de là  : "la paix, les gars, foutez-moi la paix..." Mais tout à été dit à ce sujet, pas nécessaire d'y revenir. Prévert croule en paix. Je n'ai pour ma part jamais pris ce gars pour un poète, ni le petit œuf, ni rappelle-toi Barbara, ni surtout ces inventaires gratuits. Prévert, c'est le commencement de la poésie pour tous, de la langue d'instituteur ; c'est le commencement désastreux de la fin. Mais bon. Il fait beau dehors, la tête de veau est tendre et bien cuite et je ne suis pas à Bron pour parler Prévert....

L'école un peu plus loin. La où justement on m'entretenait jadis de Prévert, sans vraiment me convaincre. Pas trop bougée en apparence, jusqu'au pré vert qui servait et sert toujours de terrain de sport à ses côtés. En apparence seulement, au su des programmes qu'on y suit depuis que 40 ans de réformes destructrices se sont engouffrées sous son toit. Bien changée l'école, au vu de ces mères voilées se dispersant alentour, une fois leur marmaille confiée aux bons soins de la République. La République est bonne mère pour Allah, décidément ! Faut bien être adepte du hollandisme déclinant pour imaginer un seul instant que l'Islam lui rendra la monnaie de sa pièce... Tout ça tient, n'en déplaise aux illusionnistes de la gauche maçonnique, du « grand remplacement » cher à Renaud Camus. Qu'aurait fait ma mère face à une telle situation ? Trop démunie pour m'inscrire dans le privé... On en revient sans cesse au même et sordide levier de manipulation des peuples dans laquelle une certaine gauche prétendument morale et scandaleusement donneuse de leçons excelle.

J'approche justement de Bron Terraillon, terrains de jeux de l'illustre Benzema, qui furent miens jadis. Comme quoi en ces banlieues socialistes mieux vaut collaborer avec le système en apprenant à taper dans un ballon qu'à tenter de le contester en apprenant à manier la plume. Zemmour à raison : Sur les boîtes aux lettres de l'immeuble aujourd'hui rénové où vécut ma mere, rares sont désormais les Dupont et les Martin. Une impression désagréable, de dépossession se saisit de moi. Par une fenêtre,  les vociférations d'une télé : en pleine semaine sainte, on ne parle encore que de l'état islamique.  Et tous ces idiots qui font mine de n'y voir que du feu... Je ne sais si Allah est grand. Mais je le trouve particulièrement envahissant. 

A suivre

 

15:16 Publié dans Des nuits et des jours... | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : bron, prévert, littérature, doisneau, renaud camus, benzema, zemmour | | |

mardi, 22 mars 2016

Retour à Bron

Le hasard m'a reconduit en saint-Saint-Denis de Bron, l'église où j'ai reçu la première communion. J'avais oublié la formidable rusticité du lieu. Loin de Saint-Ignace à Rome ou même de Saint-Denis en Croix-rousse ! Sobriété d'une croix en fer forgé noir, dont se contente le Christ, à laquelle est accrochée une branche de rameaux verte. Quelques jonquilles sur l'autel et sur le sol un vase de genets. Les bancs sont en bois clair. Où se sont dispersés celles et ceux qui à mes côtés portèrent, chacun en aube blanche également leur cierge jusqu'à l'autel, ce jour-là ? Et leurs proches qui occupaient ces bancs ?  Pour quelques mois encore, guère plus, on lisait encore la messe en latin. Grands-parents, parents, parrain, marraine, tous sont partis, quel étrange ballet que cette vie. Dans l'église déserte d'hommes demeure un grand calme que strient du dehors quelques notes aiguës d'oiseaux.

Mon âme attend le Seigneur, dit-on dans le De Profundis, « plus sûrement qu'un veilleur attend l'aurore » Ce qui veut dire que nous devons être plus certains de l'amour du Christ et de sa Résurrection que de l'existence de cette lumière matérielle qui tombe de ces vitraux transparents. Nous devons être plus assurés de la vie surnaturelle  que de la naturelle. Les chants d'oiseaux passeront. Cette église charmante dont tout a coup la colombe du vitrail jaune du fond me revient à l'esprit tandis que je la regarde, si bien que je me sais plus si je la contemple du point jadis ou du point de maintenant, cette église de Bron passera à son tour. Le sacrifice du Christ demeurera éternellement, peut-être pas dans la mémoire de tous, mais du moins dans celle de quelques-uns qui suffiront à constituer une multitude . Ce surnaturel prépondérant, c'est aussi lui que nous acclamons quand nous chantons avec Thomas d'Aquin dans son Tantum ergo, « que la foi supplée à l'insuffisance des sens»...

D'ici, comme tout ce qui se passe actuellement à Bruxelles paraît lointain ! Irréel  ! Je le sais, bien sûr, j'en suis informé, c'est tout. Je l'ai appris de ce smartphone sur lequel je compose ce texte. Familières, les cloches de Saint-Denis sonnent douze, tout comme autrefois. Et le joyeux carillon se met en branle. C'est le moment de publier ce billet...

(à suivre)

 

vendredi, 25 décembre 2015

Propter nostram salutem descendit de caelo

J’ai croisé cette nuit six des 120 000 policiers et gendarmes mobilisés, les églises étant, parait-il, « des cibles potentielles d’attaques terroristes ». Trois d’entre eux déambulaient dans la rue saint Jean presque déserte. L’un s’est arrêté devant la vitrine d’un marchand de bonzaïs, pour désigner à ses deux collègues une plante qui, leur dit-il, « gobe les mouches comme ça. »  (et vivement, il rabattit les doigts de sa main gauche sur sa paume, la dextre tenant le fusil). Rangers, bérets, treillis, drôles de bergers ! Trois autres sur le parvis de la primatiale. Il était 22 heures environ, les portes étaient encore fermées. J’ai filé tout droit, vers l’église saint-Georges où l’on célébrait « selon le rite extraordinaire », comme on dit à présent, c'est-à-dire en latin, dos au peuple et selon le missel d’avant Vatican II.  Devant cette église, point de surveillance, ou alors très discrète.

C’est la nuit de la Nativité. « Depuis quatre mille ans nous le promettaient les prophètes », et depuis deux mille, pouvons nous rajouter, martyrs et saints l’ont glorifié.  La chrétienté, c’est d’abord une histoire, qui débute à nouveau cette nuit. C’est aussi une architecture, des églises répandues partout dans le monde pour la raconter encore et encore, aux hommes de bonne volonté. Ce sont, enfin et surtout, des sacrements. La chrétienté, ça ne se laisse pas terroriser aussi facilement que ça. Tout ce climat dans lequel le gouvernement et les médias tiennent l’opinion parait s’évaporer dans une sorte d’illusion artificielle, théâtralement entretenue, lorsque la chorale entame l’introït : « Dominus dixit ad me : Filius meus es tu, ego hodie genui te » (1)

Je me suis demandé un jour combien d’hosties les hommes avaient dévoré depuis l’établissement de l’Eucharistie. Combien, à travers les siècles des siècles et au cours de leurs misérables vies ?  Insondable mystère de la présence continue du Dieu invisible. Je me suis souvent demandé aussi ce qui avait pu se passer dans la tête des premiers disciples, quand ils virent leur Christ pour la première fois prendre ce pain, ce simple pain posé là, sur la table, et leur dire tout à coup : « Prenez et mangez, car ceci est mon corps… ». Leur surprise. Leur tête !  Pouvaient-ils imaginer, eux, ce qu’Il était en train de fonder ? D’instituer ? Et ces milliards, ces milliards d’hosties à venir ? Jusqu'à cette nuit pleine de militaires... In saecula saeculorum...

Le Christ : qu’elle est sainte, en effet, cette nuit, bien au-delà des menaces des fous d’Allah et des craintes des politiciens…. Cette nuit, Sa première nuit de nouveau… L’un des abbés, à la sortie, me serre chaleureusement la main :

« C’est beau...

   Oui, c’est très très beau !»

Je suis revenu à pied, ne rencontrant finalement que très peu de monde, dans cette nuit de Noël aux relents anormalement printaniers, l’autre menace contre laquelle les rondes militaires ne peuvent rien. Quel temps ! Je portais en moi cette simple parole du Credo, «  propter nostram salutem descendit de caelo » et j’étais comme vidé de tout le reste. Ca et là, des traces d’urine, de vomi, des détritus. Dans le ciel sombre, sous la basilique de Fourvière, les lettres brillantes du « Merci Marie » retrouvaient un sens pleinement religieux : malgré tous les efforts de la municipalité pour le réduire à une formule lapidaire pour syndicat d’initiative (où est passé le « Marie Mère de Dieu de jadis » ?), oui, merci Marie pour ce Fils. Car Dieu, affirment les théologiens, lui ayant laissé pleinement son libre arbitre, elle aurait pu se refuser, comme la plupart d’entre nous nous refusons, à Lui.

Magnificat ! Une histoire sainte dans laquelle vivre, donc. Certes, nous ne sommes plus habitués, empêtrés dans nos raisonnements limités. Une ancienne action de grâces byzantine que j’aime particulièrement dit à un moment « Mère compatissante du Dieu de Miséricorde, ayez pitié de moi et placez la componction et la contrition dans mon cœur, l’humilité dans mes pensées, et la réflexion dans la captivité de mes raisonnement. » La réflexion dans la captivité de mes raisonnements… J’aime beaucoup. Beaucoup… Quelle captivité de mes raisonnements, en effet, me fait encore tiquer devant tel ou tel point du Credo, n’en pas comprendre toute l’authentique sagesse ni gouter toute la surnaturelle réalité ? Ah, si l’on comprenait vraiment ce que signifie la rémission des péchés, la communion des saints, la résurrection de la chair, quel Gloria unanime s’élèverait alors ! Et comme on clouerait le bec à tous les prôneurs de valeurs abstraites et théoriques ! Ne parlons pas des faiseurs de Jihad ! Et de quelle utilité nous seraient alors militaires comme politiques...

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(1) Le Seigneur m’a dit : « Tu es mon fils, je t’ai engendré aujourd’hui »

jeudi, 24 décembre 2015

Un présent de foi

« O Emmanuel ! Roi de Paix !... »  Au milieu d'une actualité aussi brouillonne que bouillonnante, nous sommes passés du temps de l'Avent à celui de la Nativité. Il est saisissant, le contraste entre notre histoire et celle de Dieu. Ce président qui paraît, des années après son élection, s'essayer encore en vain au costume qui l'écrabouille, ces palabres pour rire entre une prétendue majorité et une prétendue opposition à propos de la nationalité française et de sa déchéance qui concernera tout au plus une poignée de cinglés, cette Garde des Sceaux comme pétrifiée entre deux mensonges, cette folle furieuse arrêtée à temps avec un faux-ventre qu'elle s'apprêtait à bourrer d'explosifs pour se faire sauter au nom d'Allah à Montpellier, cet autre dément qui se pend dans la cellule où s'achève son Jihad, et le décès du troisième transplanté cardiaque de Carmat qui vient télescoper la mort de Jean-Marie Pelt, et puis toutes les autres nouvelles de l'info-spectacle, de la démission de Courbis  à la sortie de Snoopy...

Parmi tant événements si graves ou si futiles (c'est selon le point de vue) chacun, pénétré de sa propre importance, de son vif agacement ou de sa lancinante lassitude, voit midi à sa fenêtre, bien sûr, et fabrique la petite réalité quotidienne de son opinion. Plus discrète, plus profondément palpable, stabilisée par des siècles de liturgie, une autre histoire se donne pourtant à goûter, une autre actualité, un autre temps. Dans cette première qui nous paraît contemporaine, nous ne faisons que passer, nous ne saisissons rien - sinon parfois des coups - et nous perdons beaucoup de nous-mêmes, de notre attention, de notre énergie, de notre esprit. Dans la seconde, nous sommes véritablement sanctifiés, pour peu que nous acceptions d'entrer. Je me demande pour ma part si vivre en chrétien ce n'est pas tout simplement vivre dans une autre histoire que celle du temps qui passe et de l'actualité qui le tronçonne, si ce n'est pas camper obstinément, et presque uniquement, dans l'Histoire sainte.

Une des antiennes en Ô de la fin de l'Avent nous montre ainsi Joseph et Marie pénétrant dans le temple de Jérusalem, peu avant leur départ pour Bethléem. Et l'on ne sait quelle valeur attribuer à ce présent qui parcourt tout le texte, de narration pour ceux qui ne voient dans ce récit qu'une belle histoire, prélude de la Nativité, ou bien de vérité générale pour le récitant plein de foi qui le délivre syllabe par syllabe en cet aujourd'hui atemporel qui pourrait aussi être le nôtre, qui ferait bien d'être le nôtre. Un présent de foi, pourrions-nous dire, si c'était linguistiquement acceptable... Car s'y proclame de manière belle et poétique l'imperceptible mouvement par lequel on passe de la Table de Moïse à l'autel du Christ, de la Loi au Législateur. A lire mot à mot et à lentement déguster.

« O Emmanuel ! Roi de Paix ! Vous entrez aujourd’hui dans Jérusalem, la ville de votre choix ; car c’est là que vous avez votre Temple. Bientôt vous y aurez votre Croix et votre Sépulcre ; et le jour viendra où vous établirez auprès d’elle votre redoutable tribunal. Maintenant, vous pénétrez sans bruit et sans éclat dans cette ville de David et de Salomon. Elle n’est que le lieu de votre passage, pour vous rendre à Bethléem. Toutefois, Marie votre mère, et Joseph son époux, ne la traversent pas sans monter au Temple, pour y rendre au Seigneur leurs vœux et leurs hommages : et alors s’accomplit, pour la première fois, l’oracle du Prophète Aggée qui avait annoncé que la gloire du second Temple serait plus grande que celle du premier. Ce Temple, en effet, se trouve en ce moment posséder une Arche d’Alliance bien autrement précieuse que celle de Moïse, mais surtout incomparable à tout autre sanctuaire qu’au ciel même, par la dignité de Celui qu’elle contient. C’est le Législateur lui-même qui est ici, et non plus simplement la table de pierre sur laquelle la Loi est gravée. Mais bientôt l’Arche vivante du Seigneur descend les degrés du Temple, et se dispose à partir pour Bethléem, où l’appellent d’autres oracles. Nous adorons, ô Emmanuel ! Tous vos pas à travers ce monde, et nous admirons avec quelle fidélité vous observez ce qui a été écrit de vous, afin que rien ne manque aux caractères dont vous devez être doué, ô Messie, pour être reconnu par votre peuple. Mais souvenez-vous que l’heure est près de sonner, que toutes choses se préparent pour votre Nativité, et venez nous sauver ; venez, afin d’être appelé non plus seulement Emmanuel, mais Jésus, c’est-à-dire Sauveur. »

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samedi, 12 décembre 2015

Où conduisent les ritournelles...

S’il avait trois sous d’honneur, deux sous d’amour du pays, et un sou même d’estime de soi, cet homme devrait démissionner. Mais cet homme n’a rien de tout cela, ni dans le cœur, ni derrière le front, ni dans le ventre. Cet homme est froid. Il soupèse, calcule, attend. Le machiavélisme que certains de ses partisans lui reconnaissent, il le tire cependant d’un autre dont il tente d’être la pâle incarnation ; la bonhomie que d’autres lui prêtent, c’est du matériel pareillement emprunté. Et de ces deux modèles, cet homme sans personnalité tente de faire une synthèse : mais au spectre Mitterrand comme au clown Chirac, au moins leurs pires ennemis pouvaient-ils encore reconnaître une sorte d’originalité. A celui-ci, rien que de petit et de très veule. Il y a chez lui quelque chose d'irrémédiablement dégradé  : Comme toute copie, il tire sa seule force de n’être rien de lui-même.

La grande affaire de son quinquennat aura été le mariage des homosexuels ! Pour le reste, les faits parleront d’eux-mêmes : les chiffres désastreux du chômage, les impôts qui écrabouillent les classes moyennes, la montée de l’islamisme, cela en dit suffisamment long sur les effets de son discours et de sa politique. Lui et ses sbires n’auront été que des faiseurs de dangereuses ritournelles : après la ritournelle de la courbe qui doit s’inverser et celle du  vivre ensemble qui doit advenir, voici venir celle du spectre de la guerre civile avec des présidents de régions bleu Marine. On comprend que ce président médiocre soit pret à tout pour sauver son séjour à l’Elysée et celui de son aboyeur en imperméable à Matignon. Mais de là à avoir si peu d’arguments, que Moi ou le chaos….

Mais Daech comme lointain ennemi et le Front National comme repoussoir intérieur lui paraissent être sa seule chance de prolonger de cinq ans son règne absurde en 2017. Raide tel un figurant à contre emploi dans un costume à la fois de  chef de guerre et de résistance, à l’ombre du palais qu’il occupe, ce sombre individu à la théâtralité douteuse ne mesure cependant pas l’usure du discours démagogique sur lequel repose le pouvoir aussi épuisé que ridicule qu’il représente. Bien sûr, un politicien de la gamelle, déshonoré de surcroit, et qui ne comprend pas la France parce qu’il ne l’aime pas ne démissionnera jamais. Tel est bien là le drame du pays ! Il s’accrochera jusqu’au bout à l’état d’urgence et aux pouvoirs constitutionnels. Quitte à jeter le pays dans les pires désordres et le peuple dans les pires clivages.

Si dimanche soir, en effet, le Front national n’emporte aucune région, les commentateurs proclameront sur tous les écrans que la machine UMPS (la machine républicaine) aura bien fonctionné. Preuve sera administrée une fois encore que la démocratie est un leurre. Et que le système électoral, dont l'actuel président est l'ectoplasme incarné, n'a pas pour fonction de représenter les aspirations des électeurs, mais de confisquer leur parole et de remplir jusqu'à la prochaine les caisses des partis au pouvoir. 

Alors, pour se débarrasser du terne collaborateur de ce système à bout de souffle, celui-là même qui aura tant joué avec l’électeur sans jamais posséder la carrure de l’élu, il faudra sans doute que le pays ait recours à autre chose que l’élection, ce qui n’augure évidemment rien de bon pour la fin du mandat de ce très inquiétant et logorrhéen Moi président.

 

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Moi Président, Solko, mai 2012

jeudi, 12 novembre 2015

Faux prophètes à la pelle

Prem Pal Singh Rawat est ambassadeur de la paix dans le monde. Pour avoir croisé la route de ce triste sire durant ces fameuses années 70 dont on tente de nous vendre la légende rafistolée, je ne peux m’empêcher d’en dire deux mots sur ce blog. John Mac Gregor, qui fut un agent influent de la secte de Rawat durant presque 30 ans, en dit ceci  « Pour nous, il s'est produit quelque chose que peu de gens ont l'occasion d'expérimenter : les éléments du mythe se mettaient en place sur terre » De quels éléments parle-t-il ? De la paix. La paix sur terre. De la révolution promise par le nouveau millénaire à venir. Et d’un enfant, d’un simple enfant, venu de l’Est pour l’installer.

Lorsque j’ai croisé pour la première fois des disciples de Prem Rawat, en avril 75, ce dernier avait tout juste dix-huit ans. Depuis l’âge de sept ans, me dirent-ils, photos à l’appui, il enseignait à vivre en harmonie avec soi et les autres, grâce à des techniques de méditation dont on peut trouver la description ICI  Il descendait d’une lignée de maîtres dont la trace se perd dans le temps [lignée avérée bidon depuis], et était venu en Occident pour que les gens y vivent enfin en paix. Quoi de plus magnifique ? A l’époque, je lisais l’Evangile de Matthieu dont je me souviens avoir extrait cette phrase « La haine n’a pas d’avenir ». J’aurais mieux fait d’en extraire une autre, qu’on lira un peu plus loin. Dans la suite de sa confession, le même Mac Gregor, disciple repenti, écrit : « On ne peut pas dire que 50.000 personnes ont reçu la Connaissance aux USA (et des quantités équivalentes dans d'autres lieux) au début des années 1970 sans aucune raison. On ne peut pas l'expliquer que par des raisons négatives. (Nous étions jeunes, perdus, manipulés, etc.) Il y a eu une expérience : parfois c'était électrique, parfois océanique. Nous avions la certitude de vivre.»

C’est vrai. Nous avions une ferveur inouïe, la certitude de participer à un dessein qui méritait qu’on s’y dédiât corps et âme, je confirme. Je me souviens de ces paroles de Graeme Alwight, sans doute inspiré d’un discours de guru de cette même étrange et oubliée époque : « Le monde se prépare à un grand changement. Veux-tu aider ? Bénis sont ceux qui font un bond vers l’avenir ». 

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Prem Rawat, sacré maître parfait à l'âge de sept ans 

Rawat, alias Shri Maharaj Ji, alias « Seigneur de l’Univers », avait juré ses grands dieux que sa « connaissance » satisferait le cœur de tous ceux qui l’attendaient sans le savoir : nous étions en quelque sorte ces pionniers d’un monde nouveau, disciples de l’absolue transformation nécessaire de l’humanité. J’aurais oublié tout cela si d’une certaine façon, ces maîtres du « New Age » qui déferlèrent sur l’Occident à cette époque n’avaient pas depuis [mais d’une façon très différente que celle que nous imaginions alors] contribué à changer le monde depuis leurs villégiatures californiennes et à transformer, hélas, l’humanité.

Le guru en question s’est révélé à l’usage un parfait escroc, certes ! Ceux qui le fréquentèrent d’un peu près découvrirent assez rapidement qu’il ne respectait ni les « dix commandements » auxquels l’un de ses modèles avoués, le Christ, se référait pourtant, ni ne pratiquait la vénérable sagesse que l’une de ses autres références, Kabir, recommande à ses disciples dans ses propos d’un autre âge.  Ceux que cela intéressent peuvent visiter ce site, réalisé par d’anciens adeptes, pour en apprendre davantage à son sujet.

Ce qui m’interpelle des années plus tard, c’est que, Rawat, parmi d’autres prédateurs spirituels bien authentifiés, est devenu « ambassadeur de la paix », reconnu par des chefs d’Etat, alors qu’il a lamentablement échoué dans la mission qu’il s’était assignée. La paix ? Un monde en paix ?  Où ça donc ? A ce titre, il continue même à propager les mêmes « clés » sur un nouveau site (ici et ici) , à faire des conférences dans le monde entier et à charmer encore des milliers de gens, au nom du libéralisme libertaire devenu le bréviaire des puissants, cautionné comme ses pairs charlatanesques par des personnalités du monde politique, du show-business, de l’entreprise. Amma, son clone féminin, court elle aussi le monde, courtisant la même clientèle. La méditation, le yoga, le développement personnel, le contrôle de soi, autant de notions jugées il n’y a pas si longtemps communément sectaires et dorénavant partout parfaitement admises comme des clés du bonheur ou des ouvertures à d’autres horizons, y compris [surtout] dans ce qu’on appelle les classes moyennes supérieures mondialisées, prétendument évoluées et faussement progressistes. Les états ferment les yeux. Était-ce finalement ça, un divertissement pour oisifs fortunés, la paix que ce guru aussi opportuniste qu’astucieux parlait alors de répandre dans le monde entier ?

Songeant au discours eschatologique cité par Matthieu [XXIV, 24], je me souviens donc des propos du Christ sur « ces faux prophètes capables d’induire en erreur même les élus ». 

Certes, j’aurais appris beaucoup de ma traversée de cette secte, sur l’instinct grégaire, la fatuité spirituelle, les rapports de domination, la misère affective, le pouvoir de l’autosuggestion, les ravages de l'imaginaire débridé et de l'abandon de la raison. Sur le fait, également, que les maîtres du New Age ne brillent jamais par leur culture, mais plutôt par des techniques de fausse empathie et de réelle manipulation, et grâce à des soutiens logistiques importants, ceux là même dont disposent aujourd'hui d'autres redoutables et plus contemporains inspirés philanthropes, les théoriciens de l'homme augmenté ou du transhumanisme de la Silicon Valley, par exemple.

Mais j’aurais souffert longtemps de cet endormissement de la véritable foi, qui laisse dans l’âme [alors malmenée par l’orgueil spécifique de l’esprit sectaire qu’on trouve désormais un peu partout au point de se confondre même avec ce que certains nomment une culture de parti ou d’entreprise] de vives et grandes blessures. Surtout quand je pense à tous les humbles qui, depuis des siècles, ont fabriqué le monde commun dont tous profitent de manière aussi éhontée

Les faux prophètes ont ensemencé le monde post moderne de leur venin, au point que même François se croit parfois contraint de jouer au pape mainstream livré qu'est le monde au tourbillon du libéralisme planétaire et de l'œcuménisme religieux. Ce venin, je l’ai senti agir dans mes veines. D'autres l'auront senti, le sentent et le sentiront. Le détournement du désir de Vérité, de la soif d'Absolu, de la recherche de la Perfection, de  la quête d'Éternité, risque même de prendre des tours de plus en plus violents et radicaux au sein d'une société dont les dirigeants nient à ce point Dieu, dans un élan matérialiste aussi profondément marqué, évidemment. Il suffit pourtant, dans l’oraison ou la communion avec l’Eglise, de retrouver le sens intime du sacrifice parfait du Christ pour se réconcilier avec la grâce de l’alliance sereine et commune de l’homme avec Dieu. C’est le fil conducteur du monde et de sa tradition, devant lequel les multiples faux-prophètes ne sont, eux, que du vent.

jeudi, 15 octobre 2015

Thérèse ni de son temps ni du notre

Aujourd’hui, sainte Thérèse d’Avila.  Ses œuvres complètes non loin de moi, acquises chez un bouquiniste pour la moitié de son prix initial. Quel prix,  les écrits d’une sainte, dans la société du smartphone, pourrait-on en conclure ? Mais le mépris de la sainteté a toujours été présent, de nos jours comme dans les jours les plus anciens : « Pourquoi donc certaines personnes passent-elles si tranquillement les jours à bien manger et dormir, à s’amuser et se divertir, autant qu’elles le peuvent ? J’avoue que je n’en reviens pas », s’étonnait Thérèse en ses cahiers, au XVIe siècle.

Ainsi, la carmélite dans ses écrits – vers ou prose – revient sans cesse sur la nécessité vitale de l’humilité, évoquant à maints endroits « ceux  qui après être montés très haut sont tombés dans de grands abimes ». Il n’y a pas, dit-elle, « de sécurité pour nous ici-bas. » Elle se saisit de l’exemple dont le monde a traité le Christ, « après  l’avoir tant exalté le jour des Rameaux ». Le monde, écrit-elle, « ne loue jamais que pour rabaisser, quand ceux qu’il loue sont les enfants de Dieu. »

 

A saisir la contemporanéité de ses pages,  je me dis  que la quête de la sainteté, qu’on pourrait croire d’un autre siècle, n’est pas un sentiment aussi perdu que ça. Car en aucun temps, elle ne fut, somme toute, facile à appréhender et à comprendre. Mais de nos jours, elle est tue, cachée, pudique, discrète et comme voilée par d’autres quêtes plus avouables et mieux tolérées par le vocabulaire, les mœurs et l'idéologie de l’époque. Lire Thérèse d'Avila, entendre et goûter ce qui demeure bel et bien sur la table de Béthanie, ni de son temps ni du nôtre.

 

 

07:27 Publié dans Des nuits et des jours... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : therese d'avila | | |

samedi, 26 septembre 2015

Noms de mères, noms de rues

Il longeait le trottoir légèrement humide de la rue Alsace Loraine, l’esprit alourdi par la charge sans intérêt des soucis quotidiens, quand soudain lui revint en mémoire le nom de Madame [kãyé]... Pourquoi, fichtre ? Car c’était par là [derrière l’une de ces façades, une fois passée la rangée de boites aux lettres disjointes puis les marches usées, incrustées de coquillages fossilisés, qu’il comptait une à une lorsqu’il fallait à pas démesurés les gravir, enfant], que les gosses chaque jeudi après midi allaient se faire catéchiser. Tant d’années plus tard, impossible de préciser le numéro de la rue, ni l’étage. Mais les tentures, les rideaux, les bibelots, les tapis, si ! Drôle, ça : il ne se souvenait que de ce qui avait certainement changé quand du reste qui, sans doute encore, demeurait sous ses yeux, du bâti, rien ne palpitait en sa mémoire. Mort. Indiscutablement. Et dressé pourtant devant ses yeux.

Les histoires, également. Moïse traversant la mer Rouge, le buisson ardent, le bœuf et l’âne… Ainsi parlait la mère Caillé. Ou Cahier. Plus très sûr que ce fût le nom de la vieille du catéchisme, ou bien de celle qu’on payait pour l’amener et le ramener chaque jour de l’école au domicile. Plus très sûr. Cahier, bien sûr, cela était lié dans sa mémoire aux encriers en faïence et aux pupitres en bois inclinés, tandis que Caillé évoquait l’espèce de fromage blanc qu’on lui servait au gouter juste après le caté et, finalement, il se pouvait que ce fût la même bonne femme qui l’accompagnait et le catéchisait. Estompées, leurs silhouettes de vieilles… Quelle importance, au fond, d’autant qu’il n’était foutu de se remémorer aucun des traits de son visage ; ces histoires qui lui paraissaient alors terriblement exotiques [oh, sa peur d’Abraham sur le point de sacrifier Isaac !], l’odeur vague et rance du salon, ce nom de rue tout en contrebas de la sienne, Alsace Lorraine, qu’il longeait de nouveau tant et tant d’années après. Et peut-être qu’elle n’était (ou qu’elles n’étaient) pas si vieille(s) que ça après tout, saisie(s) avec tout le reste dans la capsule de sa mémoire en argentique. « Entre quarante et soixante-dix », se dit-il en se souvenant combien tout ce qui dépassait la trentaine lui semblait alors d’un autre âge, d’un autre temps, d’un autre monde que le sien alors.

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Enseigne de la façade du restaurant « La mère Brazier » au 12, rue Royale (2009)

© A. Delaigue

 

Cet autre nom, cette enseigne, Mère Brazier, juste derrière, rue Royale, ces messieurs toujours très bien mis quittant l’établissement, cigare aux lèvres, avant de  grimper dans leurs automobiles. Avec cet autre nom, Brasier, Braisier, il avait noué alors à son insu quelque familiarité sans jamais avoir adressé la parole à la Mère ni non plus bien sûr franchi le seuil de son renommé restaurant, ni même avoir vu véritablement les traits de son visage. La Mère. Les récits de ses oncles durant des repas de Noël avaient intégré ce nom-là à sa mythologie personnelle : on y mangeait bien, et ça paraissait l’essentiel. Peu de plaisirs, tout compte fait, durant son enfance, sinon celui de la bonne bouffe, de la cuisine gastronomique faite de rien, par une main leste et savante de grand-mère. Peu de plaisirs mais beaucoup de paix, qu’il puisa toute sa vie à gorge déployée, dans le silence épais de son cœur. Il réalisait combien, pour les adultes qui l’entouraient alors, la guerre qu’il n’avait lui, pas connue, n’était pas très éloignée.

Les passants certes avaient changé depuis, beaucoup surgis du Sud, occupants braillards la dissolution de son autrefois à lui. Ceux-là ne seraient guère plus éternels que les siens, se consolait-il [que les chères figures dont il se souvenait, et que le cadre dans lequel il avançait pouvait malgré l’étrangeté du présent encore contenir.]

 

Tout lui indiquait à quel point la France allait dorénavant mal, et que cela empirerait inexorablement comme si ses dirigeants l’avaient poussée, la France, du haut d’un escalier pour qu’elle se fracasse en bas. D’elle, demeuraient ces quelques noms, accrochés à des plaques de rue et des enseignes, qui lui donnaient à sucer au fond du palais des souvenirs aussi sucrés que des bonbons, comme pour l’aider à longer sa route, un temps bref encore, avant qu’on ne les emporte tous et, comme l'écrivit un jour Céline, qu'on n'en parle plus, plus jamais.