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lundi, 22 août 2016

Dans un monde de moins en moins lyrique

Le monde s'éteint à chaque fois que meurt un artiste. Daniela Dessi a été emportée samedi soir par un cancer foudroyant. Que restera-t-il de nous tous, quand les derniers lyriques, qu'ils soient chanteurs ou poètes, prêtres ou mystiques, auront les uns après les autres cessé d'en exprimer l'âme ? Demeureront les cyniques et les comiques, les démagogues et les sportifs, les militants et les terroristes, les milliardaires et les migrants. Demeureront les statistiques et les grilles de lecture, les portiques de sécurité et les attentats, les campagnes électorales et les rassemblements pour la justice, les queues dans les magasins et les files d'attente devant les stades. Parce que tout est affaire de goût, que notre siècle a perdu le bon, et que le lyrisme pur ne sied pas aux cultures de masse. La joie sans réserve d'être en Dieu ne s'y éprouve pas davantage que le chagrin sans fond de l'avoir perdu, n'y demeure donc plus rien à dire et de fait plus rien à chanter. On ne pourra donc qu'écouter encore et encore ce qui fut :


00:39 Publié dans Là où la paix réside | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : daniela dessi, soprano, art lyrique, cancer. | | |

dimanche, 21 août 2016

Anna Maria Taïgi

Dirait-on pas qu’elle s’apprête à entrouvrir les lèvres, à cligner du cil et à nous regarder, le visage ceint depuis si longtemps de sa coiffe ample et blanche ?  A frémir d’une narine et se mettre à respirer de nouveau ? Anna Maria Taigi est morte en juin 1837, dans son appartement romain non loin de l’église santa Maria in Via Lata, alors que Daguerre avait découvert la photographie depuis deux ans tout rond et qu’il n’avait pas encore déposé son brevet. Certes, elle ignorait tout de ce procédé qui s’apprêtait par étapes à envahir le monde jusqu’à y façonner des mœurs dont, de prophétie en prophétie, elle devinait toute la malignité à venir. Et tandis que je prenais ces clichés d’elle, seul dans la petite chapelle, j’aurais presque éprouvé le sentiment de violer son époque du bout de la mienne, si le calme et la sérénité qui entourent la chasse dans laquelle la tertiaire déchaussée de l’Ordre de la Sainte-Trinité attend la Résurrection n’étaient tels que je me sentis autorisé. Non loin se chantait une messe en corse, et les voix de basses qui montaient du chœur d'hommes paraissaient vouloir la bercer. 

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Je regardais ses pieds. Je l’imaginais trottinant au bras de Dominique le long du Corso pour rejoindre les deux chambrettes et la cuisine que le prince Chigi leur avait concédé à l'occasion de  leur mariage en son palais à l’angle de la place Colonna. Une histoire purement romaine. Elle à qui la Vierge avait annoncé : « Il est nécessaire que chacun se persuade, connaissant ta vie, qu’il est possible de servir Dieu dans tous les états et toutes les conditions », elle qui était née la même année que Napoléon, je l’imaginais, ce 24 mai 1814, s’écriant « Jésus-Christ est entré dans Jérusalem » au passage de Pie VII, de retour en ce somptueux Quirinal dans lequel le général Radet était venu l’arrêter quelque cinq années plus tôt, au nom d'un empereur à présent déchu. Chateaubriand retrace dans ses Mémoires l’épisode :

« A l’heure attendue, le général Radet pénétra dans la cour du Quirinal par la grande entrée ; le général Siry, qui s’était glissé dans le palais, lui en ouvrit en dedans les portes. Le général monte aux appartements : arrivé à la salle des sanctifications, il y trouve la garde suisse, forte de quarante hommes ; elle ne fit aucune résistance, ayant reçu l’ordre de s’abstenir : le pape ne voulait avoir devant lui que Dieu.

Les fenêtres du palais donnant sur la rue qui va à la porte Pia avaient été brisées à coups de hache. Le pape, levé à la hâte, se tenait en rochet et en mosette dans la salle des audiences ordinaires avec le général Pacca, le cardinal Despuig, quelques prélats et des employés de la secrétairerie. Il était assis devant une table entre les deux cardinaux ; Radet entre ; on reste de part et d’autre en silence. Radet pâle et déconcerté prit enfin la parole : il déclara à Pie VII qu’il doit renoncer à la souveraineté temporelle de Rome et que si Sa Sainteté refuse d’obéir, il a ordre de le conduire au général Mollis.

Le pape répondit que si les serments de fidélité obligeaient Radet d’obéir aux injonctions de Bonaparte, à plus forte raison, lui, Pie VII, devait tenir les serments qu’il avait fait en recevant la tiare ; il ne pouvait ni céder ni abandonner le domaine de l’Eglise qui ne lui appartenait pas, et dont il n’était que l’administrateur.

Le pape ayant demandé s’il devait partir seul : « Votre Sainteté », répondit le général, « peut emmener avec elle son ministre ». Pacca courut se revêtir dans une chambre voisine de ses habits de cardinal.

Lorsque Pacca revint, il trouva son auguste maître déjà entre les mains des sbires et des gendarmes qui le forçaient à descendre les escaliers sur les débris des portes jetées à terre… Dans la cour du Quirinal, le pape avait rencontré les Napolitains, ses oppresseurs ; il les bénit ainsi que la ville : cette bénédiction apostolique se mêlant à tout, dans le malheur comme dans la prospérité, donne un caractère particulier aux événements de la vie de ces rois pontifes qui ne ressemblent point aux autres rois » (1)

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Depuis le 10 juillet 1865, vingt-huit ans après son décès, la dépouille secrètement souriante d'Anna Maria Taïgi repose donc en saint Chrysogone, au bas du jadis populeux Trastevere, non loin du jadis fougueux Tibre. Ces corps de saints incorruptibles, que l’Eglise conserve un peu partout en ses chapelles éparses, on en oublierait qu’ils sont cadavres tant l’inspiration qu’ils délivrent porte en son sein un air de de calme et de lumière. Le 30 mai 1920, le jour de la Sainte Trinité, l’humble femme du peuple, femme de maison, mère de famille et tertiaire déchaussée, avait été solennellement béatifiée par Benoit XV, au lendemain d’un carnage atroce, dont elle avait prophétisé les grandes lignes. Les chants corses accompagnent son attente. Elle en prophétisa d'autres, qui ne sont pas encore venus. C’est étrange, comme elle porte en ses traits à la fois tout le détail de ce qui fit son époque, et quelque chose d’autre, qui ne passe pas. On tarde dans cette chapelle. On hésite à la quitter.

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Cela s’appelle un goût de l’Eternel. Car de son temps comme du nôtre, c'est bien Lui dirait-on que son âme, où qu'elle soit, est en train de contempler.

 

[1] Chateaubriand, Mémoires d’Outre-Tombe.

lundi, 15 août 2016

Les deux François

Le pape François est le successeur de Pierre. François Hollande n’est que le successeur de Nicolas Sarkozy. Cela fait, il faut l’avouer, une grande différence. Et le successeur de François sera le successeur de Pierre. Tandis que le successeur de Hollande ne sera que le successeur de Hollande [qui, je l’espère de tout cœur, ne sera jamais le successeur de soi-même].

Qu’est-ce que Hollande, qui se proclame athée à hue et à dia malgré son baptême à la cathédrale de Rouen, à l’endroit même où fut célébrée la messe du père Hamel, va mendier à Rome ? Qu’ira-t-il chercher à saint Louis des Français, auprès de Jeanne d’Arc et de saint Louis, lui dont la première phrase du clip de campagne proclamait honteusement que « l’âme de la France » c’était l’égalité, comme si le pays était né avec sa Révolution et que saint Louis était, je ne sais pas moi, un chinois. A propos, ce goujat ferait bien de passer par Latran qu’il n’a toujours honoré d’aucune visite alors qu’il en est chanoine d’honneur…Histoire de ne pas semer la pagaille avec son service de sécurité uniquement dans le centre historique de Rome...

Des voix pour 2017, murmurent certains. Il est vrai qu’on n’aura jamais vu tant de politiques à des messes qu’aujourd’hui. Juppé s’est même fendu d’une messe à Lourdes. « Être ici est pour moi l’occasion de redire mon soutien et ma solidarité aux chrétiens si durement éprouvés ces derniers temps », a-t-il confié. « Le sang-froid dont ils ont fait preuve m’impressionne beaucoup. Je suis admiratif de voir leur capacité à garder la tête froide et à se rassembler » Comme si aller à la messe était une question de sang-froid ! Un peu comme retourner aux terrasses après le Bataclan, monsieur le maire ?  Allons, allons, vous témoignez d’une connaissance de la spiritualité digne de Hollande. Nous sommes vraiment dirigés par des imbéciles, près à n’importe quoi pour grappiller de la « sympathie » et, croient-ils, des voix, auprès de ceux qu’ils prennent ouvertement pour des imbéciles…

En tout cas cette visite n’est guère rassurante au vu des nouvelles d'Italie concernant et les migrants et les terroristes. Pour François pape, le seul terrorisme, c’est le dieu argent. De quoi s’entendre avec François président dont l’ennemi est la finance. Ces banalités énoncées, ces arguments demeurent un peu courts, car ceux qui ont égorgé le père Hamel ne l’ont pas fait contre une rançon, et ce n’est pas la haute finance qui a rédigé le Coran.(1) Par conséquent, malgré la violence intrinsèque au monde économique, il doit y en avoir une autre, liée à l’Islam, sur laquelle le pape devrait un peu réfléchir. Certains prétendent qu'il agit ainsi par prudence, pour ne pas jeter de l'huile sur le feu et provoquer de nouveaux attentats. Combien de morts parmi les Chrétiens d'Orient lui faut-il ? D’ailleurs, beaucoup de catholiques quelque peu endormis par Vatican II se réveillent aujourd’hui. Sans aller chercher les sourates les plus fanatiques du Coran, ils découvrent par exemple que dans l’ouverture de leur prière quotidienne (Al-Fātiha), les musulmans modérés récitent cinq fois par jour (et ce dès l’enfance) que les Chrétiens sont des égarés, et que les Juifs ont encouru la colère de Dieu

Benoit XVI, qui savait remettre plus justement à leur place leur théologie ambiguë, parlait en catholique. Le pape argentin, lui, fait de la politique globale. Est-ce lui que le sournois président français visait en évoquant « la capacité des responsables religieux à proposer des réponses, à faire face au mal, et à trouver des mots pour rassembler, bien au-delà des catholiques » ?

Il est à craindre que ces deux François-là, qui sont des militants du « vivre ensemble » à courte vue ne s'entendent pour mettre sur pied un discours commun afin d'endormir tout le monde.

 Jusqu'au prochain attentat...

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Casse la croix, couverture de l'organe de communication de Daesh, août 2016

(1) Encore que certains princes saoudiens y trouvent un solide allié à leurs revenus

mercredi, 10 août 2016

Les carmélites d'Alep

Les forces terrestres syriennes, appuyées par des avions russes, mènent à Alep les combats de l’ultime chance pour mettre en déroute les terroristes de l’EI ; ces derniers auraient perdu en moins d'une semaine plus de 1.000 de leurs combattants, sept chars, huit véhicules blindés, 29 pièces d'artillerie et 85 voitures dotés d’armes montées.

Les frappes aériennes russes ont beau cibler les sites militaires, les centres de communication, les transports, ainsi que les stocks d'armes, de munitions et de combustible appartenant à l'EI (Daech), au Front al-Nosra, récemment rebaptisé Front Fatah al-Cham, et à d'autres groupes terroristes, les civils ne sont pas à l’abri de dégâts collatéraux.

« La situation est compliquée, et les nouvelles sont souvent contradictoires entre elles. La seule vérité que nous connaissions est qu’ici, les gens souffrent et meurent ». explique Sœur Anne-Françoise, religieuse française des Carmélites déchaussées d’Alep, dans un appel à l’Aide à l’Eglise en détresse. Le Carmel, qui compte quatre contemplatives syriennes et deux françaises, se trouve dans la cité universitaire, en banlieue d’Alep, une zone durement touchée par les combats. « Quand l’armée tente d’empêcher l’opposition et les autres groupes d’entrer dans la ville, les bombardements sont vraiment proches de nous. Dieu Merci, ils ne nous ont pas encore touchées, mais nous entendons constamment les bombes au-dessus de nos têtes » raconte-t-elle à l’AED. Les religieuses accueillent chez elles quelques familles de réfugiés dans un immeuble adjacent à leur Carmel, et en soutiennent d’autres avec le peu de ressources dont elles disposent. « Maintenant, ici à Alep, il ne reste que les plus pauvres. Beaucoup de chrétiens ont fui la ville au cours de ces années de guerre. Nous sommes sans eau, sans électricité, et les combats continuent sans cesse. Qui voudrait revenir dans ces conditions ? ».

 En 2011, la ville d’Alep comptait plus de 160.000 chrétiens, selon un rapport que Sœur Anne-Françoise doit confier à l’AED prochainement. Il n’en resterait à peine 40.000 aujourd’hui. Il est à souhaiter que les forces syriennes et russes viennent à bout des islamistes le plus vite possible afin d’éviter la possible entrée de combattants salafistes et djihadistes dans les quartiers de la ville habités par les chrétiens ». 

Pendant ce temps, Julian Assange, fondateur de Wikileaks, dévoile différents documents au sujet d’Hillary Clinton qui montrent comment elle a utilisé la Libye pour fournir des armes aux djihadistes en Syrie lorsqu’elle était secrétaire d’Etat.  « Les liens entre l’Arabie Saoudite et Hillary Clinton, entre l’Arabie Saoudite et Clinton Foundation sont très étroits. Il se peut même que l’Arabie Saoudite soit le plus gros donateur de cette fondation. Regardez donc quelle politique en matière d’exportations d’armements était menée par Mme Clinton quand elle était secrétaire d’État durant le premier mandat Obama », a également déclaré M.Assange à la chaîne RT qui propose différents extraits sous-titrés en français de cet entretien. La candidate démocrate, qui se traîne d’autres casseroles, ne trouve rien d’autre à faire pendant ce temps que de soutenir la première athlète musulmane voilée américaine des JO. Et vous savez dans quel sport ? Le sabre ! Tout un symbole. Mais chut. Il ne faut pas parler trop fort,paraît-il, de l'Islam conquérant. 

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Ibtihaj Muhammad, sabreuse voilée, à la Maison Blanche en compagnie du copain d'Hillary

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Les carmélites d'Alep, qui ne portent pas de sabre mais risquent d'être égorgées au cas où

20:18 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : alep, daech, carmélites, hillary clinton, ibtihaj muhammad | | |

lundi, 08 août 2016

Confession d'un orgueil

Tout craintif et contrit, au berceau du péché, Mal su jusque de moi-même, Que suis-je de plus, que le Christ aime, Qu’on doive encore me pardonner ? 

Quel Dieu pour mon sang, vivant ? Mourrai-je en l’ignorant ?  

Dans le caveau de ma terreur, terré, Triste contre l’Auteur de toute vie, J’aspire à Celui de l’Hostie Mais par quelle louange L’aborder ? 

Quel Dieu pour mon sang, vivant ? Mourrai-je en l’ignorant ?  

Dans l’Enfer appesanti trône l’instable Orgueil d’une Toute-puissance inversée gorgée de prières falsifiées : Quel Amour me retint d’en franchir le seuil ? 

Quel Dieu pour mon sang, vivant ? Mourrai-je en l’ignorant ?    Toute transgression, lors, demeurera vaine, L’espoir d’en réchapper un seul instant aussi, Car c’est paradoxal, mais de haines en peines, L’enclos des révoltés est devenu celui des soumis 

Quel Dieu pour mon sang, vivant ? Mourrai-je en l’ignorant ?  

 L’âme libre se fige, glacée de ses erreurs : En quel puits va-t-elle bien jeter tout son péché  Avant d’ouvrir son cœur à son Seigneur ? Peut-elle-même se montrer, s’entendre, se regarder ? 

Quel Dieu pour mon sang, vivant ? Mourrai-je en l’ignorant ?  

La liberté n’est plus dans l’insoumission des corps Ni en la foi convenue de la duplicité Mais dans l’acceptation entendue de la mort Au sein de l’Unité faite Trinité. 

Dieu purifie mon sang, vivant… Ô mourir en le suivant ! 

La félicité file, elle fuse et germe Dans l’Ame stupéfaite d’être sue et retrouvée : Le doigt s’ouvre, la main se tend, l’œil se ferme, L’eau du Christ coule sur elle, qu’Il abrite en sa plaie, lavée. 

Dieu purifie mon sang vivant… Ô mourir en le suivant ! 

Les voici tiens, l’Histoire Sainte, et Béthanie, Jérusalem… Et tu frémis d’horreur et de Joie devant ce Golgotha. Et tu pries pour les prêtres qui portent le baptême, Ta vie te semble infime, et grande par la Croix. 

(Roland Thevenet Juillet 2015)

 

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Giovanni da Rimini, Histoire de la vie du Christ,

Palais Barbérini, Rome

22:02 Publié dans Des poèmes, Là où la paix réside | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christ, giovanni da rimini, palais barbérini | | |

jeudi, 04 août 2016

Paul, un imposteur ?

Il y a de cela une semaine, je me trouvais à cette heure en plein cœur de l’EUR à Rome, à l’intérieur d’un monastère enfoui dans un bois d’eucalyptus, et dédié à la mémoire du martyre de saint Paul. Et voilà qu’aujourd’hui, dans le dernier numéro de Dabiq nommé Break the Cross, je lis que les partisans de l’Etat Islamique s’en prennent violemment à l’apôtre Paul, entre autres attaques véhémentes contre tout ce qui fonde la foi catholique, qu’ils vomissent et exècrent au plus haut point. Pourquoi Paul, pourrait-on se dire, quand la plupart des baptisés français n’ont peut-être jamais lu ses épitres, et que le moins que l’on puisse dire est que son témoignage n’est plus guère d’actualité dans l'hexagone ?  Parce que, au risque de déplaire à ceux qui ne voient chez les terroristes de l’Etat islamique que des égorgeurs fanatisés, des psychopathes égarés, des marginaux invétérés, Daesh possède bien un discours théologique, qu’il puise et justifie par le Coran et les hadiths, ainsi que par bon nombre de penseurs soufis.

Un chapitre entier intitulé Paul l’imposteur, donc.

Ce qui justifie cette attaque, c’est tout d’abord son statut particulier « d’avorton », pour reprendre ses propres termes : Paul n’a jamais connu le Christ vivant. En tant que témoin privilégié de sa Résurrection, que les musulmans nient avec acharnement, il est donc, si on peut s'exprimer ainsi, l'apôtre à abattre. Et Daesh de citer l’Epitre aux Galates : « Je vous déclare, frères, que l'Evangile qui a été annoncé par moi n'est pas de l'homme ; car je ne l'ai ni reçu ni appris d'un homme, mais par une révélation de Jésus-Christ. » (Galates 1:11-12). Paul serait donc un falsificateur de l’Evangile du Christ, un menteur qui, en privilégiant la Deuxième Alliance (l’Incarnation) à la Première (La Loi) a perverti le premier christianisme. « Prétendant suivre l’enseignement du Christ, il enseigna des choses directement opposées à ce que Jésus institua, continuent nos théologiens de Dabiq. On pouvait s’y attendre de la part de Paul qui prêcha hardiment contre la Loi de Moïse en ces termes : « Christ nous a rachetés de la malédiction de la Loi » (Galates 3:13). Il soutenait à la place : « Si vous êtes conduits par l'Esprit, vous n'êtes point sous la Loi. » (Galates 5:18).  C’est donc à la fois en tant que témoin de la Résurrection et apôtre des Gentils que Paul se trouve tout d’abord placé sous la critique des islamistes.

Ils lui reprochent ensuite ce qui fonde sa spécificité, le fameux « Tout à Tous » énoncé dans le discours aux Corinthiens qui devient à leurs yeux une forme de laxisme, voire d’hypocrisie, «la justification habile d’un grave péché »  : « « Car, bien que je sois libre à l'égard de tous, je me suis rendu le serviteur de tous, afin de gagner le plus grand nombre.  Avec les Juifs, j'ai été comme Juif, afin de gagner les Juifs; avec ceux qui sont sous la loi, comme sous la loi quoique je ne sois pas moi-même sous la loi, afin de gagner ceux qui sont sous la loi; avec ceux qui sont sans loi, comme sans loi quoique je ne sois point sans la loi de Dieu, étant sous la loi de Christ, afin de gagner ceux qui sont sans loi. J'ai été faible avec les faibles, afin de gagner les faibles. Je me suis fait tout à tous, afin d'en sauver de toute manière quelques-uns. » (Corinthiens I - 9:19-22).

Enfin, sa vision du Christ sur le chemin de Damas, dont il fut, nous rappelle-t-on justement, le seul témoin, est assimilée à une vision satanique : comparé à la sagesse de Ibn Taymiyyah théologien salafiste du XIVè siècle appelé à la rescousse, qui eut la sagesse, lui, grâce à Allah, de repousser la vision «d’un grand trône sur une lumière », Paul est un enfant de chœur qui se laisse duper comme un débutant par le diable. « Si Paul a vraiment vu quelque chose sur la route de Damas, ce n’était pas Jésus mais Satan qui lui inspira à enseigner ce qui était interdit, l’abandon de la Loi, et la prière au Christ au lieu de la prière à Allah…Tout ceci n’est qu’un aperçu dans un océan de contradictions, fabrications et suggestions ignorantes trouvées dans les textes de source chrétienne. » concluent enfin les théologiens du salafisme contemporain. » Demeure l'impression, à leur lecture, que ce qu'ils regrettent en ce Paul converti, c'est qu'il ne tue plus des chrétiens, et préfère le martyre pour son propre compte à l'assassinat d'autrui. 

Après une telle lecture, je me demande deux choses :

  • Comment le pape François peut-il être aussi conciliant à l’égard de la violence islamiste ?
  • Cette critique de Paul, établie du point de vue unitarien [et qui n’est au fond qu’un moyen d’attaquer la Trinité en niant au Christ sa qualité de Fils et à Paul sa qualité d’apôtre par l’Esprit saint], ne peut-elle trouver de nombreux acquiescements parmi les autres ennemis de l’Eglise, unitariens comme les adeptes du Grand Architecte de l’Univers ou tout simplement athées ?

Pour toute réponse, je goûte cette paix propice, telle que dans l'abbaye des Trois Fontaines à Rome, et dans l'église de la Décapitation, je l'ai goûtée. Je ressens ces siècles d'histoire et de catholicité dont rien n'a pu m'arracher et cet instant d'empathie, d'abandon, d'amour qui m'a lié là-bas à cet apôtre si brillant, si juste et si droit que j'ai pu le prier secrètement d'avoir le privilège de témoigner un jour en sa faveur. Jamais je n'aurais pensé alors que l'occasion s'en présenterait si vite, et de cette manière sidérante qu'il fallût la mort d'un prêtre à l'autel de son Christ, et toute cette haine déversée à son encontre, pour qu'elle jaillît. Paul, l'apôtre des Gentils dont plus que jamais nous aurons besoin pour «lutter», comme disent les politiciens, «contre le terrorisme», qui lançait aux Corinthiens cette sentence si intelligemment énigmatique : « Nous sommes accablés de toute manière mais non écrasés, nous connaissons l'inquiétude, mais non le désespoir, nous sommes pourchassés, mais non dépassés, nous sommes terrassés, mais non anéantis. Nous promenons sans cesse en notre corps la mort de Jésus afin que la vie de Jésus se manifeste elle aussi en notre chair mortelle...»   ( 2 Corinthiens, 4, 8-11)

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décapitation de Paul, Enrique Simonet, 1887

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tête en bronze de Saint Paul, église des Trois Fontaines, Rome

16:27 Publié dans Là où la paix réside | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : saint paul, abbaye des trois fontaines, décapitation, dabiq | | |

lundi, 01 août 2016

Islamisation des esprits

Toutes les portes qui ouvrent sur le chevet de Sainte Marie Majeure à Rome, devant l’obélisque de l’Esquilin, sont fermées. Il faut donc, pour pénétrer dans la basilique, passer par la façade principale, sous la loggia des bénédictions papales. Sauf que l’accès se réduit à un portique (un seul, contrairement à saint Pierre) – comme d'ailleurs dans les autres basiliques majeures de Rome –. Un militaire, devant moi, comme on en croise partout dans Rome, demande à une femme de rouvrir sa valise ; il est vrai qu’elle a une sacrée tête de terroriste, la pauvre Mama italienne venue sans doute de province pour passer une porte sainte ! Mais nous sommes dorénavant tous égaux devant la suspicion dans ce régime aberrant installé subrepticement par l’Islam radical et la veulerie des démocraties. Les dirigeants ont supprimé les frontières nationales par commodité, nous ont-ils dit, et le citoyen quelconque ne cesse d’en passer, à l’entrée des grands magasins, des musées, des gares, des aéroports, des stades, et même à présent des églises, tant il convient désormais de se protéger partout de ce monde ouvert à toutes les risques, tous les amalgames et toutes les injustices.  Tout le monde, jusqu’au pape lui-même, minimise la responsabilité de l’Islam dans ce climat qui déferle sur l’Europe et la France en particulier, où l’on n’avait pas égorgé de prêtre depuis la Révolution Française. Opportunisme, manque de discernement, de courage ? Je crains qu'il ne s'agisse d'une réelle volonté politique, qui nous mènera un jour au pire. 

Hier, c’est non loin de Liège qu’un prêtre de 65 ans a été agressé au couteau par un demandeur d’asile. Et comme l’homme d’église n’est pas mort, le bourgmestre de Lanaken a écarté la piste terroriste : « En dépit du fait que nous soyons très choqués, nous devons souligner que cet incident ne peut pas être lié à des faits de terrorisme à ce stade de l’enquête. »

Iront-ils jusqu’à prétendre que ce demandeur d’asile était chrétien ? A force de protéger l’Islam, et au nom de « l’égalité républicaine », ils jettent sur tous le discrédit, banalisant les femmes voilées, la charia, les massacres des chrétiens en Orient, et préparant le pire en Europe. Hier, à Cologne, ces images hallucinantes dans l’Allemagne de Merkel, de milliers de partisans d’Erdogan hurlant Allahu akbar et brandissant le drapeau turc, en s’indignant des critiques faites aux purges menées par leur premier ministre, frère musulman notoire qui n’est pas près, par parenthèse, de reconnaître le génocide chrétien auquel s’est livré son pays il y a un siècle, mais souhaite entrer dans l'Europe. Que nous expliqueront les Hollande, Merkel, Clinton, et autres partisans des printemps arabes ? Que ce sont les musulmans qui ont inventé les Droits de l’homme et la Démocratie ? Au point où ils en sont dans le révisionnisme couard, je finis par penser qu’ils en sont capables, tandis que leur presse tire à boulets de canon sur Morano, qui ose espérer tout comme moi, devant une telle islamisation des esprits, que la France ne devienne jamais un pays musulman...

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mercredi, 27 juillet 2016

Songes-y, musulman...

Quand on s’en prend à un prêtre en train de célébrer, c’est le Christ-Même que l’on meurtrit.

Directement Lui.

Manière de dire à tous par-delà cet assassinat : « voyez, si ce Christ était votre Dieu, il aurait sauvé ce vieux prêtre,

Mais il ne l’a pas fait, comme il n’a pu se sauver Lui-Même sur la Croix… »

Raisonnement de musulman comme jadis raisonnement de juif,

Raisonnement d’imbéciles, donc,

Car c’est par la Charité seule que le Christ a vaincu Satan, non par la Force

Ni celle de la persuasion ni celle du muscle ni celle de la kalachnikov

Car Charité est seule Infinie, telle est la Leçon essentielle de la Croix

Contemple-la, Musulman,

Car c'est par la Charité que Christ vaincra ton ignorance.

Quand on s’en prend à un prêtre en train de célébrer, on cherche à meurtrir le cœur vif du Chrétien

A le toucher en ce moment d’abandon à Dieu qui ne souffre aucune autre compagnie,

La compagnie d’Allah

La compagnie de Satan

La compagnie du crime,

Toutes mêmes compagnies.

On cherche à jeter le doute et la peine en s’infiltrant dans ce lieu de l’âme où cognent déjà toute l’indifférence du monde, toute la violence et toute la haine de Satan.

Double épreuve et double volonté de nuire

C’est un viol de l’âme collective,

La tienne également, songes-y Musulman.

 

Il aura fallu que j’apprenne le meurtre du vieux prêtre de Saint Etienne de Rouvray

Au lieu même du martyre de Pierre et de la bouche même du guide

Qui me conduisait à son tombeau sous la basilique de Constantin.

S’opéra pour moi vraiment le retour aux sources

Et Dieu – le Vrai, pas celui des millions de musulmans qui constituent la majorité silencieuse dont le crime a besoin pour poursuivre sa route –

Dieu me montra que de Pierre à ce prêtre de Saint-Etienne de Rouvray, nihil novi sub sole, vraiment,

Le cœur même plus endurci, blasé, diverti, l’homme de l’empire global demeure le même en sa nature pécheresse et mortelle que celui de l'empire romain,

Ami ou Ennemi du Seigneur, c’est selon, nulle place pour les âmes tièdes,

Et que là où la prétendue miséricorde d’Allah ne s’exerce que pour les fidèles qui suivent Mohammed

Celle du Christ se tend vers tous les pécheurs

Songes-y, musulman,

Et que oui, décidément, le Coran est bien d’essence satanique :

S’il y a des croyants parmi les musulmans,

Quelle autre solution ont-ils devant ce martyre

Que se convertir ?

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Caravage, crucifixion de Pierre,

Santa Maria del Popolo, Rome

mardi, 19 juillet 2016

Entrailles

Le diable n’a pas d’entrailles.  Il est esprit, pur esprit. C’est pourquoi il s’est installé dans celles de l’homme et de la femme, pour s’y cacher de la colère de Dieu. C’est aussi pourquoi le Fils a dû descendre jusque dans la chair de l’homme, sans s’y corrompre par le péché originel comme n’importe quel homme, en passant par les entrailles d’une Vierge. Et il l’en a délogé. Mais à quel prix !

Satan n’aime pas la chair, parce qu’il est tombé à cause d’elle. Satan est tombé pour avoir refusé de servir le salut de l’homme comme Dieu le lui demandait. Satan a bien compris, grâce à sa haute intelligence, que Dieu lui offrait ce moyen de servir plus petit que lui, comme il l’offre à n’importe quel ange, pour gagner en charité. Mais Satan l’a refusé. Ce que Satan n’a pas compris, c’est la nature exacte de Dieu, qui est certes Lumière, Infini, Gloire et Puissance, mais qui ne s’exprime qu’à travers le vecteur de la charité. En refusant la charité, Satan s’est coupé de Dieu à jamais et s’est damné dans ce lieu où Dieu n’est pas, qui possède une largeur, une longueur, une profondeur, mais curieusement aucune hauteur, et où il doit ramper et mordre incessamment la poussière. Le feu éternel de l’enfer, explique le Christ, n’est pas la destination naturelle des hommes, mais le lieu « préparé pour le diable et pour ses anges » (Matthieu, 25,41)

Satan s’est damné d’une certaine façon à cause de nous. Et c’est à cause de nous qu’il a damné ses légions d’anges. D’où l’objet de sa haine. Nous sommes haïs de Satan presque autant que nous sommes aimés de Dieu. Autant l’amour de Dieu travaille à notre salut, autant la haine de Satan travaille à notre perte. Il ne nous pardonnera pas sa damnation, cette erreur de sa part qu’il nous attribue, car il ignore et la justice, et la charité. Il ignore Dieu. Aussi, dès que nous ne sentons plus la charité en nos entrailles, nous sommes potentiellement exposés à ses attaques. Satan est comme un camion fou qui fonce dans la nuit et disperse entre ses roues la chair des hommes, qu’il hait plus que tout.

De Satan et de toutes les formes qu’il prend dans le monde sensible et intelligible (le monde bas, le monde de la chair), l’homme n’a pas à avoir peur. Nous devons simplement comprendre comment Dieu nous protège de lui. Dieu nous protège de lui en nous faisant connaître la Charité. Tel est le sens de la phrase du Christ : « Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, pas plus qu’un mauvais arbre n’en peut porter de bons. Tour arbre qui ne donne pas de bons fruits est coupé et jeté au feu. C’est donc à leurs fruits que vous le reconnaîtrez » (Matthieu, 7, 18-20)

La preuve que le Christ est Fils de Dieu s’exprime tout entière dans la Croix : Ce que Satan lui-même n’a jamais compris, Le Christ est venu l’expliquer aux hommes. Il a vaincu Satan parce qu’il a montré à toutes les générations par sa chair crucifiée que la Lumière, l’Infini, la Gloire et la Puissance de Dieu ne s’expriment en réalité que par la Charité. Et c’est parce que Dieu est Charité que le Christ est son Fils. Le Christ est mort à 33 ans sur la Croix que Juifs et Romains ont plantée de concert sur le Golgotha, pour racheter tous les péchés des hommes qui souillaient leurs entrailles, après en avoir guéri en grand nombre ; Mahomet est mort à 63 ans d’une mauvaise grippe après avoir été chef de guerre et en avoir tué un grand nombre. Je ne nie pas qu’il y ait dans le bouddhisme une belle école de détachement et de confort spirituel, mais où s’y trouve la Charité ? Où s’y trouve Dieu ?

Le monde est infesté de gurus, d’imams, de bonzes, de prédicateurs et de francs-maçons plus ou moins complices les uns et les autres dans leur ignorance ou leur détestation du Christ : car aucun n’a accompli ce que le Fils de Dieu a accompli sur la croix, aucun. Qui que nous soyons, il nous faut bien l’admettre, à moins d’être fourbes, bêtes ou purement sataniques. Satan, si puissant soit-il, ne résiste pas à cette simple reconnaissance. Satan ne résiste pas à la Croix, et c’est pourquoi on peut sereinement affirmer non pas que le christianisme est la seule religion, il en existe des centaines. Mais que le christianisme est la vraie religion.

Satan ne résiste pas davantage à la Mère de Dieu, parce qu’elle l’a délogé un jour des entrailles des hommes d’où il dirigeait le monde, d’un simple acquiescement au saint Esprit, la Troisième Personne de la Divinité. Satan ne résiste pas à un seul Ave Maria convaincu. Dites-lui : « Et Jésus le fruit de tes entrailles est béni », et il fuira. Non que vous soyez spécialement saints vous-mêmes, loin s’en faut. Non que vous prononciez une parole particulièrement magique, tout au contraire. Mais songer que Dieu ait pu engendré, et que de ces entrailles qu'il abhorre ait pu naître le Fils de Dieu, le terrasse. Et la haine que Satan garde de la chair est moindre que l’amour que Dieu a pour elle, parce que malgré des siècles de dégradation, Il l’a faite à son image, et qu'Il est Charité.

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13:32 Publié dans Là où la paix réside | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christ, christianisme, charité, bouddhisme, islam, attentats, france | | |