dimanche, 25 octobre 2009
L'Ancêtre-laboureur
Ses ancêtres, de quelque côté qu’il se tournât, avaient poussé la charrue.
Etrange, cette envie, qui leur avait fait quitter leur sillon. Je me demande à présent : était-ce l'envie de nous ?
Une lueur au loin : c'était la ville. Là-bas, des sourires carnivores et du papier-monnaie. Sourires quand même, s’étaient-ils dit. Et, bien que les pantalons de velours leur usassent l'intérieur des cuisses, ils s’étaient mis en route des sentiers jusqu'aux ateliers. Souci de prospérité ? Envie de foutre le destin par-dessus-bord ? Suivisme ? Envie de dire collectivement son mot dans l'Histoire : le peuple et ses légendes… Besoin de bouffer.
Nous nous retrouvâmes au cours de l'épisode suivant, tous entassés à plusieurs générations dans des lieux exigus au fond d'arrière-cours assez malodorantes, il faut bien le reconnaître, mais poussés au sens propre hors de nous-mêmes par une force tenace qui ne voulut plus voir dans le troupeau que des individus, force cérémoniale qui devint tant bien que mal une tradition démocratique. C'est alors que nous avons peu à peu abandonné les récits de nos ancêtres pour le discours des orateurs urbains. Alors que le passé, jusqu'alors simple, devint composé.
Certains carreaux de la cuisine étaient branlants et nous n'avions pas de chauffe-eau pour se laver. Quand les filles se dénudaient, il fallait faire le pied de grue à la porte. Mais le progrès filait sa route, et nous la sienne. Nous avons appris à lire dans les journaux. La liberté guidant le peuple.
A force de se tourner vers l'avenir, nous avons oublié le passé, le plus simple comme le plus compliqué. Des brocanteurs ont vidé de nos greniers les épaves que les ancêtres y avaient laissées, pour les vendre fort cher à des collectionneurs de passage. Il fallait voir comme le plus quelconque de nos moulins à café avait l'air de les enchanter. Les imbéciles ! Adieu, les mouchoirs en dentelles brodées aux initiales d'antan qui sentaient les herbes de Provence et les doigts de nos grand mères. De vote en vote, nos mouchoirs usagés, à présent, nous les jetons.
Puis nous avons vendu les planchers de nos greniers et les culs de nos armoires à tant le mètre carré. De ponts en ponts, nous sommes parvenus enfin à la capitale. La capitale, pour nos esprits étroits, c'était presque l'Amérique ! Sur ses affiches électorales, un président de la République - je ne sais plus lequel, il y en a tellement eu - et puis c'est si commun, un président de la République ! - souriait à pleines dents.
Quand nous songions à l'ancêtre laboureur, nous pouvions nous imaginer sans frémir de ridicule que nous étions devenus des êtres civilisés. Qu'il pourrait être fier de nous, le gueux qui chiquait.
Un jour pourtant, tandis que nous vieillissions, il revint hanter nos traits peu à peu. Je ne sais quel fut le premier d'entre nous dont il se saisit.
Sous le galurin posé de guingois, la ressemblance avec sa photo écornée et jaunie - encore que nul parmi nous n'était encore capable de dire si c'était bien lui qui figurait dessus, ou bien un petit-fils ou un voisin, qu'importe en la maison commune - la ressemblance était si frappante qu'on en restait tous au perron comme saisis, hésitants à l'inviter à prendre place au repas de famille, devant une assiette de surgelés.
A quelques mètres sous le carreau, là, sous nos pieds, c'était encore la terre, son domaine, son sillon. La terre, qu'il pointait du doigt. Deux ou trois siècles étaient passés, guère plus. Suffisamment pour balayer tous nos savoirs et de vent établir nos domaines. Son regard était, malgré cela, et malgré la grande fatigue, et toute sa vieillesse, demeuré confiant et droit. Nous n'eûmes plus, dès lors, qu'à attendre (attendre, nous avions perdu, entre autres, cette habitude...) qu'il ouvrît la bouche, nous demandant plein d'effroi en quel patois il articulerait son premier mot, de quel geste il accompagnerait sa première sentence.

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jeudi, 15 octobre 2009
Le XXIème siècle fait joujou avec le XIXème
Nerval : El desdichado
Baudelaire : A une passante
Rimbaud : Ophélie
Connaissiez-vous ces horreurs en caoutchouc ?
Moi non.
J’ai découvert cela sur un blog « pédagogique ».
Je m’imagine, à seize ou dix-huit ans, ayant des poètes une telle vision.
Chamallow, chamallow.
Brrrr….
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mardi, 13 octobre 2009
Lequel des douze ?
Revoici le monde, et ces grandes taches imbéciles qu’il fit sur nos cahiers.
Les levers de soleil reviendront un à un nous manger,
Faisant jusqu’au dernier
De nous un peu de cendres.
« -Tu n’es pas gai », disait par-dessus mon épaule
L’arbre lecteur, aux feuilles rousses, agitant le vent dans ses feuilles,
Et des rais de lumière perçant la frondaison.
Bien sûr que si, disais-je moi, en saluant,
Qui passait au loin,
Un cortège d’assassins.

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dimanche, 20 septembre 2009
Ma pièce
Une pièce dans un immeuble, un immeuble dans une rue, une rue dans une ville…
On se perd, au-delà,
Si peu bâtis, sommes-nous, pour l'infini.
Au delà, ce sont des métropoles entraperçues d’un hublot nocturne,
Ces tapis de lumières que n’abattent jamais tout à fait ni l’horizon ni l’obscurité,
En lignes, en courbes, en pointillés, en paillettes,
A perte de vue :
La terrible, l'insatiable, l’infernale présence humaine, sur la boule Terre
Jusqu'au vertige rendue non, jamais totalement visible,
Pas plus qu'imaginable ...

Ma pièce, rien qu’un tout petit point lumineux parmi ces milliards d’autres pièces, disséminées,
Et pour retrouver dimension plus sereine, plus adaptée à soi-même, partout des écrans, des images :
Télés, ordis,
Page d’un livre, tracée de sillons,
Mots, qu’on lit,
Ou blanche,
Oui, page blanche,
Qu’on écrit.
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jeudi, 10 septembre 2009
Le piéton du pont du Change
C’est un sacré pari que de créer une maison d’édition : aujourd’hui comme hier et peut-être davantage aujourd’hui qu’hier. Nous saluons ici la naissance des éditions Le Pont du Change, clin d’œil au vieux pont de Saône à Lyon qui relia, des siècles durant, la loge du Change à l’église Saint-Nizier.
Jean-Jacques Nuel, dont il a déjà été question ici, est l’auteur de ce pari : et comme il ne fait pas les choses à moitié, il a choisi pour ouvrir son catalogue de publier un recueil de poèmes, Simples Choses de Roland Tixier.
Roland Tixier est né à Lyon en 1946. Fidèle piéton des rues de Villeurbanne et de Vaulx-en-Velin, il est aussi l’animateur d’ateliers de création poétique en milieu scolaire. Durant seize années, il a été lui-même éditeur à l’enseigne du Pré de l’Age.
Comme son titre le suggère, Simples Choses se propose de saisir l’immédiateté humble et nue de l’environnement premier du poète. Il s’agit d’une suite de 180 haïkus urbains, forme qui se propose d’exprimer à la fois le caractère éphémère et sensuel, mais aussi sans cesse reconduit et sans fin ressenti de la réalité quotidiennement perçue. Nicole Vidal-Chich, dans la postface du recueil, évoque avec délicatesse cet art de la « suspension », qui se défie également des jeux de mots et de sonorités, pour au final en maîtriser au plus juste (au plus serré) l’énonciation.
Les haïkus de Roland Tixier sont faits pour être dits. Et j’ai envie de rajouter qu’en leur grand dépouillement, ils sont faits pour être marchés : car les paysages urbains qu’ils évoquent dans une alternance de mètres impairs (5/7) et pairs (6), comme les saisons, sont ciselés sur le mode du retour, espacés, sans ponctuation. Il faut donc se laisser marcher par cette musique très spéciale qui nous transporte de la rue Verlaine plusieurs fois citée (Verlaine, un tel poète des villes !) en bars à rapido, quais de métro, caisses de Monoprix.
Trois exemples qu'on se permettra ici de citer :
croisé rue Verlaine
des visages confiants
d’autres sans abri
gardé de ce jour
le regard éclair
d’une pie sur le trottoir
Monoprix samedi soir
elle crie à son enfant
« viens là je vais te tuer »
Simples Choses Roland Tixier, Éditions Le Pont du Change
13 € - ISBN : 978-2-9534259-0-1
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lundi, 10 août 2009
Le Chantre Premier
Aimer un
poète de la Renaissance, c'est vouloir marcher sur ses pas, rêver sur ses paysages, boire ses vins et tourner ses pages. Dans ce Lyon dont le salon de la Belle Cordière est le cœur, Olivier de Magny, Ponthus de Thyard, Clément Marot, Champier, Dolet forment un premier cercle, il est un maître en exil déjà, dans la verdoyante plaine d'Ecully. Aux livres, au grec, au latin, il préfère souvent les flâneries le long de Saône en bordures de l'Ile Barbe. Là l'attend l'Idée, sa Délie
« En toi je vis, où que tu sois absente
En moi, je meurs, où que je sois présent »
Non loin, la délicieuse Pernette, tout juste âgée de quatorze ans, venue au bord de cette eau limpide laver sa blanche et délicate peau. « Apercevant cet ange à forme humaine... » dira Scève; « Mais qui dira que la Vertu, dont tu es richement vêtu, en ton amour m'intercella », poursuivra Pernette. Début d'une longue et troublante histoire d'amour, objet de plus haute vertu, vraiment :
« Amour me presse et me force de suivre
Ce qu’il me jure être pour mon meilleur
Et la Raison me dit que le poursuivre
Communément est suivi de malheur »
Scève, amant de l'absence, chantre de l'Idée, dont il décèle l'incarnation dans le paysage de l'Ile Barbe qu'au loin domine le mont Fourvière, et dans le corps idéal de Pernette, un corps de quatorze ans, au bain. Dans la rime, également, le dizain et le décasyllabe, le maître-mètre du XVIème de cette poésie que la ville a rendue savante, ce Lyon plus doux que cent pucelles vient de prononcer Marot, et dont il est lui, Maurice Scève, le chantre premier
Je voy en moy estre ce mont Forviere
En mainte part pincé de mes pinceaulx.
A son pied court l'une et l'autre Riviere.
Et jusqu'aux miens descendent deux ruisseaulx.
Il est semé de marbre a maintz morceaulx,
Moy de glaçons : luy aupres du soleil
Se rend plus froid, & moy pres de ton oeil
Je me congele : ou loing d'ardeur je fume.
Seule une nuict fut son feu nompareil :
Las tousjours j'ars, & point ne me consume.
Plus tost seront Rhosne et Saone desjoincts,
Que d'avec toy mon coeur se desassemble ;
Plus tost seront l'un et l'autre Mont joinctz
Qu'avecques nous aulcun discord s'assemble :
Plus tost verrons et toy, et moy ensemble
Le Rhosne aller contremont lentement,
Saone monter tresviolentement
Que ce mien feu, tant soit peu, diminue,
Ny que ma foy descroisse aulcunement.
Car ferme amour sans eulx est plus, que nue.

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dimanche, 14 juin 2009
Caniculaire
On annonce 33°. Lyon reprend ses habits de chaleur et sera aujourd’hui à nouveau la ville la plus chaude de France avec Grenoble (34°). C’est alors que dans l’immense espace d’une cuvette sèche et polluée, l’air enflammé se réverbère sans complaisance, figeant semble-t-il le déroulement des heures dans une attente du soir. Les fleuves et leur fraicheur filent entre les quais, rances et sans profondeur, comme vaincus, comme absents. Dans le silence des rues, on a soudain l’impression que la pierre des immeubles se dresse contre le ciel afin de protéger la chair des hommes de la trop brûlante malédiction solaire. L’ombre et la verdure même paraissent capituler. Toute la ville prend un air d’acier et, comme suspendue entre le ciel et le trottoir, toute vie attend l’orage. Il se lèvera. Il se lève toujours.
C’est d’abord une fraicheur vive et soudaine, prélude au tintamarre des gouttes de pluie ; le souffle alpin, tournoyant dans les rues pentues, balayant la pierre italienne de bourrasques, comme pour la laver du mal d’être habitée. Et la luisance soudain révélée de l’asphalte : dans l’humidité translucide de sa pierre, la ville, l’instant de quelques éclairs, retentit alors d'une histoire dont elle se montre riche autant que jalouse. Dans la noirceur extrême de l’orage, les puissants jets de Lug éclairent le sanctuaire de Marie, tandis que le reste de la ville, sur un tapis obscur, suspend son souffle.
Sur chaque boulevard, dans chaque rue, des gouttes drues comme des colonnes dressent une muraille infranchissable et joyeuse : je reçois à pleine gorge la violente chute du salut. Jusqu’à ce que, toutes pierres et toute chair fécondées par le ciel, l’aveuglant jet du couchant s’éclipse avec la dernière foudre, comme avalé par l’effondrement lointain de sinistres fondations : elle redevient grise et hautaine comme la nuit électrifiée, cette cité dans la nuit, armée.

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lundi, 01 juin 2009
Maurice Chappaz, poète de passage
Un ami m’a offert un très beau texte de Maurice Chappaz dont je viens d’achever la première lecture. Il s’agit du tout dernier ouvrage du poète et vigneron suisse, La pipe qui prie et fume (Nov. 2008, réed. mars 2009, ed. de la revue Conférence). Maurice Chappaz s’est éteint au début de l’année 2009, le 15 janvier exactement. Ce texte constitue donc un legs poétique troublant, dans lequel l’expérience de la vieillesse et celle de l’écriture s’enlacent à chaque instant : « Je devine en moi la grande usure. L’Eternel est aux aguets » (p 9).
De Chappaz, je ne connaissais que le Testament du Haut Rhône, un recueil de 1953, réédité par Fata Morgana en 2003. La qualité avait sonné à mon oreille. Sonore et vive. Mais je ne sais pourquoi, sans doute cet endormissement administratif dont parle le poète, et propre aux citadins (là, c'est moi qui rajoute), je n'avais pas insisté. Chappaz n'est pas homme des villes, et nous qui y vivons y perdons trop souvent le goût et la paix de l'esprit.
La pipe qui prie et fume se présente comme une suite de 26 méditations, faites aux Vernys, son chalet sans route dans une haute vallée valaisanne. Pierre-Yves Gabioud, (peintre et graveur vivant dans le val Ferret), a accompagné les 26 textes de 26 monotypes reproduits dans l’édition. La valeur de cette écriture tient tout entier à la conscience de la mort, avec laquelle vit le poète nonagénaire. « A la suite d’un corps, il ne peut y avoir rien. Certes, personne n’est revenu des inimaginables villages. Quand nous serons en Dieu, nous passerons dans les nuages, le vent, les torrents qui bêlent, ça pourra prendre une forme humaine. Nos morts travaillent depuis toujours sur cette terre. Tel ou tel les a aperçus, je m’en suis parfois douté. Ils influencent le destin, ils remuent les événements » (p 21) « J’ai tant guetté le printemps, cette année, si anxieux de le manquer. A présent, guetté par l’âge, je le rumine comme les vaches ruminent l’herbe en clignant les paupières. » (p 71) « Les croyants, les incroyants… Voilà ce qui à l’instant s’est faufilé à l’intérieur. On est tout à la fois croyant et incroyant. Le choix se fait sans cesse et presque à notre insu, d’un jour à l’autre dans le dédale de l’âge où je trébuche. L’espoir même que j’ai et les miettes de la beauté du monde qui s’éparpillent en moi… des nuages dans le ciel aux arbres sur la terre qui attendent avec le cri d’un corbeau, tout me fait sentir mon rapprochement avec les bêtes. » (p 94) Et ce passage où Chappaz cite « le mot de la fin d’un fermier à sa parenté appelée autour de son lit : Eh bien ! mes pauvres, cette fois ça y est, j’ai fini de chier. » (p 94)…

Maurice Chappaz, jeune homme.
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vendredi, 01 mai 2009
L'Appel d'Alceste
Premier mai : tout simplement le premier jour d’un nouveau mois. Quoi d’autre ? Rien. Rien de plus, assurément.
Le monde approximatif continue de tourner sur l’axe du mensonge, et s’y grippe. Les générations successives s’époumonent en vain, les plus jeunes y laissant désormais la syntaxe de leurs pères : l’ignorance tourne en leurs viscères, telle une toupie géante qui les épuise en les défigurant. Chacun, emporté par la creuse rotondité de son propre nombril vers la fin de sa ridicule course, consumé par les cercles qu’il aura accompli dans le vide et dans le vide en vain dessiné, sur le trottoir grimaçant de son idiotie, de sa démence, par tous les autres applaudies. Rien de plus. On appelle cela la fête ! Laissez rire Alceste ! Un simple mouvement de cil, pour fermer la paupière sur cette raréfaction de l’esprit, le temps de reprendre son souffle. Plonger le cœur en un appel misanthrope et souverain.
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lundi, 19 janvier 2009
L'embourgeoisement du monde
Souffrir, dans ce monde lisse, est un délit.
Souligner l’incohérence, l’imposture, l’effroi,
Une trahison.
L’écart n’est conçu que validé par l’opinion.
Tandis que le développement des libertés prétendument individuelles
A fait de chacun de nous
L'objet, aussi original
Que le mobilier urbain qu’on voit dans nos rues
(Un banc, un lampadaire, une dalle, une poubelle),
La rivière de Char polluée, l’albatros de Baudelaire mazouté,
L’arbre de Giono réduit en cendres,
Le nuage opaque & crémeux qui plane sur chaque ville,
La surdité technologique,
L'amnésie médiatique,
Le ravissement démocratique
Disent, si évidemment,
Que cette espèce, comme les autres,
Est condamnée.
Un progrès ?
Nous payons au prix fort l’embourgeoisement du monde.
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