dimanche, 19 décembre 2010
Arbres en hiver
Le bois sec et tortueux des hauts platanes, lorsque le vent les berce, s’entrechoque. L’hiver, il faut à cacher la corneille, ni n’abrite ses amours. Il pointe de longs bras vides de gueux vers le ciel, comme en direction de vitrines aux marchandises colorées.
Des rumeurs d’osier heurté ponctuent doucement leur aussi haut que frêle et lent et nu balancement rayant le ciel.
Ils font mine, au matin, de boire le soleil. La lueur vient-elle sur le creux mordoré de leurs ocelles se poser, le zigzag de leurs mille fronts demeure, face aux saisons, de glace. Comme s’il fallait dormir encore un peu, au fond de soi, et pas ailleurs, puiser sa permanence.
Jean Couty : paysage d'hiver
09:38 Publié dans Des poèmes | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : jean couty, littérature, poésie |
Commentaires
Merci pour ce beau poème.
C'est la première fois que je vois le verbe faillir conjugué au présent de l'indicatif.
Écrit par : Michèle | dimanche, 19 décembre 2010
@ Michèle : Il existe pourtant un maître en la matière c'est Pascal Adam ("Tout faut")
Écrit par : solko | dimanche, 19 décembre 2010
Quel étonnant tableau !
Écrit par : Nénette | lundi, 20 décembre 2010
Un texte qui fait du bien aux yeux!
Merci!
Écrit par : Natacha S. | mardi, 21 décembre 2010
C'est infiniment élégant, et par l'effet de la ponctuation (le plaisir des virgules), à la fois heurté et délié.
Écrit par : nauher | vendredi, 24 décembre 2010
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