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dimanche, 10 décembre 2017

Jérusalem

Jérusalem,

Ville Passion du Christ.

Où s’ouvrit le Ciel

Et la Terre se fendit,

Golgotha !

Marie souffle toujours au chrétien

Que pour le rachat des Siens

Son Fils y expira.

En cette pensée, mon âme,

Baise la pierre où fut déposée

Sa chair d’Agneau lacérée

Et sa Divinité intacte,

Inébranlée.

Ressuscité, il traversa

Le suaire ici-même,

Jérusalem !

 

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Jérusalem !

Gardé par trois églises,

Son Saint-Sépulcre irise,

Flambe d’un Feu

Trine et surnaturel :

Simple pèlerin en ce lieu,

Âme éprise de Dieu,

Qu’il fasse de toi Sa semence !

Laisse pour cela se dérober,

De ton corps prosterné,

Toute autre présence

Que le Verbe Incréé,

Qui fut avant le mur

Du temple second,

Et sera après le Rocher même,

Jérusalem !

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17:53 Publié dans Des poèmes, Là où la paix réside | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : jérusalem, saint sépulcre, christ | | |

mercredi, 06 décembre 2017

Un peuple malade

Ce que m'inspire non pas la mort de Johnny Halliday elle même, mais la surenchère médiatique de chaine en chaîne au point qu'on ne parle plus que de cela, c'est que ce pays va mal, très mal, et cherche des moyens de restaurer son unité perdue de façon pathétique, un peu comme un vieillard gâteux pleurant sa jeunesse. 
Et j'ai l'impression que cette disparition du rocker sera le prélude à de nombreux fracas et dislocations encore, jusqu'à ce que la France, tombée très bas, plus bas encore, retrouve un jour -mais quand ? - son unité spirituelle et historique réelle... Il lui faudra pour cela revenir du culte de bon nombre d'idoles, de l'adoration de multiples illusions, et de la foi en de multiples mensonges...
Cela dit, qu'il repose en paix, si c'est possible au milieu d'un tel tintamarre...

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20:52 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (0) | | |

Marcher sur les eaux

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Le lac est un sol.

Tibériade s’affiche, certes, tel un lieu enchanteur. Un tourisme sans scrupules s’y est développé, grâce à des embarcations en bois qui  promènent les visiteurs durant deux heures sur ses eaux miroitantes et bleues. Au centre, on jouit d’un panorama admirable sur la Galilée, et l’on peut facilement se laisser séduire par les ruses des marchands qui font tout pour rendre le lieu plaisant, la croisière agréable...

Tibériade,Galilée

Sur notre bateau, l'équipage nous propose par exemple de “partager avec lui” une danse israelienne, laquelle se révelera le prélude à la vente d’un CD, en souvenir de ce moment passé à l'ombre de nos drapeaux. A l'ombre de nos drapeaux ? … Sont-ils venus jusqu’ici pour cela ? Certains pelerins, pourtant, y consentent. 

Tibériade,Galilée

Et si on rechigne à danser, on peut toujours durablement s'évader du regard sur l’une ou l’autre rive, rêvasser comme on le ferait balotté au soleil par la mer Egée, par exemple, contemplant d’un œil averti les rives de la patrie d'Agamemnon ; mais le Christ, loin s’en faut, n’est pas Agamemnon… je ne peux ignorer que je ne suis venu ni pour danser ni pour rêvasser, Tibériade qui est Tibériade avec intransigeance, force, exclusivité, me le rappelle. Marcher sur les eaux, telle est la danse intérieure à laquelle je souhaite ici consentir.

“Je ne cesse de commettre des péchés, écrit santa Gemma au père Germano, son père spirituel. (10/12 novembre 1910) Hier, j’en ai découvert deux nouveaux : il me vient parfois un grand désespoir parce qu’il me semble impossible que Jésus puisse me pardonner tant de péchés. D’autres fois, il me paraît impossible que Jésus veuille me perdre, alors je hausse les épaules et ne tiens plus compte de mes péchés.” :

Le lac sur lequel vogue notre bateau est bien la vive parabole de cette masse de péchés qui nous compose et sur laquelle nous oscillons, et dont la sainte de Lucques décrivit si bien le satanique balancier. Entre scrupules et inconscience, nous  oscillons, menacés de sombrer en  cette masse d’autant plus illusoire et trompeuse qu’elle scintille telle notre hésitation intérieure, dans laquelle il est si difficile de distinguer un chemin assuré : Je suis, dit Celui qui marchait sur cette eau, le chemin et la voie... avant qu’Abraham fut, Je suis.

Tibériade,Galilée

La réalité du miracle du Christ demeure ici si tangible qu’il suffit d’y penser pour être saisi. Je ne cesse de photographier cette eau comme si elle était un sol - comme si elle était le sol, dense et légère à la fois.  Je ne peux que ressentir l’osmose avec ce lieu. Les yeux clos, je retrouve sur ce bateau toutes les sensations, les émotions, les intentions que j’ai perçues depuis que je connais cette parabole, à chaque fois que je l’ai lue. Je retrouve une lecture et une signification, une résolution, bien plus qu'un paysage. Le paysage enrobe ma résolution.

Tibériade,Galilée

Non loin, la danse israélienne se prolonge, telle une scène joyeusement irréelle, un élément du péché, de l’oubli du Christ dans lequel le diable aspire à ce que nous mourrions. Et pourtant, Il s'est tenu là et s’y tient encore. Il nous a tenus là et nous y tient encore. Christ s’est levé. Ma résolution. C’est Lui que je voudrais photographier, lui le Verbe, l’alpha et l’oméga dont la réalité cachée palpite avec tant de puissance que je ne photographie que de l’eau, éclat du lumineux péché, qui me fit si ignorant.

Tibériade,Galilée

Tibériade,Galilée

Prier. Nécessité de beaucoup prier sur ce lac comme ailleurs, pour ne pas sombrer, et en même temps ne jamais douter qu’inconscients si souvent de cette nécessité, nous sommes maintenus hors de notre peu de foi par l’incomparable sacrifice qui réside aussi en cette eau, chargé de nos péchés, divin de plein droit et de toute éternité... Prier. Car ce lac est un sol. 

 

Tibériade,Galilée

eglise orthodoxe de Capharnaum

 

17:34 Publié dans Là où la paix réside | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tibériade, galilée | | |

dimanche, 03 décembre 2017

Les Béatitudes

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Nous voici à présent sur ce mont des Béatitudes, près de 200 mètres au-dessus du lac de Tibériade, mais environ 25 mètres sous le niveau de la mer. Il fait beau et doux, du monde se presse. Cette pancarte, que je surprends en chemin, signale de l'eau non potable, au côté de cette citation de Jean en anglais. Est-ce un gag ? S'est-on rendu compte de l'incongruité du message délivré ? Est-il malveillant ou  fortuit, ou bien à la croisée des deux, comme beaucoup de discours  ou d'événements malheureux qu'inattention et bétise font advenir un peu partout dans nos sociétés éloignées de toute béatitude ?  

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L'organisation, encore. La gestion des flux... Une autre pancarte rappelle aux touristes tout ce qui n'est pas toléré, ici comme en des lieux moins sanctifiés. Nous sommes loin de Thélème, interdits et sécurité dictent leur loi... Pour que les Béatitudes s'érigent en actes, toujours veiller, durant ce pélerinage, à ne pas perdre le fil du chapelet du dedans, et demeurer de marbre devant ces signes du tourisme de masse et des temps post-modernes. Temps commémoratif et non réellement méditatif, temps d'opulence mal distribuée et d'apparat surexposé, notre temps jaillit de la nuit qui sévit en tous points du globe, bâti à la mesure des ténèbres que nous exhalons tous. Ici comme ailleurs, s'abstraire en une autre Présence, effort incessant, ce chemin vers les Béatitudes parsemé de distractions : un simple jugement, et te voilà sur un manège que tu connais bien, pour un tour de plus, et pourtant, comment ne pas sentir cette colère du monde d'ici ? ...

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Eglise des Béatitudes en Galilée

L'église, également construite par Antonio Barluzzi en 1938, se découvre tout au bout d'un sentier bordé de végétations. Sa structure octogonale met à l'honneur les huit Béatitudes citées par Matthieu ( 5,3-12), qui firent depuis le tour des nations. Heureux les pauvres en esprit, les affligés, les doux, les assoiffés de justice, les miséricordieux, les coeurs purs, les artisans de paix, les persécutés au nom de la justice et ceux qu'on insulte et calomnie à cause du Christ : C'est comme un jeu des huit familles, où se piocherait l'intime vérité de tous les saints de l'année liturgique ! Si familières et énigmatiques, ces paroles, si présentes à chaque étape de l'histoire des hommes depuis que, sur la tête de la foule amassée ici, elles retentirent. Et combien de fois traduites, reprises, détournées, pastichées... Où sont les Heureux d'aujourd'hui ? Où sont les Heureux de notre temps,  où sont les Bienheureux ? Parmi ces huit chemins, quel est le tien ? 

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Sur l'autel nappée le tabernacle repose sur un piédestal en porphyre. Tout autour, sur des bancs en bois, des gens recueillis prient. Le Christ, offert au centre des Béatitudes, et de l'Histoire toujours recommencée des hommes et des générations. Veille.

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Sous le tabernacle, ce poisson de Tibériade, acrostiche en grec du Christ Fils de Dieu Sauveur (soit ICHTUS, Iéssous Christos Théou Uios Sotèr), pécheur d'hommes et symbole de l'Eglise, nourriture également mise en croix, et cette histoire toujours recommencée...

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18:05 Publié dans Là où la paix réside | Lien permanent | Commentaires (0) | | |

mardi, 28 novembre 2017

In mulieribus

Si le latin classique, celui d’Horace et de Cicéron, emploie le plus souvent mulier dans le sens de femme mariée, on peut se demander pourquoi l’Eglise traduit le « in mulieribus » de l’Ave Maria par femmes. Quand on se souvient que c’est Elizabeth qui prononce pour la première fois cette parole, tout emplie d’Esprit saint, comme le raconte Luc, combien résonne alors plus juste « tu es bénie entre toutes les épouses », d’enfanter sans devoir te soumettre ni à l’accouplement avec un homme, ni aux douleurs de l’accouchement, puisque le Père, ton époux, te donne un fils, te donne Son Fils ! C’est ce que signifie l’Immaculée.

L'Ave Maria, entendu comme un hymne à la Virginité et à la Maternité céleste (la seule véritable), prend même tout son sens si l’on entend mulieribus comme épouses, épouses de Dieu : Marie est bénie parmi toutes les épouses du Christ, toutes les saintes et tous les saints à venir en quelque sorte, puisqu’elle sera leur mère à toutes et à tous. Pas parmi toutes les femmes ni parmi tous les hommes, puisque la plupart demeureront justement filles et fils d’Eve, mais parmi toutes les saintes et tous les saints sur lesquels elle est appelée à régner. Et combien devient précieuse alors la parole de Christ à Jean, « voici ta mère (Jn 19, 25-27)». Marie, non pas « notre mère à tous », mais la mère des quelques-uns qui, parmi tous, et toutes accepteront d'être ses filles et ses fils, par Elle adoptés, par Christ sauvés...  Mais cela, l’époque aussi complaisamment pornographique et féministe dans laquelle nous vivons n’acceptera jamais de l’entendre…

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Eglise d'Ein Karen, Salutation à Marie

04:16 Publié dans Là où la paix réside | Lien permanent | Commentaires (0) | | |

dimanche, 26 novembre 2017

Aube à Béthléem

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Dans la nuit de Bethléem, c’est d‘abord l’appel du muezzin qui retentit. L’adhan du muezzin est le chant de celui qui, l’aube bientôt atteinte, en refuse la vivifiante clarté pour se complaire dans des ténèbres qui rouleront éternellement dans sa gorge. C’est la plainte de celui qui frappe en vain la porte du salut qu’il refuse de franchir. C’est le cri du damné.

Comme s’ils en ressentaient toute l’infernale folie, les chiens, en un concert hululant sur les toits de Bethléem encore endormie, y répondent en chœur. Plus tard, viendra le coq, qui lui salue la venue du jour, et non le règne de la nuit. Lequel, du muezzin ou du coq, est le plus sain d‘esprit ?

Cette plainte a frappé ses coups jusque dans mon cœur. Tiré du sommeil profond, je récite des paroles de l’Angelus pour la tenir à distance. « Et le verbe s’est fait chair. Et il a habité parmi nous ». Une douceur infinie se fait connaître en parallèle à ce cri, et bientôt me voici sur mes pieds. Sur la place de la Mangeoire, face à la basilique de la Nativité du Christ, la porte de la mosquée Omar est grand ouverte. Mais quand il fera jour, elle sera close. 

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Elle est étroite et basse, la porte du véritable ciel. Juste en face, la porte de l'Humilité conduit à la grotte de la Nativité, dans cette basilique bâchée, tout en travaux. A l'intérieur, parmi les icônes, les bâches et les échaffaudages, un office orthodoxe se prépare. Au petit matin, l'ambiance est quasi lunaire. 

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Au bout de ce couloir, sur la photo du centre, une porte ouvre sur la grotte de la Nativité. Tant d'orphelins sur la terre ! O Christ Unique, ô Vierge, ô Père véritable, je crois en la vie éternelle. Une partie de mon être vit et meurt encore du conflit et demande encore et toujours à naître pour de bon tout entier, à laisser derrière soi cette nuit illusoire où se plaint le noir muezzin et que chahutent les démons.  L'aube à Béthléem, c'est l'aube, j'y naîtrai, et c'est aujourd'hui...

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mardi, 21 novembre 2017

Ein Karem : Jean Baptiste, visitation et vision

 A la même époque, dit Luc, Marie s'empressa de se rendre dans une ville de la région montagneuse de Juda. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Elisabeth. (Lc 1,39)

Sur la fresque de la façade de l'église de la Visitation, à Ein Karem, on distingue au loin Nazareth, schématiquement reproduit à l'arrière plan. Là d'où partit Marie, montée sur un âne et escortée par des anges. Je ne sais trop comment la tradition a relié cette ville de la région de Juda dont parle Luc avec Ein Kerem, situé sur les versants ouest de Jérusalem. D'après le calendrier liturgique de Jérusalem, c'est là, que s’élevait la maison où Zacharie et Élisabeth se réfugièrent pour éviter les soldats d'Hérode. Ein Karem y constitue la station du 28 août; nous nous y rendons un 3 novembre. Le ciel est bleu comme sur la fresque au dessus d'elle, d'un bleu presque marial

 

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Ici le Magnificat est à l'honneur, reproduit dans la cour en 47 langues au centre de jolis cadres en céramique.

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À l’intérieur, les murs sont décorés de fresques et de peintures magnifiques, réalisées dans les années cinquante, telle celle-ci où Antonio Barluzzi, l'architecte italien à qui nous devons tant d'église de Terre sainte, s'est représenté à la manière de Raphaël dans l'Ecole d'Athènes. 

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Ce qui attire mon attention en cette église, pourtant, et dont je conserve l'empreinte, ce ne sont pas ces fresques ni ces Magnificat, c'est cette pierre qui tout à coup m'appela, me captiva dès que sur elle, je posai la main. Il y avait peu de monde, et je pus rester longtemps devant elle, à ressentir la  présence qu'elle détenait et dont elle irradia tout mon être. Pendant quelques secondes, je fis corps avec elle, littéralement, retenu par cette présence à la fois ferme et douce, comme une poignée de mains intérieure et souterraine. Derrière cette pierre, jadis, Elizabeth aurait caché Jean Baptiste des soldats d'Hérode. Je ne cherche pas à comprendre. A vrai dire, la présence du surnaturel sur cette terre sainte est si vive, si pénétrante, que je n'ai aucune raison de m'étonner. Je ressens. Je hume. En cette pierre, quelque chose lié à ma propre histoire m'appelle. 

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Si une vision est là pour vous faire progresser, vous réconforter, vous permettre de témoigner, elle est un bien, un don. Si elle vous plonge dans l'orgueil et la déraison, elle est un mal : il faut prendre les choses avec simplicité; après tout, qui s'enorgueillit ou déraisonne de voir le soleil  ? Le Christ en personne n'a-t-il pas dit : Si ton oeil est en bon état, tout ton corps sera éclairé (6.22-2) 

Dès lors que je suis assuré qu'une vision m'est donnée pour le Bien, plutôt que de la mettre en doute dans un élan de scrupules et de fausse modestie, comme dans un exercice de saint Ignace après la composition du lieu [car le lieu même s'il est composé est en quelque sorte toujours donné par l'Esprit Saint], je dois plutôt tenter de la comprendre et discerner en quoi elle peut guider ma volonté et éclairer mon existence. De plus, si je reçois une vision, c'est pour témoigner. Et donc, peu après avoir senti ce corps de pierre si animé, j'ai eu en fermant les yeux et sans la chercher, sans même y penser, la vision très nette du visage de Jean Baptiste, figé devant moi dans la nuée blanchâtre dont il était fait, qui me contemplait.

Sur le moment, je ne pensais rien, je m'abandonnais, simplement. Tant de choses se passent, dans un pélerinage comme celui-ci; lorsque les visites, les moments de grâce s'enchaînent, à quoi bon perdre du temps à trop analyser ? Mais à présent, je me dis que Jean Baptiste le précurseur fut en quelque sorte l'initiateur de ce pélérinage, si je me souviens du billet que je lui consacrais déjà en 2008 sur ce blog, de l'album qui lui est dédié (sur la gauche, en haut) et surtout de la prière que je lui adressais autrefois, qu'on retrouvera à la fin de ce billet daté de 2007 et que je reproduis ici-même :

O grand saint, maintiens toujours en vie ma jeunesse, ma vitalité et ma virilité spirituelles, mon désir d’entreprendre, de vaincre et d'être heureux. Ce qui est destructeur pour mes proches et pour moi-même, en mon cœur comme en ma pensée, ôte-le. Fais de moi un constant arbre de vie. Protège mon baptême que tout menace, en ruisseau comme en lumière, saint Jean-Précurseur. Amen. 

Nous nous adressons aux saints, nous les prions, et puis nous oublions nos prières car nous sommes inconstants. Eux non, qui sont au Ciel. Jean Baptiste qui a protégé ô combien mon baptême depuis, de tout ce qui le menace et le menacera toujours, de Satan, des idoles de contrefaçons et des esprits mauvais qui cherchent à me détruire, Jean Baptiste me faisait comprendre qu'Il se réjouissait de ma venue sur son lieu de naissance, et me demandait de témoigner du Christ à sa suite. Nous devons nous réjouir de nos visions, les partager tel autant de trésors, par devoir de charité. Au lieu de celà, l'orgueil peut nous clore les lèvres et nous convaincre de sa raison commune : face à l'Islam conquérant, à la maçonnerie complice, au système dans son ensemble mortifère, le Christ nous attend et demande des témoins, dans toute sa miséricorde et dans toute son exclusivité. Soyons nombreux à répondre présent

 

22:34 Publié dans Là où la paix réside | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : jean baptiste, précurseur, christ, ein karem, antonio barluzzi | | |

dimanche, 19 novembre 2017

La vie cachée de Nazareth

Si l’on garde à l’esprit la phrase que le Christ adresse au Père avant sa Passion (« Or la vie éternelle, c’est de te connaître, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ » - Jean – 17, 1), la terre sainte a de quoi en rendre plus d‘un confus. Ce n’est pas l’Inde, où un guru diplômé vous vend Dieu à chaque coin de rue, mais pas loin.  Même si je m’étais promis d’écrire une sorte de journal de bord de ce voyage en terre sainte, j’éprouve à vrai dire  une grande difficulté à le faire : soit j’évoque la présence si palpable en cette terre du Christ Lui-même, et par Lui du Père, mais dans ce cas-là je passe sous silence le reste, tout le reste, ce que subissent les chrétiens de là-bas,  la situation actuelle de la Palestine, le commerce éhonté  et le contrôle sur les pèlerinages du gouvernement israélite qui décide des lieux de culte à visiter et de ceux à cacher, la mise en spectacle, enfin,  par une bonne partie  de l’Église moderne, d’une histoire sainte parfois redoutablement abrégée. Soit je me perds dans ce qui n'est, au regard de la vie éternelle et du salut de l'âme, que détails...

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basilique catholique de l'Annonciation

Nazareth, par exemple, ville de l’Annonciation, première halte d‘envergure dans notre pèlerinage : La basilique catholique, inaugurée en 1964 par le pape Paul VI et consacrée en 1969 tient autant du musée — avec ses restes archéologiques à ciel ouvert — que de l’exposition artistique—avec des fresques contemporaines issues de pays du monde entier. Certes, il y a bien la grotte, où l’on peut brièvement se recueillir. Mais on a aussi l’impression que dans les concepteurs du circuit, elle a été pensée comme un moment du décor, qu’elle est au cœur d‘un dispositif spectaculaire dont la liturgie est quelque peu exclue. C’est dommage. Tel n’est pas le cas dans l’église orthodoxe de l’Annonciation, dédiée à Saint Gabriel. On  y vénère « le puits de Marie », où l'ange Gabriel lui serait apparue alors qu'elle puisait de l'eau. Cette « première annonciation » n’est pas attestée par les Écritures, mais permet aux deux églises de célébrer cet événement fondateur. Et là, chez les orthodoxes, la présence de la liturgie rend plus sensible pour chacun ce qui se joua dans le cœur de la Vierge de Nazareth, et qui constitue le premier mystère du Rosaire.  

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grotte de l'Annonciation  (catholique)

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grotte de l'Annonciation  (orthodoxe)

Non loin se trouve le Centre international Marie de Nazareth, premier centre marial, international et multimédia (vous lisez bien), ouvert en 2012 au pied de la basilique, où tous les pèlerins de passage visionnent un film d‘une heure racontant en quatre étapes et quatre salles « le mystère de la Mère de Dieu ». Le medium, disait Mac Luhan, c’est le message : que reste-t-il, dans cet auto-sacramental de la post modernité elle-même, de l’Évangile ? Ce que Marie « gardait dans son cœur » si soigneusement, les concepteurs de ce genre de film pensent-ils sérieusement le révéler ainsi au grand public ? Je suis attristé, consterné par les errances de l’église catholique moderne, qui cherche toujours à s’ajuster au pire de ce que le monde propose, quand elle devrait faire plier ce que le monde propose à l’Évangile-même…  Car ce n’est pas avec du miel et du sucre qu’on vainc Satan, nul besoin de le rappeler. Et c’est bien triste d‘être si vide et si consensuel dans un lieu si habité et si spécifique…

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Sur le toit du centre international de Marie

Nazareth, en fait, ne s’éclaire que par la prière ; sinon elle est comme toutes les villes d‘ici, sale, agitée, bruyante… C’est cela que Charles de Foucauld, qui y séjourna entre 1897 et 1900, menant auprès des clarisses la vie d’un valet et n’acceptant pour logement qu’une cabane de planches dans laquelle on rangeait les outils dans le jardin, nommait la vie cachée de Nazareth : si tu ne pries pas, tu ne vois rien

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Charles de Foucauld

Nous adorons donc une heure durant le Saint sacrement en compagnie des Petits frères de Jésus Caritas (l’une des 18 familles spirituelles de frère Charles de Jésus) dans ce monastère des Clarisses, fondé en 1884 par des religieuses venues de Paray-le-Monial, qui instituèrent ensuite celui de Jérusalem.

À l’époque de Charles de Foucauld, la ville où grandit le Christ abritait à peine 6 000 habitants, dont deux tiers de chrétiens et un tiers de musulmans. Les Nazaréens sont aujourd’hui 76 000, dont 30 % de chrétiens et 70 % de musulmans. La vie cachée du Christ à Nazareth qui débute dans le secret mystérieux de l’Annonciation et se prolonge dans l’adoration du saint sacrement passe-t-elle par cet effacement du christianisme en Orient ?

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Penser que pour un musulman, l’ange Gabriel ne fut pas l’annonciateur de la conception du Christ, mais qu’il dicta le Coran à Mahomet ! Quelle tristesse ! Quelle contrefaçon de l’Écriture ! Puisque ces personnes prient leur dieu cinq fois par jour en nous traitant d‘égarés, nous devrions prier autant de fois pour eux, afin qu’ils reconnaissent en Christ le véritable et unique Fils de Dieu. Peut-être viendrions-nous à bout de leur mauvaise foi…

Pour résumer, deux églises, l’une orthodoxe, l’autre catholique, gardent ici le mystère de l’Annonciation, ici plus qu’ailleurs tout vibrant de surnaturel. Mais ce mystère pour autant qu’il soit dévoilé, ici comme ailleurs, est caché, recouvert, oublié dans sa nature essentielle. Le tourisme va vite, comme tout le reste, et ignore la vie cachée. Qui humidifiera les cœurs et ralentira les consciences, et ramènera ce qui fonde la foi, l’espérance et la charité dans une assiette solide, et qui ne passe pas ?

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Eglise saint Gabriel

dimanche, 12 novembre 2017

Jericho, le Précurseur, Zachée, la Tentation

Jericho, la ville des palmiers, passe, aux dires des Palestiniens, pour la plus ancienne du monde, à 258 mètres en dessous du niveau de la mer. Si les touristes que nous sommes ne rencontrent pas la moindre difficulté pour passer le poste frontière qui se trouve à quelques kilomètres, l'affaire se complique évidemment pour les Palestiniens qui ne peuvent entrer ni sortir librement des territoires sans permission. Il existe différents permis et laissez-passer temporaires, pour des raisons de travail ou d’hospitalisation notamment, mais la majorité des Palestiniens n’a évidemment pas le droit de circuler librement en Israël ni de se rendre à Jérusalem. C'est le cas le notre guide en Jordanie, qui a dû rester en arrière, et qu'un autre remplace à la frontière.

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poste de contrôle à l'entrée de Jéricho

Non loin de là, la Jordanie et Israël se disputent le lieu avéré du baptême du Christ. Les évangélistes l'ayant situé dans le Jourdain, il est certain que l'une et l'autre rive peut légitimiment accueillir les renouvellements de baptême des pélerins qui se massent de chaque côté de la rivière boueuse. Ce qui est en jeu de part et d'autre, c'est plutôt l'ancienneté des lieux de pélérinages et des sanctuaires. Tout au long de Wadi Kharrar (côté jordanien), les archéologues ont récemment exhumé pas moins de neuf  églises de l’époque byzantine, ainsi qu'une petite chapelle qui daterait de la fin de l’époque romaine. Ce qui en ferait l’un des lieux de culte chrétiens les plus anciens découverts à ce jour. La concentration exceptionnelle de bâtiments religieux sur une superficie aussi faible témoigne de la dévotion dont Jean Baptiste le Précurseur fut l’objet dès les premières heures du christianisme.

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Wadi Kharrar,Jericho,école Santa Maria,Zachée,sycomore,

Saint Luc situe à Jéricho la rencontre du collecteur d'impôts Zachée avec le Christ (Lc. 19, 1-10). Un sycomore commémore aujourd'hui l'endroit présumé où s'enracinait celui au sommet duquel Zachée grimpa pour mieux voir le Christ. Il est sans doute l'arbre le plus photographié de toute la Cisjordanie. 

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Nous faisons une halte dans l'école Santa Maria, dirigée par des soeurs franciscaines.

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Jericho,école Santa Maria,Zachée,sycomore,

L'autre "attraction" de Jéricho est le mont de la tentation, et son monastère auquel on accède par un périphérique. Je confesse ma perplexité devant cette mise en spectacle juxaposée des épisodes de l'Evangile. Il faudrait bien sûr s'arrêter plus longtemps et méditer plus profondément sur chacun, tant ce qui se joua là compta et compte encore dans le sort de l'humanité toute entière : c'est à la fois un émoi superficiel et une grâce inestimable d'être là, selon que l'être tout entier participe ou non à ce qu'il reçoit et ressent. Le salut du monde s'est joué sur ce mont où Satan fut vaincu, le salut du monde c'est à dire le salut de ce car et mon propre salut, et votre propre salut tout autant.  

Wadi Kharrar,Jericho,école Santa Maria,Zachée,sycomore,

Wadi Kharrar,Jericho,école Santa Maria,Zachée,sycomore,

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Tel est le paradoxe de ce pélerinage qui ira croissant : Ici comme partout ailleurs en cette terre aussi sainte d'avoir accueilli le Seigneur que maudite de l'avoir sauvagement crucifié, à quelques pas des lieux saints, le commerce perdure et les incantations des musulmans ronronnent, qui persistent contre toute raison à ne voir en Lui qu'un simple prophète...  

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