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lundi, 26 novembre 2018

D'un dimanche, l'autre.

L’année liturgique épuisera lentement ses forces dernières durant cette semaine, jusqu’à la saint André, le pêcheur du lac de Tibériade, devenu l’apôtre de la Croix que nous fêterons vendredi ; puis tout doucement, derrière les voiles obscurs de l’actualité et du spectacle divertissants, s’en lèvera une nouvelle, à l’orée du dimanche qui vient : une prochaine qui déroulera ensuite ses heures et ses pages tandis que la France et le monde risqueront de s’enfoncer selon toute vraisemblance dans le chaos du non-repentir, de semaines en semaines et de mois en mois.

Cette année qui point à l’horizon, accordez Seigneur qu’elle se révèle riche en conversions de toute sorte et nous maintienne tous dans la grâce sanctifiante dont nous avons tant besoin pour demeurer debout sur le sol si meurtri de cette terre. Accordez que l’Église militante le soit véritablement, que le pape soit vraiment pape et les fidèles vraiment fidèles, rangés au service du Dieu des Armées Célestes et d’aucun autre, à travers nos pérégrinations parmi la trompeuse réalité de cette société contemporaine où tout est inversé ; protégez nous contre les embûches et les malices de Satan, plus que jamais avide de dévorer nos âmes, au moyen de l’acédie comme de l’orgueil, du mensonge ou de la luxure; car ils demeurent nombreux les voiles qui dérobent à notre vue la beauté sans taches et la sagesse sans fin de Jésus Christ ; faites que le démon soit défait, cet esprit vivace et faux qui ignore la force du repentir, dédaigne les attributs vivants de la sainte Trinité, demeure aveuglément étranger aux vertus de la Croix, et sans cesse inspire des projets faussement nobles à une humanité dressée contre le véritable Dieu, dont « le visage est comme le soleil quand il luit dans sa force » (Apocalypse, I,16) ; que la justesse de notre parole s’accorde à l’humilité de nos actes devant Lui qui est Père, Fils et Saint Esprit.

Puisse cette année liturgique dont l’ordonnance constitue sur cette terre déréglée la grande école de l’Imitation de Jésus-Christ et le rempart contre le péché nous maintenir à l’écart des mauvaises philosophies et des vaines tromperies dont nos écrans, nos lois et nos fictions débordent, et dont l’apôtre Paul rappelle qu’elles « relèvent d’une tradition toute humaine, des éléments du monde et non du Christ. (Colossiens, 2,8). Cette année, qui s’annonce, puisse-t-elle enfin, à nos prières et par le mérite du Christ à jamais souffrant découvrir nos noms inscrits sur le Livre de Vie. Amen.

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Le cycle de l'année liturgique dans l'Eglise catholique

08:21 Publié dans Là où la paix réside | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : année liturgique, catholicisme, christ | | |

dimanche, 26 août 2018

Je suis

Cœur ouvert, je me répète,

En tête,

Les prières du Pater

Noster.

 

Dans le silence se nomme

Un homme :

Son Sang s’écoule sur moi,

Qui boit.

 

Le heurt de cette rencontre

Me montre

En quelle agonie je vis

Sans Lui.

 

La grandeur du sacrifice

Du Fils

Accomplit ce que le Père

Espère.

 

Le feu que l’Esprit adore

Me dore,

Tue la nuit puis, au matin,

M’atteint.

 

La colère de Satan

S’entend :

Qu’il craigne pour son empire

Le pire !

 

Dieu Lui-même se proclame

En l’âme :

Je sais que, malgré la nuit,

Je suis.

 

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08:05 Publié dans Là où la paix réside | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pater noster, christ, christianisme | | |

samedi, 19 mai 2018

Le Christ et le Jihad

Le Christ nous a tout dit. Dans son deuxième discours d’adieu, Il a annoncé le Jihad islamique (Jean, 16, 2-3) : « L'heure vient où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu. Et ils agiront ainsi, parce qu'ils n'ont connu ni le Père ni moi… »
Beaucoup de Chrétiens ont toujours été tués, en effet. Mais qui, en le faisant, croit « rendre un culte à Dieu » ? Juifs et Romains qui tuèrent des Chrétiens par milliers dans l’Antiquité ne s’imaginaient pas rendre un « culte à Dieu » ; ils se débarrassaient simplement de gêneurs politiques et d’ennemis religieux. D’ailleurs les 10 commandements de Moïse dictés par Dieu sont clairs : si on peut tuer en temps de guerre, il est interdit de tuer son prochain pour rendre un culte à Dieu, pas plus que de lui mentir, de convoiter sa femme ou de dérober ses biens.
C’est l’Islam qui a prôné de nouveau au VIIe siècle après Jésus Christ cette notion de sacrifice humain infidèle qui serait capable de plaire à Allah (celui qu’ils croient être Dieu). Le Christ non seulement prophétise la venue du Jihad bien après Lui, mais en donne la raison : ils font cela non pas pour se débarrasser d‘ennemis politiques ou religieux, mais parce qu’ils croient que Dieu n’est pas Père : La sourate du dogme pur le dit clairement (sourate 112) : « Dis : « C’est Lui, Dieu l’Unique,  Dieu le Suprême Refuge, qui n’a jamais engendré et qui n’a pas été engendré, et que nul n’est en mesure d’égaler !» Dieu est Unique et n’a jamais engendré » ; ce qui signifie clairement que n’ayant jamais engendré, il n’est pas Père, il ne peut non plus être Fils, il est donc unique, informel : les Musulmans, comme le Christ l’annonce, « n’ont connu ni le Père ni le Fils », et c’est pour ça que les plus fanatiques d’entre eux vous tueront.
La seule façon, pour un Chrétien, de combattre et de mettre fin au Jihad, c’est donc de permettre à ses combattants de faire la connaissance du Père et du Fils. De leur donner accès, autrement dit, à la lecture de l'Evangile.

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15:55 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : islam, jihad, attentats, christ, christianisme | | |

dimanche, 28 janvier 2018

Notre Père

Le Christ s’est placé au cœur, au centre de toute création, en assumant par la Croix tous les péchés dont les creatures sont capables, de sorte qu’il n’en existe pas une qu’Il ne puisse, si tel est Son souhait, racheter. Devenu ainsi pêcheur d’hommes grâce à sa double nature, il est pleinement le chemin que chaque part de nous-mêmes peut emprunter pour éloigner et maintenir la totalité de notre être sauve des blessures du péché.

Il pêche d’abord les hommes par leur raison, le logos. Saint Jean le théologien, le disciple dont le Christ dit vouloir qu’« il demeure jusqu'à Son retour », incarne pleinement cette raison par Lui élevée au plus haut.

Il pêche également les hommes par leur pathos : il leur a donné pour les attendrir au sens plein, et purifier leurs affects, Sa Passion. Thomas, qui pour croire dut plonger son doigt dans la plaie vivante du Christ, de même que tous les passionnistes et les stigmatisés, représente cet autre accès à la personne du Fils.

Un troisième est la porte de l’action, que conduisent Pierre et tous les missionnaires, et à ceux-là le Christ à confié les Béatitudes, pour leur offrir les clés dont leur action a besoin pour demeurer inspirée loin de tout reniement.

Un dernier accès enfin est la Vision : par elle, Il convertit, et Paul demeure l’emblème des repentis, qui devra jusqu'à son dernier souffle conserver au pied sa fameuse épine.

Il est bien sûr absurde d’opposer ces différentes lignes par lesquelles Christ pêche les hommes, mais plutôt de comprendre en quoi chacune, s’adressant à un aspect de la nature humaine, définit cette dernière, et en quoi toutes se complètent pour la former.

De plus, quel que soit le biais par lequel le Christ nous a pêchés, nous ne devrions pas nous en tenir là : car le meilleur raisonneur peut ne pas appliquer ce qu’il a pourtant compris, et le visionnaire le plus fécond tomber dupe d’une imagination corrompue ; et l’action n’est jamais à l’abri d’un dévoiement politique, tout comme le pathos ne l’est d’un dérèglement psychologique. Car nous habitons toujours la terre, qui est la demeure de l'orgueil, et nous nous démenons sous le regard vif de Satan. Nos efforts doivent donc tendre à harmoniser les quatre voies (celles de la raison, de la vision, du pathos et de l’action) afin d’appartenir, du mieux qu’il est possible au regard de toutes nos limites, au Christ Lui-même, d'être baptisés en Esprit et conscients de notre filiation véritable, qui n’a plus rien de terrestre.

 Car le dieu trine est un dieu vivant. Le Père, en effet, ne mène pas au Père, ni le Fils au Fils, ni l’Esprit à l’Esprit d’une manière systématique et figée ; mais c’est le Fils, comme Lui-même l’enseigna, qui conduit au Père et ce par l'opération de l’Esprit, à chaque instant de notre vie si nous acquiesçons devant cette connaissance et ce cheminement. Et c’est pourquoi tout chretien, quels que soient sa « famille » et le rite qu’il pratique par ailleurs, ne peut se passer de la prière, de cette prière donnée par le Fils, portée par l’Esprit, et qui conduit au Père, ce Notre-Père par lequel il se démarque d’un adorateur d’Allah ou d’un quelconque Grand architecte de l’univers, comme il se distingue du plus profond raisonneur, du plus brillant imaginatif, de l’humaniste le plus empathique ou du politique le plus averti ...

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Lac de Tibériade

20:23 Publié dans Là où la paix réside | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : christ, notre père | | |

dimanche, 10 décembre 2017

Jérusalem

Jérusalem,

Ville Passion du Christ.

Où s’ouvrit le Ciel

Et la Terre se fendit,

Golgotha !

Marie souffle toujours au chrétien

Que pour le rachat des Siens

Son Fils y expira.

En cette pensée, mon âme,

Baise la pierre où fut déposée

Sa chair d’Agneau lacérée

Et sa Divinité intacte,

Inébranlée.

Ressuscité, il traversa

Le suaire ici-même,

Jérusalem !

 

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Jérusalem !

Gardé par trois églises,

Son Saint-Sépulcre irise,

Flambe d’un Feu

Trine et surnaturel :

Simple pèlerin en ce lieu,

Âme éprise de Dieu,

Qu’il fasse de toi Sa semence !

Laisse pour cela se dérober,

De ton corps prosterné,

Toute autre présence

Que le Verbe Incréé,

Qui fut avant le mur

Du temple second,

Et sera après le Rocher même,

Jérusalem !

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17:53 Publié dans Des poèmes, Là où la paix réside | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : jérusalem, saint sépulcre, christ | | |

mardi, 21 novembre 2017

Ein Karem : Jean Baptiste, visitation et vision

 A la même époque, dit Luc, Marie s'empressa de se rendre dans une ville de la région montagneuse de Juda. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Elisabeth. (Lc 1,39)

Sur la fresque de la façade de l'église de la Visitation, à Ein Karem, on distingue au loin Nazareth, schématiquement reproduit à l'arrière plan. Là d'où partit Marie, montée sur un âne et escortée par des anges. Je ne sais trop comment la tradition a relié cette ville de la région de Juda dont parle Luc avec Ein Kerem, situé sur les versants ouest de Jérusalem. D'après le calendrier liturgique de Jérusalem, c'est là, que s’élevait la maison où Zacharie et Élisabeth se réfugièrent pour éviter les soldats d'Hérode. Ein Karem y constitue la station du 28 août; nous nous y rendons un 3 novembre. Le ciel est bleu comme sur la fresque au dessus d'elle, d'un bleu presque marial

 

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Ici le Magnificat est à l'honneur, reproduit dans la cour en 47 langues au centre de jolis cadres en céramique.

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À l’intérieur, les murs sont décorés de fresques et de peintures magnifiques, réalisées dans les années cinquante, telle celle-ci où Antonio Barluzzi, l'architecte italien à qui nous devons tant d'église de Terre sainte, s'est représenté à la manière de Raphaël dans l'Ecole d'Athènes. 

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Ce qui attire mon attention en cette église, pourtant, et dont je conserve l'empreinte, ce ne sont pas ces fresques ni ces Magnificat, c'est cette pierre qui tout à coup m'appela, me captiva dès que sur elle, je posai la main. Il y avait peu de monde, et je pus rester longtemps devant elle, à ressentir la  présence qu'elle détenait et dont elle irradia tout mon être. Pendant quelques secondes, je fis corps avec elle, littéralement, retenu par cette présence à la fois ferme et douce, comme une poignée de mains intérieure et souterraine. Derrière cette pierre, jadis, Elizabeth aurait caché Jean Baptiste des soldats d'Hérode. Je ne cherche pas à comprendre. A vrai dire, la présence du surnaturel sur cette terre sainte est si vive, si pénétrante, que je n'ai aucune raison de m'étonner. Je ressens. Je hume. En cette pierre, quelque chose lié à ma propre histoire m'appelle. 

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Si une vision est là pour vous faire progresser, vous réconforter, vous permettre de témoigner, elle est un bien, un don. Si elle vous plonge dans l'orgueil et la déraison, elle est un mal : il faut prendre les choses avec simplicité; après tout, qui s'enorgueillit ou déraisonne de voir le soleil  ? Le Christ en personne n'a-t-il pas dit : Si ton oeil est en bon état, tout ton corps sera éclairé (6.22-2) 

Dès lors que je suis assuré qu'une vision m'est donnée pour le Bien, plutôt que de la mettre en doute dans un élan de scrupules et de fausse modestie, comme dans un exercice de saint Ignace après la composition du lieu [car le lieu même s'il est composé est en quelque sorte toujours donné par l'Esprit Saint], je dois plutôt tenter de la comprendre et discerner en quoi elle peut guider ma volonté et éclairer mon existence. De plus, si je reçois une vision, c'est pour témoigner. Et donc, peu après avoir senti ce corps de pierre si animé, j'ai eu en fermant les yeux et sans la chercher, sans même y penser, la vision très nette du visage de Jean Baptiste, figé devant moi dans la nuée blanchâtre dont il était fait, qui me contemplait.

Sur le moment, je ne pensais rien, je m'abandonnais, simplement. Tant de choses se passent, dans un pélerinage comme celui-ci; lorsque les visites, les moments de grâce s'enchaînent, à quoi bon perdre du temps à trop analyser ? Mais à présent, je me dis que Jean Baptiste le précurseur fut en quelque sorte l'initiateur de ce pélérinage, si je me souviens du billet que je lui consacrais déjà en 2008 sur ce blog, de l'album qui lui est dédié (sur la gauche, en haut) et surtout de la prière que je lui adressais autrefois, qu'on retrouvera à la fin de ce billet daté de 2007 et que je reproduis ici-même :

O grand saint, maintiens toujours en vie ma jeunesse, ma vitalité et ma virilité spirituelles, mon désir d’entreprendre, de vaincre et d'être heureux. Ce qui est destructeur pour mes proches et pour moi-même, en mon cœur comme en ma pensée, ôte-le. Fais de moi un constant arbre de vie. Protège mon baptême que tout menace, en ruisseau comme en lumière, saint Jean-Précurseur. Amen. 

Nous nous adressons aux saints, nous les prions, et puis nous oublions nos prières car nous sommes inconstants. Eux non, qui sont au Ciel. Jean Baptiste qui a protégé ô combien mon baptême depuis, de tout ce qui le menace et le menacera toujours, de Satan, des idoles de contrefaçons et des esprits mauvais qui cherchent à me détruire, Jean Baptiste me faisait comprendre qu'Il se réjouissait de ma venue sur son lieu de naissance, et me demandait de témoigner du Christ à sa suite. Nous devons nous réjouir de nos visions, les partager tel autant de trésors, par devoir de charité. Au lieu de celà, l'orgueil peut nous clore les lèvres et nous convaincre de sa raison commune : face à l'Islam conquérant, à la maçonnerie complice, au système dans son ensemble mortifère, le Christ nous attend et demande des témoins, dans toute sa miséricorde et dans toute son exclusivité. Soyons nombreux à répondre présent

 

22:34 Publié dans Là où la paix réside | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : jean baptiste, précurseur, christ, ein karem, antonio barluzzi | | |

lundi, 14 août 2017

La roue et la Croix

L’homme post-moderne associe la religion au passé

Parce qu’on lui a fait croire que la technique était là pour l’émanciper de la foi

Mais la technique est aussi vieille que la religion, s’est toujours développée de pair avec elle.

La religion appartient donc à l’avenir autant que la technique, la roue autant que la Croix :

Qu’est-ce donc, en effet, que le développement d’une technique qui ignorerait Dieu et le prochain ?

Ce serait la religion de l’homme redevenu sauvage…

Les hommes de l’après modernité ont commencé à expérimenter

Qu’ils ont TOUT dans leur cerveau, absolument TOUT,

Tout sauf Dieu et le prochain,

Par Qui et par quoi seuls

S’éprouve et se connaît la Charité.

Ce que le Christ a révélé à quelques-uns

Et qu’il a voulu étendre à la multitude,

Il n’exige pas que tous les hommes l’acceptent :

Lui pouvait naître sans et pourtant

Il a accepté de passer par le ventre d’une femme.

Lui pouvait ne pas mourir et pourtant

Il a accepté de passer par la croix.

De même son trône passe par notre consentement.

 

Peu importe donc que nous soyons catholiques ou orthodoxes

Nous devons prier le plus que nous pouvons

Pour faire entrer par nous le Christ dans ce monde

Qui, sans Lui, NE CONSENTANT PLUS ni à la naissance ni à la mort court pour des siècles

Au règne de l’homme sauvage, à la tyrannie de l’Antéchrist.

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Giovanni da Rimini, palais Barberini, Rome

08:29 Publié dans Là où la paix réside | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : christ, christianisme, technologie | | |

samedi, 22 avril 2017

Elections : Ecce Homo

Leur Constitution appelle donc tous les Français aux urnes demain.

Une première chose à faire est de se demander dans quelle estime on tient soi-même cette constitution qui, après le Référendum de 1962, institua le suffrage universel.  Ce dernier est une belle idée en apparence. Il donne à chacun / chacune la liberté de choisir son candidat. Ce qui permet, par un tour de passe-passe qu’on appelle démocratique, de laisser croire que « le peuple est souverain », ce qui est bien souvent discutable et permet à petite oligarchie d’arracher ainsi son consentement pour mieux régner sur lui.

Le Christ Lui-même consentit à révéler aux hommes le paradoxe de toute royauté artificielle, au cours d’un épisode terrifiant : alors qu’il a toujours refusé le titre de roi terrestre qu’on voulut lui donner, au point de fuir à maintes reprises l’empressement des foules, Jésus est présenté à Pilate après la flagellation, revêtu d’attributs royaux dérisoires : la couronne d’épines et le manteau de pourpre, dont les soldats l’ont ironiquement paré.

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 Si l’on considère bien qu’il ne fait rien [étant le Verbe  –   c’est à dire la connaissance que le Père a de Lui-même] qui échappe à Sa volonté,  Il nous montre ainsi à quel point, du point de vue de Dieu, toute domination décidée en réalité contre Lui, tout régime politique terrestre, toute église, tout empire auto-proclamés au nom de principes souverains qui ne seraient pas l’application stricte de son Évangile, peuvent en réalité être détournés jusqu’à consacrer un roi aussi carnavalesque que ridicule, du point de vue du peuple contraint de le respecter. La seule royauté, celle de la Charité, se conquierant en effet par la Croix, le seul Elu (oint) véritable, c'est le Christ.

Si, malgré les efforts de quelques saints, papes et rois ont en partie échoué par orgueil et luxure à gouverner les peuples dans un esprit purement évangélique, on peut légitimement se demander si le suffrage universel, qui fait mine d’aller dans le sens de la fraternité mais, en réalité, la parodie pour mieux la détourner, n’est pas la forme la plus aboutie de la perversion du Bien par le Mal. Car une élection aboutissant au gouvernement d’un pitre contraint de devenir bourreau s’il ne veut pas être sacrifié lui-même ne pêche-t-elle pas contre l’Intelligence ?  Et, pour aller au bout du raisonnement, contre le Verbe, c’est à dire contre le Fils Lui-même, qui ne se sera jamais autant abaissé par amour des hommes que dans cet épisode exceptionnel de l’Ecce homo.

La royauté céleste, en effet, avant de commencer son chemin de croix, y débusque la vanité, la fausseté et pour tout dire le ridicule de toutes les aliénations politiques, judiciaires ou religieuses terrestres entreprises par l’homme contre l’homme, dans l’ignorance ou le mépris de la Justice et de la Charité... De péchés contre le Père en péchés contre le Fils et le prochain, l'humanité est décidément fort pécheresse et semble même n’être capable de progresser que dans le mal.

Revenons à la Constitution : Quel que soit votre candidat demain, il (ou elle) ne sera que celui ou celle que vous jugerez le moins bouffon des onze.  On s’en console, me direz-vous, en se disant que son règne, au contraire de celui de Dieu « qui n’aura pas de fin » sera lui, fort heureusement, éphémère.  La royauté du Christ, si vous êtes chrétien, est pour vous une royauté céleste. A l’heure du choix (ou du non choix) il faudra vous souvenir que le seul péché qui ne nous sera pas pardonné, ni dans ce monde ni dans l'autre, sera, dit le Christ, celui contre l’Esprit Saint.

12:27 Publié dans Là où la paix réside | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : élections, suffrage universel, christ, évangile, république, royauté | | |

dimanche, 16 avril 2017

Résurrection

Il faut se représenter ces onze apôtres et leurs compagnons, refugiés dans un caveau obscur et bas, transis d’effroi, minés par le doute, privés de tout discernement. Devant le plus jeune d’entre eux, « celui que Jésus aimait », le chemin parait dorénavant désespérément vide. Où poser ses pas ?  Et sous les pieds du plus âgé, celui auquel il confia il y a peu son église, un trou béant s’est creusé. Ces disciples d’Emmaüs venus jusqu’à eux, qui témoignent de la Résurrection du Christ, tous les regardent tels des illuminés surgis de nulle part. Leur Messie n’est-il pas mort ? Leur Messie est mort. Il ne s’est pas assis sur le trône d’Israël pour en rétablir la royauté. Et une existence sans le moindre attrait va reprendre, pour l’un dans une barque, pour l’autre dans un bureau de douane. Au bout, il y aura la mort. Leur mort car ils vont mourir. Le fait est certain. Acquis. Ils vont mourir. Bientôt ? Plus tard ? Plus tard encore ? Demain ? Ils n’en savent rien.

Ont-ils vraiment l’air de comploter, cette poignée de simples, afin de berner l’humanité entière durant des siècles avec « une fable de Résurrection », comme le prétendront par la suite tous les hérétiques, les musulmans, les athées ?  

Tous sont effondrés. Pour eux, l’histoire est finie.

 Et puis tout d’un coup, dans ce caveau mal éclairé, « La paix soit avec vous !», entendent-ils. La paix soit avec vous ! Le Christ n’a jamais rien eu d’autres à leur proposer, à eux comme à tous les autres, le jeune homme riche, la femme adultère, les dix lépreux, Marthe, Marie, Lazare et tous ceux de Béthanie, Nicodème, Zachée, Joseph d’Arimathie et tant d’autres, tant d’autres, y compris ceux qui le flagellèrent et plantèrent les clous dans Sa chair. La paix. Pas n’importe quelle paix. Pas la paix des armes. Pas le vivre ensemble : la paix du Christ ! Quelle est-elle ?

« Paix ! » dit le Christ. En prononçant ce simple mot, il révèle combien le plus pacifiste d’entre les Onze, le plus pacifiste d’entre nous tous, recèle en réalité de chicanes, de troubles, d’arguties, de conflits, de guerre, de séparation, de refus, en un seul esprit !  Nous sommes morcelés. Multiples. Tous ont tourné leurs regards sans doute hébétés vers le Seigneur.

« L'attente crée d'ordinaire son objet », écrit à ce sujet le vainement positiviste Renan[1] pour expliquer ce qu’il croit être, dans son éborgnement d’idéologue, une hallucination collective. Bon prince, l’ancien séminariste de Saint-Sulpice accorde aux apôtres le mérite de la sincérité, s’il ne leur retire pas une vive présomption d’idiotie : « La petite société chrétienne, écrit Renan, opéra ce jour-là le véritable miracle ; elle ressuscita Jésus en son cœur par l'amour intense qu'elle lui porta. Elle décida que Jésus ne mourrait pas. L'amour, chez ces âmes passionnées, fut vraiment plus fort que la mort » Soit. Mais ensuite ? Notre raisonneur qui ne voit pas dans quelle raideur tombe son propre jugement poursuit : « L'histoire de toutes les grandes crises religieuses prouve que ces sortes de visions se communiquent : dans une assemblée de personnes remplies des mêmes croyances, il suffit qu'un membre de la réunion affirme voir ou entendre quelque chose de surnaturel pour que les autres voient et entendent aussi. »  Et donc, d’après lui et de fil en aiguille, de ceux qui avaient connu et aimé le Christ à ceux qui ne l’avaient jamais rencontré ni aimé, des compagnons de Béthanie à ceux d’Emmaüs et à l’empereur Constantin trois siècles plus tard, somme toute, la nouvelle ourdie par le complot de ces onze-là se propagea, « la légende se répandit » et fut « assurée d’un immense avenir ». En épousant ainsi la théorie des Juifs et des Musulmans remaniée au goût de la psychologie moderne, non seulement Renan ne prouve rien, mais il fait peu de cas de ce que le texte biblique célèbre, à savoir l’envoi du Paraclet. C’est le propre de ceux qui s’adonnent à des complots d’en accuser ses adversaires, en voyant partout des comploteurs.  Mais les apôtres ne complotent pas. Certains les croient même « plein de vin doux »[2], ils sont en réalité plein d’Esprit Saint, et autour d’eux, en grand nombre, on se fait baptiser.

La Résurrection est un mystère et un éblouissement. « Si je n’étais pas venu leur faire entendre ma parole, ils seraient sans péché. Mais maintenant, leur péché est sans excuse »[3], dit le Fils de Lui-même. Et du Saint Esprit : « une fois venu, il établira la culpabilité du monde pour ce qui est du péché, de la justice et de la condamnation ».[4] La paix du Christ, cette paix véritable, authentique, confond tout ce qui n’est pas exactement et lumineusement elle-même. L’objet de leur attente, c’était en réalité la mort à laquelle leurs cœurs de pécheurs s’étaient résignés. Ils allaient mourir, eux, et voilà qu’Il apparaît, Lui, dans une Vérité crue et humiliante, qui confond leur orgueil de positiviste avant l’heure : Ce à quoi ils s’étaient déjà rendus, soumis, Lui a pu le vaincre ? Et voilà que le Christ leur propose la Résurrection.

Et voilà que le Fils a vaincu la mort. Admettre une telle vérité demeure si humiliant pour eux qu’ils croient voir un esprit, et qu’Il doit leur montrer ses mains, ses pieds, leur demander à manger pour qu’ils commencent à l’admettre avec leur intellect et à se laisser aller à leur joie.[5] Cette Résurrection n’a pourtant rien d’inattendu, d’extraordinaire. Ne fut-elle pas annoncée, ne participe-t-elle pas de la nature divine du Verbe Incarné ?

La résurrection de la Chair est un article du Credo. La résurrection des corps est la conséquence logique de l’Incarnation. Dieu ayant fait l’homme à son image, nous dit la Genèse, et l’homme ayant cédé à  une empathie trop attentive avec Satan, dénaturé cette image, le Verbe a dû s’incarner pour restaurer la chair en prenant sur lui les péchés de l’humanité : « Tous ceux que tu avais gagnés par le bois de la connaissance, la Croix te les as repris », déclare Hadès, roi antique des Enfer, à un Satan vaincu par le Christ dans les Actes de Pilate[6], un évangile apocryphe daté du IIe siècle : les morts délivrés de l’Enfer sont comme nos précurseurs, restaurés dans leur corps glorieux et délivrés du péché originel qui nous broie le cœur, et dont la foi éprouvée et vécue en la Résurrection nous tient éloignés. C’est dans cette foi assumée dès l’existence terrestre que débute le processus de la Résurrection. C’est pourquoi Philippe a pu écrire : « Ceux qui disent qu'ils vont d'abord mourir et ensuite ressusciter se trompent. S'ils n'obtiennent pas d'abord la résurrection pendant la vie, ils n'obtiendront rien une fois morts »[7]

Croire en Dieu tel un principe souverainement abstrait, au fond, cela ne procure qu’une vague émotion. Imaginer un Grand Architecte ou un Grand Horloger, cela revient à n’admettre qu’une notion suffisamment désincarnée pour que l’on s’accommode de la ranger bien vite dans un coin reculé de son cerveau avant de revenir à autre chose. Au péché, en l’occurrence... Croire au Père, croire au Fils qu’Il a engendré, Lui concevoir une naissance et une mort aussi surnaturelle, une victoire aussi définitive sur la mort, cela touche l’intelligence, cela concerne l’âme, la chair, la personne et sa Joie tout entière, puisque c’est elle qui est appelée à ressusciter.  Demandez, dit le Christ, et il vous sera donné. Car comme se le disent les orthodoxes dans la salutation pascale : « Il est ressuscité. Il est vraiment ressuscité ». Telle est l'essence intérieure et nullement effrayante de la Bonne Nouvelle, que n'importe qui peut encore recevoir aujourd'hui malgré les troubles du monde et son apparent chaos.

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Musée du Vatican, tapisserie Résurrection

[1] Renan, « Formation des croyances relatives à la résurrection de Jésus, Les apparitions de Jérusalem »

[2] Actes, I, 13

[3] Jean, 15, 22

[4] Jean, 16, 8

[5] Luc, 24, 38 - 43

[6] Actes de Pilate, 23

[7] Evangile de Philippe, 70 b

10:19 Publié dans Là où la paix réside | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : résurrection, paques, christ, béthanie, renan | | |