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dimanche, 02 décembre 2018

En Avent

Si le peuple français parvenait collectivement à renoncer aux valeurs allégoriques, abstraites et prétendument universelles qui, en poussant dans l’abstraction son génie séculaire, ne fait depuis 1789 que le précipiter de catastrophe en catastrophe jusqu’à une dilution dans un ordre mondial où il ne pourra plus tenir son rang ; si admettant la toute puissance de la Providence qui, lors de la triple donation du  21 juin 1429, fit du Christ Seul son unique roi, le peuple français revenait au corps mystique dont la nation de France procède en vérité; si plutôt que de se laisser réduire par ses dirigeants à mendier dans les rues un « pouvoir d’achat » ou de débattre dans l’orgueil, il offrait au monde un « pouvoir de prier » régénéré, alors la réponse de Dieu en sa faveur serait immédiate et grandiose : cette entrée en avent ne serait pas seulement le passage d’une année liturgique à l’autre, mais un changement salvateur de cycle liturgique.

La France ayant un destin surnaturel, je ne doute pas que cela se fera un jour ; quand ? Je n’en sais rien.  En ce comble de l’obscurité dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui, nous tous qui sommes nés « Français » sous un régime déicide, au point d’avoir vu notre mémoire de la véritable France presque effacée, nous savons que nous ne pouvons rien faire [ hormis prier, prier toujours et payer nos dettes] tant que l’imprimatur du Ciel n’est pas donné : dans la prière, nos forces surnaturelles se ressourcent, se concentrent, s’aiguisent, nos vertus s’accroissent et notre raison s’ajuste à la seule Vérité : le Dieu des Armées, Père Tout Puissant, est absolument de même nature que l’Agneau Égorgé, Fils très obéissant.

D’eux et d’eux seuls [c’est-à-dire d’aucune philosophie, dogme, valeur ou science humaine validés par l’adversaire], procède l’Esprit véritablement saint. Comprendre déjà cela et véritablement s’y tenir dans son existence, participer le plus possible à la sainte et véritable messe et prier autant qu’il est possible selon notre devoir d’état, c’est en attendant ce que nous pouvons faire de mieux, de plus juste et de plus salutaire, en compagnie de Celui qui était, Celui qui est, Celui qui vient…

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Grotte de l'Apocalypse, Patmos. Au centre, la vision de Jean qui ouvre l'Apocalypse

15:18 Publié dans Là où la paix réside | Lien permanent | Commentaires (0) | | |

lundi, 26 novembre 2018

D'un dimanche, l'autre.

L’année liturgique épuisera lentement ses forces dernières durant cette semaine, jusqu’à la saint André, le pêcheur du lac de Tibériade, devenu l’apôtre de la Croix que nous fêterons vendredi ; puis tout doucement, derrière les voiles obscurs de l’actualité et du spectacle divertissants, s’en lèvera une nouvelle, à l’orée du dimanche qui vient : une prochaine qui déroulera ensuite ses heures et ses pages tandis que la France et le monde risqueront de s’enfoncer selon toute vraisemblance dans le chaos du non-repentir, de semaines en semaines et de mois en mois.

Cette année qui point à l’horizon, accordez Seigneur qu’elle se révèle riche en conversions de toute sorte et nous maintienne tous dans la grâce sanctifiante dont nous avons tant besoin pour demeurer debout sur le sol si meurtri de cette terre. Accordez que l’Église militante le soit véritablement, que le pape soit vraiment pape et les fidèles vraiment fidèles, rangés au service du Dieu des Armées Célestes et d’aucun autre, à travers nos pérégrinations parmi la trompeuse réalité de cette société contemporaine où tout est inversé ; protégez nous contre les embûches et les malices de Satan, plus que jamais avide de dévorer nos âmes, au moyen de l’acédie comme de l’orgueil, du mensonge ou de la luxure; car ils demeurent nombreux les voiles qui dérobent à notre vue la beauté sans taches et la sagesse sans fin de Jésus Christ ; faites que le démon soit défait, cet esprit vivace et faux qui ignore la force du repentir, dédaigne les attributs vivants de la sainte Trinité, demeure aveuglément étranger aux vertus de la Croix, et sans cesse inspire des projets faussement nobles à une humanité dressée contre le véritable Dieu, dont « le visage est comme le soleil quand il luit dans sa force » (Apocalypse, I,16) ; que la justesse de notre parole s’accorde à l’humilité de nos actes devant Lui qui est Père, Fils et Saint Esprit.

Puisse cette année liturgique dont l’ordonnance constitue sur cette terre déréglée la grande école de l’Imitation de Jésus-Christ et le rempart contre le péché nous maintenir à l’écart des mauvaises philosophies et des vaines tromperies dont nos écrans, nos lois et nos fictions débordent, et dont l’apôtre Paul rappelle qu’elles « relèvent d’une tradition toute humaine, des éléments du monde et non du Christ. (Colossiens, 2,8). Cette année, qui s’annonce, puisse-t-elle enfin, à nos prières et par le mérite du Christ à jamais souffrant découvrir nos noms inscrits sur le Livre de Vie. Amen.

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Le cycle de l'année liturgique dans l'Eglise catholique

08:21 Publié dans Là où la paix réside | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : année liturgique, catholicisme, christ | | |

dimanche, 18 novembre 2018

Darwin, Freud, Hegel, Saussure et la seconde mort

La méfiance du paysan, enrobée au fil des siècles dans un rationalisme bourgeois seulement borné à ce qu’il peut percevoir du réel, aura trouvé son compte dans la théorie darwinienne, laquelle réduit l’homme à la seule évolution terrestre de la matière tout en prétendant le couper de toute autre origine céleste. La pensée que l’individu puisse être gouverné par son seul inconscient, tel que Freud et ses successeurs ont pu le décrire, a parallèlement considérablement réduit la notion de responsabilité, celle de conscience, et celle de libre arbitre tout en discréditant dans l’esprit de beaucoup la notion de péché originel : Dieu comme Satan, les anges et les démons s’en sont trouvés dans cette grille d’analyse réduits à peu de choses, ce qu’on pourrait appeler des symboles ou des mythes nécessaires à la nourriture de l’imaginaire, dans l’univers mental fermé sur lui-même ainsi fabriqué.

Pour favoriser l’orgueil du citoyen prétendument libre, il ne manquait plus qu’à penser la société et son histoire comme les seuls produits des luttes intestines qui les composent, en gommant toute notion de Providence et balayant ce que dit l’Écriture de l’action de Dieu sur nous tous. Exit donc toute intervention de la Trinité sur la création, l’individu, la société. Le Christ et Sa Passion se sont trouvés ramenés à une existence historique, interprétable et ré-interprétable à merci, indépendamment des Écritures elles-mêmes et de tout discours eschatologique. Avec Saussure enfin, a triomphé l’arbitraire du signe et la perversion de ce dernier. Élevé en dogme, le constat de cet arbitraire, fortifié par le succès grandissant des fables, a fait proclamer aux plus éminents linguistes que le mensonge était en quelque sorte constitutif du signe puisque rien n’est réel dans le langage hormis le fait de signifier.

Darwin, Freud, Marx, Saussure : Un temps, ces idoles de l’obscurantisme moderne ont abusé des générations jusqu’à ce que se fissurent les idéologies nées de leurs cultes assidus, tant au sein des universités européennes que des institutions qui font autorité dans le monde dit civilisé. Avec de tels maîtres à penser commencent l’ensauvagement du monde et la solitude sans solution de chacun en son sein aride. Comment, dès lors qu’on ouvre la porte au formatage de l’esprit par de tels maîtres, se fier en effet à l’Incarnation, la Révélation, la Providence, la Parole ?

Nous avons besoin de comprendre de quel point ils parlent et qui les envoie réellement; toutes leurs conclusions ne reviennent-elles pas à séparer intellectuellement l’homme (son corps, son esprit, son histoire, sa parole) du Christ, de sa Justice et de sa Charité ? Intellectuellement, mais pas réellement, puisqu’ils n’en ont nullement le pouvoir. Ils ne sont, au sens où Jean le Théologien l’affirme dans sa première épitre, que des antéchrists : « Mes bien-aimés, ne croyez pas à tout esprit ; mais voyez par l'épreuve si les esprits sont de Dieu, car plusieurs faux prophètes sont venus dans le monde. Vous reconnaitrez à ceci l'esprit de Dieu : tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu en chair est de Dieu ; et tout esprit qui ne confesse pas ce Jésus n'est pas de Dieu : c'est celui de l’antéchrist ; dont on vous a annoncé la venue, et qui maintenant est déjà dans le monde. »

Toute « l’élite républicaine » et, à tous les étages de la société qu’elle gouverne, chacun d’entre nous sommes plus ou moins imprégnés de ces faux-enseignements et de leur vulgarisation incessante [écoles, magazines, films, documentaires, séries, textes de lois, publicités…] qui ne cesse de nous aliéner. Partout, leurs avatars font autorité. C’est en gros ce que les gens revendiquent comme leur culture, en marge de la spécialisation à laquelle leurs études les ont confrontés, de leur survie économique et morale de plus en plus problématiques, et de leur dépendance grandissante envers la technologie. Là où le piège se referme...

Il n’y a vraiment que dans l’espace de la prière quotidienne, des sacrements, de la foi vive en la Trinité ainsi que dans la pratique de la charité, à l’abri de la Croix, dans l’attente des fins dernières et la conscience de l’illusion des temps présents, qu’une véritable échappatoire à ce conditionnement si oppressant demeure possible dans le recueillement de l’âme. Partout ailleurs, l’homme ensauvagé se retrouve condamné dès son existence terrestre à la seconde mort (mort de l’âme) dans laquelle un système au sens propre satanique le conduit avec zèle et avec l’assentiment faussement réconfortant de tous. Jamais les temps n'auront été si obscurs, jamais pourtant l'issue si proche et si visible pour les hommes de bonne volonté. Un terme dont il nous faut méditer le sens...

Au bout de la nuit, Christ est le seul chemin, la seule voie, le seul salut.

Darwin, Freud, Hegel, Saussure,jean

Saint Jean le théologien 

 

23:34 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : darwin, freud, hegel, saussure, jean | | |

lundi, 29 octobre 2018

Malheur du peuple grec

De retour d'Athènes : A deux pas du Parthénon, Monastiraki est un quartier aujourd'hui révélateur de la crise désolante que traverse la Grèce : saleté, misère, pickpockets, tags, ghettoïsation de certaines rues emplies de migrants, églises fermées en raison des vols, animaux errants, égouts bouchés... Les Grecs souffrent, et cela se ressent. Tristesse.

Que faire ? Que dire ? Dans mon roman La Queue, j'écrivais en 2014: "Chaque jour qui passe comme un mauvais linceul sur la sublime et idéale patrie d'Hypérion, voile les suicides en série de ses fils. La boucler ? Comment donc ? L'Europe a cessé pour de bon d'être l'Europe. On n'y est plus français, allemand, italien, grec ou espagnol. Partout, on n'y est plus que riche ou pauvre, consommateur ou consumé"

 

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photo Panagiotis GRIGORIOU - Greek Crisis

Les consumés, ce sont eux, les pauvres d'Athènes; pendant que les républicains français favorisent l'implantation de l'Islam en entretenant des familles entières de musulmans ici, là-bas des Grecs orthodoxes, nos frères en Christ, pleurent et mendient sur les trottoirs de leur propre capitale, noyés dans la foule indifférente. Cynisme et veulerie républicaine. Ce qui flanque la honte, partout, ce sont les consommateurs, ces touristes de toutes les nationalités qui déambulent, smartphone à la main, et photographient les ruines de l'Athènes antique sans s'arrêter sur celle des temps présents, si criarde, si glaçante, si visible et si absente de leurs guides du routard et autres lectures du dimanche.

Lire ici le billet du blog Greek Crisis, qui depuis 8 ans raconte ce lent et morbide enlisement dans la crise.

14:25 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monastiraki, athènes, grèce, hypérion, greek crisis | | |

jeudi, 18 octobre 2018

L'écologisme sera la prochaine dictature.

La démocratie apprend-elle JAMAIS de ses erreurs ? Il semble que cela lui soit intrinsèquement impossible. En offrant la parole et le choix des options aux générations qui se succèdent de plus en plus imperméables et indifférentes à la Tradition, la démocratie peine de plus en plus à transmettre autre chose que son dogme et à enseigner autre chose que ses « valeurs », soumise qu’elle est au perpétuel mouvement qu’elle engendre, au continuel changement de cap et de direction qu’elle occasionne.

Après avoir engendré, à partir de ce désir intrinsèque de réorganiser le monde à chaque génération, deux monstres épouvantables, communisme et nazisme, deux antéchrists au visage et à l’ossature certes différents, mais qui se révélèrent au final tout aussi criminels, elle réitère aujourd’hui ses erreurs et continue, tout en tournant obstinément le dos au Christ, à produire de fausses solutions aux problèmes qu’elle a elle-même créées.

Terrorisme et écologisme apparaissent aujourd’hui comme deux corpus idéologiques que tout oppose et qui hantent simultanément les écrans de la propagande post-moderne : le mal total d’un côté, le bien absolu de l’autre. Or dans les faits, les deux se révèlent complémentaires, l’un servant de repoussoir et de faire valoir de l’autre, comme en leur temps, le nazisme et le communisme. Terrorisme, écologisme, nazisme et communisme, ces quatre dogmes idéologiques ont en effet un point commun : ils se développent dans le mépris de Dieu, c’est-à-dire contre ses œuvres, sa Grâce, sa Volonté. Ils sont des entreprises humaines qui engagent les masses de gens qu’ils conditionnent afin de créer les opinions publiques dont ils ont besoin pour prendre appui et croître.

Le communisme s’imposa comme un moindre mal face au nazisme, on voit aujourd’hui l’écologisme s’imposer comme un moindre mal à son tour face au terrorisme : « sauver la planète » serait être généreux, humain, solidaire de la vie, quand faire régner la terreur serait incarner le mal absolu. Je remarque cependant que cette planète qu’il faut sauver à tout prix n’est jamais considérée par les partisans de l’écologie comme la création de Dieu, mais plutôt comme l’environnement de l’homme et de son péché qui a tout contaminé : car enfin, qu’est-ce qui détruit la planète, les espèces, les océans, sinon le péché de l’homme, péché dont la terreur n’est que’ la phase visible la plus aboutie ?  

L’homme ne parviendra pas à sauver la planète par lui-même, en demeurant dans la demeure de l’orgueil, pour la simple raison que s’il ne se convertit pas, ce qu’il cherche à sauver est en vérité son droit à pécher, son péché propre et celui de l’espèce :  le péché originel dont cette terre est le théâtre constitutif.  À moins d’un repentir collectif improbable, on ne pourra sauver la planète sans garder en même temps la terreur qui est, je le répète, la phase ultime et aboutie du péché. C’est l’homme sans Dieu qui a contaminé tout son environnement, comment ce même homme sans Dieu pourra-t-il donc le sauver – s’il ne se repend pas – puisqu’il est sa propre terreur ?

L’écologisme – ce bien apparent - est donc condamné s’il prospère, à devenir une forme de dictature ; la prochaine en vérité, qui sévira sur un plan mondial, ce que le communisme n’a pas réussi à faire en son temps. Et comme la belle idée – chrétienne à l’origine – du communisme fut discréditée par les hommes sans Dieu qui en firent un régime dictatorial haïssable, il y a fort à parier que la belle idée du respect de la nature suivra la même pente, livrée aux mains des mêmes hommes sans Dieu qui dirigent ce monde : ces deux belles idées discréditées, la société humaine sera prête pour la dictature technologique qui est le projet véritable des maitres du monde, une dictature absolue devant laquelle l’enfer lui-même paraîtra un doux lieu.  

Le seul écologisme dont je peux pour ma part me revendiquer est donc spirituel : il porte un nom, conversion. Car se convertir au Christ, c’est en même temps abandonner le péché et la terreur qui lui est constitutive et se réconcilier avec la beauté de la création ; nature qui ne se définit nullement comme le simple environnement de l’homme, mais tel un jardin déchu et contaminé par le péché dans lequel Dieu attend de sa créature un repentir. Et si, pour l’obtenir, les générations doivent traverser encore un âge de fer, l’Éternel, qui a le temps, laissera faire.

Un repentir : simple, véritable, profond. Plutôt que ce mal dont la venue parait inéluctable, j’aimerais voir advenir ce Bien Véritable, mais je ne suis maitre que de mon libre arbitre, et encore, dans un corps lui-même corrompu par le péché originel, j’ai besoin de la grâce de Dieu toujours. La porte est donc étroite, plus que jamais, et la pérégrination de l’espèce sur Terre sans doute promise encore à bien des malheurs, sous couvert du bien apparent qu’elle professe.

Aux Chrétiens ne reste en propre que la prière ; arme que sans doute nous n’utilisons jamais assez, tant le vide à combler demeure béant devant nous. Nous devons croire, cependant, que chaque instant passé à prier véritablement est un instant arraché au règne dictatorial de Satan dont le Christ peut dans son Royaume faire au sens propre un véritable brin d’éternité. Nous devons le croire, avoir foi, et partager. Car sans la conscience apportée à chacun par ce repentir, il est inévitable que l'écologisme deviendra pour le plus grand nombre la prochaine et la plus meurtrière des dictatures... 

00:48 Publié dans Aventures post-mortem de la langue française | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : écologie, dictature | | |

mardi, 18 septembre 2018

Mélanie Calvat, bergère, sainte, martyre...

Difficile de ne pas entendre, dans les avertissements de la Sainte Vierge, Reine du Ciel, à Mélanie Calvat : « Je vous ai donné six jours pour travailler, je me suis réservé le septième, et on ne veut pas me l’accorder, c’est ce qui appesantit le bras de mon fils », ou encore : « Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller la main de mon Fils : elle est si lourde et si pesante que je ne puis la retenir », difficile de ne pas entendre alors résonner la si belle phrase de Marie de Nazareth dans le Magnificat : « Déployant la force de son bras, il disperse les orgueilleux de cœur ».

La Vierge ne parle pas à tous les hommes, elle parle à « son peuple » : or personne ne peut, en ce peuple,  s’arroger le droit de critiquer l’Église, puisque nous en sommes, nous chrétiens, chacun un membre et que le principe de la paille et de la poutre y règne de façon souveraine. « Jamais je ne dirai du mal de l’Église », écrit Kerouac dans son plus beau livre, les Visions de Gérard, qu’il dédie à son frère, « l’Église Solennelle, laquelle, nous le savions tous, était de l’Or Pur, la Lumière Pure ».

Pourtant chacun constate avec effroi à quel point l’Institution ecclésiale (je ne parle pas là du corps mystique du Christ) s’est délitée depuis le 19 septembre 1846 : le scandale de l’homosexualité et/ou de la pédophilie de certains prêtres, évêques, cardinaux… les scandales financiers récurrents, la complaisance à l'égard des idéologies contemporaines, la disparition quasiment institutionnalisée de la Sainte Messe tridentine, bref…   La Vierge de la Salette pleure et nous sommes les causes de ses larmes. Quant au bras de son fils qui s’abat sur son peuple, comment ne pas le voir dans tous ces événements qui humilient profondément les orgueilleux que nous sommes, et dont je ne dresserai pas ici la longue, absurde et désolante liste.

Que Mélanie Calvat ne soit toujours pas canonisée est un aveu de faiblesse du Vatican, une fin de non-recevoir de sa part au plus cristallin du surnaturel. Gilles Bouhours ne l’est pas davantage et l’on a du mal à comprendre pourquoi certains autres le sont. Comment l’institution ecclésiale actuelle peut-elle prétendre se porter bien, en ignorant de tels saints et de si précieux messagers ?

Voici l’extrait d’une lettre de l’abbé Rigaux, l’un de ces prêtres qui assistèrent la fin de l'errante vie de Mélanie, en France comme en Italie : « J’ose affirmer devant Dieu qui me jugera bientôt que jamais je n’ai rencontré une âme aussi humble, douce, pure, obéissante, vierge si pure, caractère si fort, victime si résignée dans d’épouvantables épreuves, martyre dans son corps stigmatisé dès l’âge le plus tendre. Témoin de ce prodige renouvellé devant mes yeux, j’ai vu couler le sang de cette privilégiée.  J’ai touché ses mains ensanglantées, ma bonne tante a vu sa couronne d’épines saigner devant elle et je ne m’étonne pas de la lettre du saint évêque d’Altamura m’écrivant ses regrets d’avoir perdu l’angélique bergère. Le 16 avril 1907, il pouvait nous dire : exhumant Mélanie de sa tombe, je l’ai retrouvée fraiche, intacte et souple. Que Dieu pardonne à ses détracteurs. Quel cri d’amour quand ils sauront par Dieu qu’elle a expié pendant 73 ans les fautes du Clergé qui la méconnait. »

Le bras du Christ, ce bras si étincelant, si dense, si juste, si beau, si adorable : à travers Mélanie, c’est bien l’Esprit qui s’adressait à l’Église farouchement pécheresse du dix-neuvième siècle, et, relisant les lettres aux sept églises d’Asie qui ouvrent l’Apocalypse,  je frémis à la pensée de ce qu’il aurait à dire à celle, toujours aussi farouchement pécheresse, du XXIe débutant, dont nous sommes les membres individuellement…

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Mélanie Calvat

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21:11 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mélanie calvat, la salette, vierge marie, christianisme, apparition | | |

samedi, 08 septembre 2018

A un écologiste athée

Un écologiste qui ne mange que les produits issus de la Biocoop ou La Vie claire, qui s’astreint systématiquement au tri sélectif, qui se considère citoyen du monde ou enfant de la terre, qui pense que la liberté n'a pas de prix et que la démocratie est l'aboutissement de la civilisation tout en méprisant souverainement les électeurs de Trump, Poutine, Le Pen, Orban ou Salvani, qui cultive cet entre soi satisfait si propre aux habitants des centre-ville, qui est persuadé de finir plus que centenaire en comptant les pas qu’il fait chaque jour sur une application, en surveillant ses carences en oligo-éléments sur une autre, la qualité de son sommeil sur une troisième et en gérant son IMG comme un portefeuille d’actions, qui trouve enfin chez Matthieu Carrière le sommet de sa vie spirituelle, chez Nicolas Hulot celui de son intelligence, et dans l’individualisme libéral le modèle de toute politique, et qui par ailleurs jamais ne rend grâce au Père, jamais ne porte attention au sacrifice du Fils, jamais ne se tourne vers la beauté de la Vierge, mais considère l'existence de Satan tel un conte pour enfants et se plait à penser qu’il est lui et ses congénères la merveille la plus aboutie de ce pauvre monde; un tel homme se révèle incapable de comprendre qu’il constitue la part la plus subtile, la plus complexe et surtout la plus perverse de l’orgueil qu’il dénonce, et de la raison pour laquelle la planète qu’il veut tant sauver court à sa perte...

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12:22 Publié dans Aventures post-mortem de la langue française | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : écologie, orgueil, satan | | |

samedi, 01 septembre 2018

Du salut de la méduse

Si le Père a décidé que toutes les âmes qui l’accepteraient sans être contraintes mais en usant pleinement de tout leur libre arbitre iraient un jour à sa rencontre, le verraient, l’adoreraient dans toute sa plénitude, et puisque le Fils a enduré ce qu’il a enduré dans ce dessein, alors sa volonté sera évidemment faite un jour, comme nous l’en prions : Il est éternel et il a le temps : tous les hommes qui s’ouvriront à sa grâce, à sa volonté, à son amour, seront donc sauvés.

Cependant, comme la justice veut que chacun paie ses dettes, et la miséricorde que chacun soit sauvé, justice et miséricorde allant de pair puisque toutes deux relèvent du même Dieu elles ne peuvent s’opposer l’une à l’autre, par combien de purgatoires toutes les âmes vont-elles devoir passer ? Cette seule pensée devrait suffire à persuader les plus endurcis, les plus réticents, les plus sauvages des hommes… Si le Père a décidé que toutes les âmes qui l’accepteraient sans être contraintes mais en usant pleinement de tout leur libre arbitre iraient un jour à sa rencontre, le verraient, l’adoreraient dans toute sa plénitude, et puisque le Fils a enduré ce qu’il a enduré dans ce dessein, alors sa volonté sera évidemment faite un jour, comme nous l’en prions. Il est éternel. Il a le temps : tous les hommes qui s’ouvriront à sa grâce, à sa volonté, à son amour, seront donc sauvés.

Cependant, comme la justice veut que chacun paie ses dettes, et la miséricorde que chacun soit sauvé, justice et miséricorde allant de pair puisque toutes deux relèvent du même Dieu elles ne peuvent s’opposer l’une à l’autre : par combien de purgatoires, bien plus rudes que cette terre déjà très hostile, toutes les âmes qui se refusent vont-elles devoir passer ? Cette seule pensée devrait suffire à persuader les plus endurcis, les plus réticents, les plus sauvages des hommes… Cela nous prouve que la raison est insuffisante à convertir et qu'il y faut autre chose : une nécessité d’aimer Dieu et d'être aimé de Lui.

Et cette nécessité, en quel abime chacun va-t-il la puiser ? C'est un peu le mystère que Dieu partage, précisément, avec chacun, et qui fait que ses voies demeurent absolument impénétrables.

rubens - The Head of Medusa. 1617. Oil on wood. 69 x 118 cm. Kunsthistorisches Museum, Vienna, Austria.jpg

Rubens, Tête de Méduse

22:38 Publié dans Aventures post-mortem de la langue française, Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (0) | | |

dimanche, 26 août 2018

Je suis

Cœur ouvert, je me répète,

En tête,

Les prières du Pater

Noster.

 

Dans le silence se nomme

Un homme :

Son Sang s’écoule sur moi,

Qui boit.

 

Le heurt de cette rencontre

Me montre

En quelle agonie je vis

Sans Lui.

 

La grandeur du sacrifice

Du Fils

Accomplit ce que le Père

Espère.

 

Le feu que l’Esprit adore

Me dore,

Tue la nuit puis, au matin,

M’atteint.

 

La colère de Satan

S’entend :

Qu’il craigne pour son empire

Le pire !

 

Dieu Lui-même se proclame

En l’âme :

Je sais que, malgré la nuit,

Je suis.

 

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08:05 Publié dans Là où la paix réside | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pater noster, christ, christianisme | | |