Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mardi, 06 décembre 2016

Cazeneuve : le pire du quinquennat reste à venir.

Cazeneuve aux affaires européennes, ce fut le premier reniement de campagne du Moi président, avec l’acceptation du traité budgétaire européen. C’est lui qui eut la lourde tâche de faire avaler cette première couleuvre aux parlementaires socialistes qui deviendront des « frondeurs ».   Bilan négatif.

Cazeneuve au Budget, remplaçant au pied levé Cahuzac, ce fut les augmentations d’impôts qu’on appela fort justement « matraquage fiscal ».  Ce fut aussi l’enterrement d’une autre promesse de campagne du Moi Président avec la légitimation du trading à haute fréquence. Bilan catastrophique.

Cazeneuve à l’Intérieur, ce fut la mort de Rémi Fraisse, onze attentats islamistes et 250 morts sur le sol, Viry-Châtillon, les manifestations policières dans la rue. Bilan tragique.

Cazeneuve, d’un air sérieux (et, disent certains, rassurant) de croque mort caustique et d’un ton grave (et disent certains, pédagogique, d’instituteur de la troisième République, ne fit jamais que parler en bon frère. C’est cela, semble-t-il, qu’en Hollandie, on appelle « le sens de l’état ».

cazeneuve,hollande,socialisme,gouvernement,france,attentats

La valse maçonnique de Matignon

Cazeneuve Premier Ministre, à présent. Même les mondanités de passation de pouvoir ont l'air surjouées, en papier glacé. Papier glaçant.Dans une France où les courtisans de tous bords s’écharpent pour s’installer à leur tour sur le siège d’un calife exsangue, une France en plein état d’urgence, avec 9 millions de pauvres et 4 millions de chômeurs, le pire reste sans aucun doute à venir. Autour du Moi Président ,qui n’est plus parait-il obsédé, en bon pervers narcissique, que de « l’image qu’il laissera dans l’Histoire » ( 1) ne demeurent que la poignée de fidèles incapables que ce Cazeneuve incarne sous son masque de cire. Les ennemis du pays l'ont dans leur viseur. Le pire reste à venir. Ce n’est pas jouer les Cassandre que le dire. Vous verrez…

 

  • Marieur d‘homosexuels ? Tête de turc de Léonarda ? Vaudevillesque conducteur de scooter ?  Président démissionnaire ? Fossoyeur de son propre camp ... Hollande, c'est l'embarras du choix.

18:08 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cazeneuve, hollande, socialisme, gouvernement, france, attentats | | |

lundi, 05 décembre 2016

Pendant ce temps-là, au Proche Orient

Témoignage de sœur Lika, en Irak, sur la duplicité fondamentale des musulmans face à l'État Islamique et les limites de l'œcuménisme, si cher au pape François et aux pays riches et bien pensants. 


08:23 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : islam, état islamique, christianisme, irak, œcuménisme, pape françois | | |

lundi, 28 novembre 2016

L'éveil

Il faut avoir peu voyagé dans le monde pour demeurer encore dupe de la réalité du climat franco-français. Je n’ai jamais aimé les années électorales, et je suis finalement content qu’un candidat assoie une autorité assez forte dès maintenant dans l’un des camps principaux. Peut-être que, dans ce camp du moins, cela dépassionnera les débats. Mais dans l’autre ?  L’actuel pouvoir en place, on dirait une classe de collégiens qui s’apprête à élire ses délégués. C’est d’une stérilité affligeante. Je me demande vraiment comment les gens peuvent tolérer qu’un président évalué à 9 % s’accroche avec une obstination aussi pathétique à sa légitimité perdue. Fillon s’est rendu célèbre en insinuant qu’on imagine mal le général de Gaulle mis en examen. Mais imagine-t-on le général de Gaulle songer à une réélection dans une situation aussi grotesque que celle dans lequel ce pauvre type de Hollande s’est mis ?   C’est simple, Fillon, « ce mister Nobody », n’a qu’à fixer une caméra en gardant le silence pour « faire » déjà plus président que lui.  Sous ce quinquennat, la vie culturelle et intellectuelle se sera bornée à de la politique, ou du moins à ce qui en tient lieu, de la politicaillerie. On se sera fait des procès pour des mots, on aura parlé de valeurs en s’enfonçant de jour en jour dans une cacophonie de plus en plus insistante, en enculant véritablement les mouches qui passaient par là.  La sacrosainte démocratie…

La crise économique, pendant ce temps, l’Islam, pendant ce temps, le réchauffement climatique, pendant ce temps, la disparition de la faune et de la flore pendant ce temps, les risques de conflits nucléaires pendant ce temps, auront continué de demeurer des problèmes planétaires envahissants, autrement plus importants que le maintien ou non des 35 heures ou les postes de 500 000 fonctionnaires, dont on n’a sans doute pas fini d‘entendre parler çà et là dans l’hexagone. La France redeviendra-t-elle un « grand pays » ?  Je n’en sais rien. Qu’est-ce qu’un grand pays ?  Je n’en sais rien. Ce que je sais, en tout cas, c’est qu’un grand pays a besoin de grands intellectuels au moins autant que de grands politiques, et que la culture de masse s’est révélée incapable de laisser émerger l’un comme l’autre, comme s’il fallait se résoudre aussi à l’extinction de ces espèces, parmi les coraux et les abeilles. Comme si le triomphe de la culture sur la nature devait finalement produire l’extinction conjointe des deux. Au sein de cette double extinction, je pressens dans un silence assourdissant, dans une absence dense d‘existence, que se trame une venue, une révélation, et que jamais les hommes n’auront eu tant besoin de l’éveil. Jamais, non plus, on aura déployé tant d‘efforts pour le leur ôter  .

21:30 | Lien permanent | Commentaires (1) | | |

lundi, 14 novembre 2016

Commémorations

Sottise de ces dirigeants qui croient en l’Islam de France. Et pourquoi pas l’Islam de Norvège ? L’Islam de Californie ?  Du Lichtenstein ? L’islam n’est pas seulement ponctuellement satanique lorsqu’il tue des gens, mais il l’est universellement, en son essence même, parce qu’il nie et la Trinité sans quoi le pardon absolu est impossible, et qu’il foule du pied la Divinité du Christ sans le sacrifice duquel il n’est pas de liberté possible ni de charité véritable. La petite force de l’Islam, c’est qu’il avance masqué derrière une théologie de contrefaçon. Sa grande force, c’est que les « humanistes européens » ces aveugles qui nous guident, professent de ne plus croire en Satan, alors qu’ils en sont volontairement ou non les plus zélés serviteurs, et qu’ils lui ouvrent ainsi tout grand les portes en se donnant l’illusion de prêcher la tolérance.

Inutile, donc, de se leurrer : le combat politique contre l’Islam n’étant que de façade, ça ne s’arrangera pas. Qui peut croire, comme ils feignent de le croire, que la laïcité, cette auberge espagnole ouverte à tous les vents, vaincra la folie rétrograde intrinsèque à l’Islam ? Qui peut croire que le credo libéral-libertaire, qui donne de fait à tous le même droit de cité, saura hiérarchiser les priorités et dissiper les illusions ?   L’espoir de vivre en paix est une ruse de Satan quand il n’est fondé que sur des vœux pieux, et ce sont des vœux pieux que de croire à la bonté de l’homme au nom de spéculations philosophico-politiciennes. Il ne sert donc à rien d‘allumer des bougies sur les trottoirs et de se taire quelques minutes, abusés par de faux rites de fraternité, et perdus dans les méandres des symboles et les vanités des incantations comme dans les rues et sur les places de la République. A rien.  Si nous ne sacrifions pas à la seule paix qui soit, celle du Père, cet espoir naïf nous conduira collectivement au désastre.

L’intelligence est le lieu du péché, Satan le sait mieux que quiconque.  Lui qu’aucune chair n’encombre, il a tout loisir, jour et nuit, d‘être en esprit plus rapide que le plus malin de nous tous. J’ai beau être très bête, néanmoins, fort stupide face à lui, d‘une idiotie que je n’imagine même pas du fond de ma soumission au péché [car ce dernier demeure, à l’image de l’Islam, une soumission], je sais par le Christ notre Seigneur, et je le vis par ma prière, qu’il est un lieu où Satan ne peut se rendre et où je le puis moi, à sa grande fureur. Un lieu où j’ai tout loisir d‘être plus intelligent que lui. Je tiens là mon salut, rien de moins, du fait que le Christ aime avec plus de force que Satan ne hait. Non, cela ne sert à rien de s’assembler en cortèges émus par les rues et les places de la République, où brillent tant de ses artifices et résonnent tant de ses appels. Mais c’est , au pied de la Croix, c’est à dire dans la conscience sacrée que j’ai de la douleur du Christ, qu’il faut prier pour ces morts du Bataclan, pour tous les morts et pour tous les pécheurs. Là, le silence est épais, la paix dense, la consolation certaine et l’intelligence féconde. Ce lieu au-delà de la nuée bleue, que le Christ a racheté, le Prince de la contrefaçon s’en est interdit stupidement l’accès. Sa toute-puissance sur notre espèce et sur notre infirmité individuelle a beau être grande, elle s’estompe et part en fumée dès que nous prions à partir de cet endroit. Ce n’est donc pas dans la conscience que nous avons de leur mort ou de notre mort à venir, et de toutes nos chères douleurs, que nous devons nous adresser à Dieu, mais dans la conscience que nous avons de Sa  Douleur à Lui.  Tout l’enseignement du Christ réside là, et c’est par là qu’il est Fils, quand  tous les autres ne sont que lointains adorateurs. 

 

bataclan,paris,attentats,islam,politique,christianisme,Christ,satan,croix,religion,france,

 Christ, Santa Prassede, ROME

07:38 Publié dans La table de Claude | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bataclan, paris, attentats, islam, politique, christianisme, christ, satan, croix, religion, france | | |

samedi, 12 novembre 2016

De Niro à Ferrazzano, Sting au Bataclan

Robert de Niro est déprimé. Celui qu'il avait traité d'idiot, de roquet, d'artiste de merde, d'escroc et de porc et à qui il voulait flanquer son poing dans la figure est devenu entre temps président des États Unis.  Plutôt que de s'interroger sur son absence de flair politique, De Niro déprime.Pas de quoi déprimer, à moins de craindre les représailles. Dans un formidable geste de résistance  (à quoi ? Trump n'est toujours pas rentré en fonction et n'a pas pris encore une seule décision ?) il invite les quelques milliers de manifestants à poursuivre leur rassemblement not my président à New York . Sans se mêler à eux, bien entendu. Le film qu'il présente s'appelle The Comedian, quelle ironie du sort. 

La gauche caviar ne comprend pas que ses électeurs puissent lui préférer la droite arrogante. C'est comme ça. La gauche caviar croit dorénavant non plus avoir le monopole du cœur (comme du temps de Giscard) mais, ce qui est pire, le monopole de la culture. Ne riez pas : de la culture... Cela fait de ses représentants des Philaminte et des Trissotin du plus haut comique, quand on voit ce que, en terme de culture,la gauche a à proposer. Emile Zola plutôt que Bernanos ou Léon Bloy, Boris Vian et Simone de Beauvoir plutôt que Bossuet et Charles Péguy... mais je devrais dire dorénavant Laurent Ruquier plutôt que Finkielkraut car on n'arrête plus le progrès ... Quelle misère !

Bref, de Niro est malheureux, pauvre chou. Il songe à quitter les Etats Unis tant l'idée de passer un mandat sous Trump semble lui être insupportable. J'espère que tout Hollywood ne va pas débarquer chez nous. Les réfugiés artistiques, en quelque sorte, les exilés intellectuels. Quel bel acte de résistance face au nouveau pouvoir que la fuite, et quel mépris pour ceux qu'il appelle à manifester et qui n'auront pas, eux, le moyen de changer de vie du jour au lendemain en prenant leur billet pour des terres non fascistes .«Si, après la déception (de l'élection) de Trump, il veut venir se réfugier ici, il est le bienvenu», a déclaré le maire de Ferrazzano, Antonio Cerio. Ferrazzano est la ville de naissance de l'héroïque de Niro. J'ai cru comprendre que Ferrazzano se trouve dans une région centrale en Italie, où les tremblements de terre ne se bornent pas à des postures médiatiques. A Paris, pendant ce temps là, le milliardaire Sting, adepte du tantrisme et de la méditation transcendantale, lutte courageusement contre l'Islam radical en chantant au Bataclan. Il y ramène la vie, nous dit-on, rien de moins... Il n'y a pas à dire, nos stars sont courageuses et nous aussi. The show must go on, tel est leur Évangile à tous. 

Ceux qui aiment l'occident décadent peuvent dormir tranquille, ils ont encore de longues soirées devant eux à refaire ce monde qui s'enfonce inexorablement dans sa nuit. A travers ses artistes et ses politiques, cette société malade et dépourvue de toute vision extérieure à elle-même  ne survit que par la reconduction incessante de son propre auto-sacramental. Les contraires qui composent cette société ne s'affrontent plus, ils s'annihilent mutuellement. De leur dialectique ne surgit plus aucune énergie, mais de la répétition mortifère. Les échanges d'opinion policées ne sont plus des débats. Voyez cette France morte de trouille, prête à ouvrir les cuisses devant un Juppé sur le retour comme à un aigle salvateur. Cette société ne sera donc victime que d'elle-même. Au terme de son propre essoufflement, elle crèvera comme un chien malade. Non, les politiques qui la confortent, les artistes qui la glorifient, ne méritent pas notre respect. Ils ne méritent pas non plus notre haine. Mais le mépris est aussi un droit de l'homme. A leur insu, la gauche caviar et la droite arrogante rendent aux pauvres qui les regardent s'enfoncer toutes deux dans la mort cette conscience de classe, laquelle demeure seule garante de leur identité. On appelle cette profonde duperie démocratie. Gardons comme un bien précieux le droit ultime d'en rire. Et Dieu reconnaîtra ou non les siens. 

 

 sting,bataclan,ferrazzano,robert de niro,the comeian,trump,not my président,amérique,juppé,laurent ruquier,france,culture

mercredi, 09 novembre 2016

Trump président.

Incroyable de voir ces « démocrates » américains traiter les électeurs de Trump de racistes non diplômés, de petits blancs idiots, l’air enfariné, comme s’ils détenaient EUX SEULS la vérité, la bonté, l’esprit, le cœur, l'intelligence. Ne parlons pas de ces idiots de  journalistes français, la mine défaite, stupéfaits de voir les sondages une fois de plus déjugés, comme si cette élection les touchait eux directement, comme si Hillary devait être  leur présidente, comme si « un tremblement de terre » (dixit l’un d’entre eux) était prêt à les engloutir. Ils devraient tous se réjouir.  Le monde vient de passer à côté du risque de guerre nucléaire le plus avéré depuis longtemps. Bonne nouvelle pour la France et l’Europe, donc .Bonne nouvelle pour l’Europe elle-même, dont la Russie, contre laquelle la mère Ubu se dressait vindicative, fait partie. Tout cela devrait faire réfléchir les Hollande, Juppé, Macron et autres connaisseurs du peuple. Ils ne sont pas le monde et c'est parfait ainsi. Merci et bravo Trump.

president trump.jpg

 

 

06:11 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : amérique, états-unis, trump, président, poutine, europe, russie, france, démocratie | | |

mardi, 01 novembre 2016

Tous les saints

L’une des raisons principales arguées par les gens qui ne croient pas en Dieu est celle-ci : le Mal. Si Dieu a créé le monde, entend-ton, pourquoi a-t-il créé le Mal ? Comment tolère-t-il la mort des innocents ? Dieu et la Shoah, entend-on ailleurs, ne peuvent exister dans le même monde. Je confesse avoir été sensible à ces arguments à une époque. Cela ne m’a pas fait douter de l’existence de Dieu, mais de sa nature telle que le judéo-christianisme me paraissait la poser à travers toute l’histoire sainte et profane. J’ai chopé à l’époque le mal Renan. Un tel doute m’a projeté pour de longues années dans une ronde assez infernale autour de cette question du mal, qui a duré pas mal de temps : cette ronde consiste à chercher un dieu dont la nature propre serait non pas à sa convenance, mais à la mienne ! Puisque le mal existe et qu’il est indéniable, cherchons un dieu qui ne serait pas omniscient ni omnipotent et qui serait donc a priori  sans rapport avec lui. Bref, un dieu ont l’innocence présumée serait à l’image de l’innocence présumée de sa créature. L’athéisme dogmatique de l’homme machine à la française me paraissant contraire à ma conviction la plus profonde et l'Eglise me semblant se noyer en pleine déconfiture, je me tournais alors du côté de la sagesse orientale au sein de laquelle il est écrit que tout ce qui n’est pas divin relève en bonne part de l’illusion. Ce concept est fort pratique pour créer un dieu à sa convenance, puisque le curseur entre illusion et réalité, chacun peut au fond le positionner à l’endroit où son degré de compréhension le souhaite. Pour ma part, je rejetais le mal du côté de l’illusion, m’enlisant auprès d ‘autres dans une rêverie rousseauiste, mi christique, mi bouddhiste, à la recherche d’un syncrétisme qui fût à la fois humaniste et religieux, et qui échappât aux difficultés posées par l’Histoire, bref, qui fût en un mot à la portée de ma petite personne et de sa compréhension limitée des phénomènes.  J’étais, ce faisant, à l’avant-garde de mon temps, de  son humanisme droit-de-l’hommiste parfaitement décadent et de son libéralisme féru de new-age et de développement personnel.  Dieu n’ayant pu créer le mal, me disais-je, l’emprise du mal sur le monde est forcément irréelle, il suffit donc d ‘ignorer cette emprise voire de relativiser son existence et, par la méditation et un mode de vie conforme à une certaine idée que je me faisais de la nature, je serai sanctifié en rejoignant ce dieu idéalisé en un lieu de la conscience où il doit résider, à l’écart du mensonge, bien protégé dans une zone de ma vérité.

Je me souviens même avoir dit et soutenu à l’époque que le Christ avait échoué en sa mission qui était de pacifier le monde, et que la meilleure preuve en était la Croix sur laquelle il était mort. Le Christ n’était plus qu’un homme qui avait échoué, et Dieu redevenait ce Dieu unitaire auquel rêvent les musulmans. Du pur Renan, ma foi. Le mal, je me noyais, infortuné, en plein dedans, et il ne tarda pas à se manifester rudement dans ma vie.

Tous les saints, en fait, ont accepté la réalité du mal. La conscience moderne, qui a inventé le mot « inhumain » pour caractériser le mal (comme si ce dernier n’était pas humain, avant tout humain) continue dans la voie de son rousseauisme étroit de croire en la bonté de l’homme démocratique et d’utiliser l’argument du Mal pour nier Dieu. Dieu a-t-il créé le mal ? Je ne me lancerai pas dans de telles arguties théologiques, en tout cas il est manifeste qu’Il le tolère dans l’histoire des hommes comme il a toléré mon erreur durant longtemps au sein de mon histoire individuelle.  Tous les saints qui ont aimé Dieu plus que tout ont dû admettre cette vérité devant laquelle le monde post moderne regimbe : Dieu n’a pas créé le mal, mais il le tolère parce que le mal est le fruit de l’homme et que s’il tolère l’homme, il lui faut tolérer son péché. Ce qui ne signifie évidemment pas l’admettre. Tout mon mal fut, durant des années, de nier tout simplement mon péché en me proclamant innocent du mal des autres. Nous avons tous le moyen de trouver dans nos vies des excuses pour nous dédouaner du péché à la fois originel et collectif qui nous ronge.  Selon un rapport établi par WWF et dévoilé le 27 octobre, par exemple, la sixième extinction de masse (dite de l’Holocène) a débuté sur terre et depuis les années 1970, les espèces pourraient avoir perdu 67% de leurs effectifs d'ici à 2020. Je peux toujours, étincelant yogi, m’assoupir en méditation sur mon tapis et me dédouaner de ce désastre (parmi d’autres) dont la reluisante espèce humaine est responsable. Vous, moi, nous tous. De brillants esprits (toujours les mêmes) nient l’âpre phénomène. Il se trouve que ce sont les animaux vivant en eau douce qui subissent le plus l'impact calamiteux de l'activité humaine. Or je me souviens pour ma part du sentiment très vif que j’ai eu vers l’âge de huit ans lorsque je découvris l’Azergues, rivière dans laquelle j’allais pêcher et me baigner chaque été et avec laquelle je vivais comme en osmose, draguée, polluée, ravagée, tuée en quelques saisons. L’enfant que j’étais songea alors que si les hommes étaient capables de faire subir cela à une rivière au nom de leurs prétendus intérêts, ils seraient capables de le faire subir à la totalité de la Terre : est-ce un hasard si, en parallèle, le nombre d’appareils électroménagers, d’ordinateurs, de portables, et de gadgets high-techs utilisé par des milliards d’innocents aussi urbanisés qu’autocentrés n’aura cessé de croitre ? Il semble ainsi que l’activité principale des hommes et des femmes de ma génération ait donc été de remplacer la vie animale par la vie technologique. Pas de quoi être fier, vraiment. La société du spectacle bat son plein, tandis qu’un être immense se trouve amputé de plus de la moitié de lui-même pour le confort de milliards de bipèdes ravis d ‘être soi. Le progrès, disent-ils. Le mal, pourrait-on leur répondre. Le péché, ne leur en déplaise.

Entendons-nous bien : je ne confonds pas cet Être immense qu’on pourrait appeler la nature ou la Création, ou encore l’écosystème, avec Dieu Lui-même. Je constate simplement que la charité du Père à notre égard ne tient guère à notre valeur, mais à la dimension du sacrifice du Fils. Et à la vertu du Saint Esprit.  En ce sens, la justification de l’homme moderne qui ne comprend plus la notion de sacrifice, si abusé qu’il se trouve par celle d’échange entre égaux, devrait passer plus que jamais par la Trinité, comme tous les saints l’ont de siècle en siècle affirmé. Est-ce pour cette raison que tant de gens s’ingénient à faire de l’Islam qui nie cette dernière une alternative crédible au christianisme, après avoir de même tant porté aux pinacles les fausses religions du new-age, qui faisaient de même ?  La Trinité, qui instaure ce rapport direct et aimant au Père a décidément beaucoup d’ennemis, qui tous se demandent pourquoi, si Dieu a créé le monde il créa aussi le Mal… Le Mal réside en fait dans la question, c’est même l’une des racines les plus prolifiques. Tous les saints ont lutté contre le Mal, et tous l’ont également subi, pour la plupart dans leur chair. Cela continue à présent, et cela semble inscrit, que cela nous plaise ou non, dans le projet historique de Dieu. Devant la persistance du Mal, garder une foi vive ne peut pas, ne doit pas être un acte raisonnable, même si bien des raisons pourraient rendre compte d’une telle nécessité pour nous tous. Il doit s’agir avant tout d’un acte surnaturel. Et donc d’un acte du Saint Esprit. Cela suffit-il à comprendre pourquoi le Mal existe ? Sans doute non. Mais au moins, faute d'avoir les moyens de le vaincre, de trouver ceux de le tenir à distance. Ce qui est déjà en vérité beaucoup.

15:43 Publié dans Là où la paix réside | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : toussaint, christianisme, mal | | |

jeudi, 27 octobre 2016

De l'honneur des prêtres en Croix-Rousse

Le temps médiatique dans lequel on nous laisse mijoter passe, emportant avec lui l'attention des peuples, de plus en plus disséminée. Aux affaires s'enchaînent les attentats, aux scandales les élections. Il arrive que la machine médiatique broie non seulement l'attention des peuples, mais aussi l'honneur des gens. Ce fut le cas d'un prêtre croix-roussien, Jérome Billioud, accusé de pédophilie puis innocenté. Je publie aujourd'hui ce texte de mon ami Xavier Charpe, auquel je souscris entièrement, qui relate pour ceux qui n'ont pas suivi le dossier le déroulement des événements, et s'adresse, par delà les paroissiens et les chrétiens de la Croix-Rousse, à tous les hommes de bonne volonté 

Ignoble ! Tel est le qualificatif qui convient à l’attaque dont  notre ancien curé de la Croix Rousse a été victime. Attaque infamante, de la plus extrême gravité, puisqu’il a été accusé d’être un prêtre pédophile[1].

Attaque  bien lâche au demeurant, puisque avec la complicité de la journaliste l’accusateur masquait son identité sous un pseudo. De l’autre côté, le nom de notre ancien curé et son identité était étalés en toutes lettres. A soi seul, cette dissymétrie jette la suspicion sur l’accusateur et ses allégations. Comment peut-on accuser un curé d’être un prêtre pédophile sans preuve mais plus encore quand l’accusation est mensongère  et la manoeuvre  perverse ?

L’article était visiblement malveillant ; les termes de l’accusation si invraisemblables que j’ai cru devoir mener  une enquête serrée. Vous comprendrez que cela ait pris du temps. J’ai maintenant la preuve que l’accusateur est un menteur et un manipulateur ;  il a été le premier à qui j’ai écrit pour le lui dire. Si je l’accuse d’avoir porté publiquement une accusation mensongère, c’est que j’en ai la preuve. Je l’attends paisiblement s’il avait l’intention que l’explication entre nous se fasse devant un tribunal.

Quand une accusation est aussi grave, celle d’avoir commis des actes de pédophilie, surtout s’il s’agit d’un curé ou d’un éducateur, il est  essentiel de savoir si l’accusation est véridique ou si elle est mensongère. Dans le premier cas il faut sans délai et avec fermeté écarter le prédateur de tout contact avec les enfants. Ce que précisément le cardinal  n’a pas fait dans le cas de l’abbé Preynat. Mais à l’inverse, si l’accusation est mensongère, le curé doit être  défendu avec vigueur.

L’accusation a été publique ; elle doit être lavée publiquement. Cela n’a été fait ni par le diocèse ni par les responsables de notre paroisse. Cette inertie est indigne, d’un simple point de vue humain; elle l’est plus encore de la part de responsables de notre Eglise : si on se prétend chrétien, on ne pactise pas avec l’injustice ; ne venez pas me parler ensuite de charité ou de communion, si un évêque ne prend pas la défense d’un curé injustement accusé et trainé dans la boue ; cela vaut dans une moindre mesure pour ceux qui sont ses frères dans le ministère pastoral.

Comprenez : le seul point d’accord que j’ai avec le diocèse c’est qu’ils ont reconnu (du bout des lèvres) que notre curé n’est pas un pédophile. Autrement dit, notre curé a été diffamé publiquement ; pas seulement lui : le cardinal également.  En effet, le cardinal  est accusé par ricochet d’avoir protégé ce prêtre prétendument pédophile ; plainte  a donc été déposée contre le cardinal pour « non  dénonciation de crime » et « mise en danger de la vie d’autrui ». Le cardinal  avait tous les moyens de porter plainte pour diffamation et par la même de défendre notre curé et son frère ; de défendre du même coup notre Eglise, dont vous vous doutez bien qu’elle est l’objet d’une attaque en cette affaire. Comment a-t-il pu rester  amorphe et les bras ballants, sans réaction ? Il a même osé dire à notre curé : « Pourquoi Charpe n’attaque-t-il pas lui-même ? » Ce n’est pas moi qui  suis diffamé ! Ne l’étant pas,  je ne suis pas habilité à porter plainte.

La première chose à faire de la part du diocèse, et à son défaut par notre nouveau curé, était de dévoiler publiquement l’identité de l’accusateur particulièrement lâche qui se cachait sous un pseudo ; il s’agit de monsieur Pierre-Henry Brandet, un journaliste qui a mené une brillante carrière et qui se retrouve porte-parole du Ministre de l’Intérieur et des Cultes, membre du Cabinet de monsieur Cazeneuve ; déjà sous monsieur Manuel Valls à ce poste[2].  Si cet anonymat avait été dénoncé publiquement, chacun aurait aussitôt pressenti que nous étions devant une cabale politique menée contre le cardinal  et contre les positions de certains responsables de notre Eglise sur les questions de sexualité et de morale sexuelle. Ce n'est pas par hasard si la charge s’est concentrée sur l’Eglise de Lyon, précisément en raison des prises de positions parfois sans nuances prises par le cardinal et  en raison de son goût prononcé pour la médiatisation[3]. Ce monsieur Brandet est un homme de pouvoir ; il fait partie du cercle rapproché du ministre, un poste politique ; il a en charge la communication du ministère. D’où l’omerta généralisée protégeant ce monsieur ; aucun journal, même pas le journal La Croix, n’a eu le courage de dévoiler son identité et sa position de pouvoir. Qui peut d’ailleurs imaginer qu’à son poste il ait pu porter une telle accusation contre le cardinal sans prévenir sa hiérarchie ? Notre curé  n’est que l’instrument de cette machination, ce que j’appelle « l’affaire Brandet-Barbarin ».

Loin de défendre avec courage notre curé injustement accusé, le diocèse a tenu des propos parfaitement ambigus, laissant planer le doute sur sa culpabilité ; pliant aux exigences de l’accusateur qui avait demandé qu’il soit écarté du ministère pastoral, le diocèse l’a écarté de la paroisse de l’Immaculée  Conception. Chacun a compris  entre les lignes qu’il faisait partie du groupe des quatre « pestiférés » ; entre les lignes certes, mais Le Figaro s’est chargé d’expliciter la chose… Dans ses déclarations au Figaro, l’accusateur présentait le cardinal comme une sorte de caution de ses accusations. Belle manipulation ! Aucune réaction de la part du cardinal ; et les dirigeants du diocèse n’arrivent pas à comprendre que le fait de ne point défendre notre curé et de le mettre « sur la touche » était « de facto »  comme une caution apportée à l’accusation.

Sur la paroisse l’ambigüité de certains a été similaire. Nous avons entendu des « il n’y a pas de fumée sans feu » ; le refrain  était « laissons la justice se prononcer » ce qui justifiait la passivité ; en effet les motifs de l’accusations sont si ridicules au regard du droit que l’affaire sera classée sans suite ; la  justice ne sera pas rendue ; l’inculture juridique  peut servir d’excuse à ceux qui tiennent cette position ; pire certains  colportent les pires ragots, ignorant les règles élémentaires  de la vie chrétienne qui condamne la « médisance » et la « calomnie ». Devant la gravité  de l’accusation portée la moindre des choses si l’on se prétend responsable c’est de chercher à faire émerger la vérité. Ce n’était pas à moi de chercher à savoir ce qu’il y avait  au juste dans le dossier de l’accusation initiée devant la justice en 2009 et ressortie juste à propos en 2016 pour les besoins de la cabale politique. Rester inerte en cette affaire, c’était se faire le complice de l’injustice. On tend une oreille  complaisante à l’accusation et on ne sait pas ce que le dossier contient au juste ; on juge sans connaissance de cause ; on condamne sans preuve et dans l’ignorance des faits. J’accorde que ces attitudes  regrettables sont induites par le comportement même du diocèse.

Heureusement des paroissiens ont réagi. Les témoignages en faveur de notre curé ont afflué. Une lettre collective de soutien en sa faveur a été signée par quelques 135 paroissiens, amis ou collègues de notre curé[4]. En sus des témoignages individuels. Ces fidèles parlaient d’expérience, pour avoir éprouvé la qualité avec laquelle notre curé avait exercé  son ministère pastoral. Leur « sensus fidei » ne les trompait pas ; leur jugement était sûr et droit, visiblement davantage que celui de certains clercs[5].

Les échanges  avec le cardinal et avec  les responsables  du diocèse sont particulièrement rudes. J’ai été dans l’obligation de rappeler au cardinal et au diocèse les  nombreuses fautes qu’ils ont commises en cette affaire. Je leur ai demandé de rétablir publiquement la vérité et la justice  par rapport à l’injustice  commise ; en pure perte. J’en suis arrivé à la conviction qu’ils n’avaient jamais mené l’enquête indispensable pour savoir si l’accusation était fondée ou non. On a fini par m’avouer  qu’ils n’ont en effet jamais eu accès au dossier d’instruction de la plainte  déposée en 2009 et instruite en 2010, instruction qui a  conduit à classer la plainte sans suite. Ce qui veut dire qu’ils ont laissé accuser notre curé sans  avoir la connaissance du dossier, en accordant crédit à un accusateur de mensonge et en s’en tenant à des ragots. La présomption d’innocence et l’obligation de récuser les accusations diffamatoires, ils ne semblent pas  connaitre.

J’ai demandé à rencontrer le cardinal ; « il n’avait pas le temps de me recevoir… » ; j’ai eu droit à  cinq minutes d’entretien, dans une sorte d’audience publique, un vendredi soir, entre deux piliers de la cathédrale Saint Jean, debout appuyé sur ma canne. J’ai été stupéfait de l’entendre me dire qu’il tenait le témoignage de l’accusateur pour véridique et que c’était notre curé qui était le menteur. Ahurissant et scandaleux ; une double erreur de jugement. Tout d’abord sur l’accusateur ; le cardinal  n’a pas saisi que l’accusateur  était un manipulateur. Certes ce n’est pas très agréable  pour notre cardinal  de devoir avouer qu’il a  été naïf et s’était fait manipuler ; bref d’avoir commis une erreur de jugement. Dieu sait que la ficelle était grosse : le porte-parole  du Ministre de l’Intérieur et des Cultes ; il n’a rien vu venir ! Et bien entendu sans s’être donné la peine de savoir ce qu’il y avait dans le dossier instruit par la justice en 2010. Mais l’autre erreur de jugement est à propos de notre curé; il faut croire que le cardinal ne le connait pas, qu’il n’a jamais  parlé d’homme à homme et de frère à frère avec « son curé » ; il fait confiance à un accusateur pervers qui ment et il se méfie de son collaborateur dans le ministère. Il échange des mails avec l’accusateur sans même prévenir  notre curé, puis va diner avec lui au restaurant Le train bleu  à la Gare de Lyon ; ce n’est qu’au tout dernier moment qu’il avertit le curé de ce « repas d’affaires ». Quel manque de fraternité. Et comment se tromper à ce point sur Jérôme ; il est tout le contraire du profil de l’abbé Preynat ; allez lire le portrait qu’en dresse madame Isabelle de Gaulmyn dans son livre sur l’omerta ; des amis m’avaient délivré la même description du personnage : autoritaire, imbu de sa personne, se prenant pour un « père », un homme de pouvoir qui se prétendait  au-dessus de ses paroissiens ; ah, je vous accorde des grands talents d’organisateur qui faisaient l’admiration de ses supérieurs.. Jérôme est un doux, rien d’un autoritaire ; un pasteur amical, joyeux et fraternel et plein d’empathie[6] ; l’avez-vous entendu une seule fois nous prêcher et se situer par rapport à nous comme nous étant supérieur ? Bordélique au possible je vous l’accorde ; rien d’un violent en tout cas. Comment le cardinal  a-t-il pu se tromper à ce  point sur « son » curé.

Et comment  l’accusateur a-t-il pu porter son accusation de pédophilie, alors qu’il sait qu’il n’en est rien ? Passons encore sur le caractère invraisemblable de son récit (à certains moments c’est abracadabrantesque ; je n’ose vous raconter… tellement c’est grotesque) ; passons sur le fait que dans l’article du Figaro il ment sur son âge en se rajeunissant ; passons sur le fait que sur l’un des points  qu’il évoque son témoignage est contredit par un tiers témoin ; passons encore sur le fait  qu’il accuse sans preuve ; l’essentiel n’est pas là : il n’y a rien dans le dossier qui justifie l’accusation de pédophilie. Au juste, dans sa propre déposition il ne parle que d’une simple « avance », sans que l’on sache au juste qui aurait fait l’avance. Il prétend avoir été traumatisé, mais il revient trois ans après ; s’il a été  traumatisé pourquoi serait-il revenu une seconde fois ? Et au vu de sa belle carrière comment croire qu’il aurait été traumatisé ? Le grand gaillard de 17 ans révolus, devenu journaliste sportif,  officier de réserve de pompier et de gendarmerie, occupant un poste de pouvoir au ministère de l’Intérieur, comment peut-il se faire passer pour un jeune enfant du genre des enfants de chœur et des jeunes scouts de l’abbé Preynat ? « Une avance », le mot de monsieur Brandet  dans sa déposition de 2010, me parait probablement juste, en tout cas plausible et correspond au reste du dossier; dans quel sens s’est fait l’avance, je ne sais ; je n’y étais pas ; en tout cas des deux côtés rien de violent ; je crois à une imprudence réciproque du jeune curé d’alors et du jeune homme, à coup sûr un grand gaillard. C’était sympathique d’accueillir ce garçon qui ne savait pas où loger ce soir-là, mais dans ce cas-là il faut se montrer prudent ; des deux côtés ; à 17 ans on dort sur la moquette ou sur le parquet; en tout cas, cette affaire  est un « pas grand-chose » et ne mérite pas que l’on en fasse tout un plat, 26 ans après. Avec du recul, je ne suis pas certain que nos séminaristes  soient toujours bien formés et instruits dans ces domaines. Puisqu’on leur impose de manière bien imprudente le célibat, alors que celui-ci doit s’exercer normalement dans le cadre d’une vie religieuse communautaire[7] , mieux vaudrait les  bien avertir…

Pour l’heure la situation est bloquée. Le diocèse comme les responsables de notre paroisse se refusent à dévoiler publiquement l’identité de l’accusateur et à dénoncer la manipulation, comme la cabale politique.  Le diocèse a mis sur la touche le curé injustement accusé ; à croire que le diocèse regorge  de pasteurs de sa qualité. Refus de reconnaitre  publiquement qu’ils ont jugé et sanctionné sans preuve, sur le témoignage d’un seul, pire sur le témoignage d’un menteur. Là-dessus tout ce dont nous pouvons témoigner est tenu pour quantité négligeable : ils sont les clercs ; nous sommes les moutons qui devons obéir docilement et n’avons pas voix au chapitre. Tout cela est inacceptable et difficilement compréhensible.

Sauf que le cardinal est sur la sellette dans l’affaire de l’abbé Preynat, le pédophile notoire et  récidiviste.  Si  le cardinal a été « absous », au strict  plan juridique,  par le Procureur de Lyon[8], il n’en est pas  pour  autant indemne de tout reproche sur le fond. Il a affirmé publiquement à deux reprises qu’il n’avait été  tenu informé sur les pratiques de l’abbé Preybat qu’à partir de 2007-2008, par les soins de madame de Gaulmyn. Or celle-ci affirme qu’elle l’a alerté  dès 2004 ; il est même possible que le cardinal ait été averti déjà dès 2002, tant la rumeur courrait de tous côtés sur Lyon. Et il ne pouvait ignorer la gravité et la nature des actes de pédophilie, puisque l’épiscopat français avait été  alerté de manière très circonstanciée sur ces questions dès  l’année 2000, lors de l’assemblée plénière de l’épiscopat ; il y participait en tant qu’évêque de Moulins. Il a donc commis une grave imprudence en renommant l’abbé Preynat comme curé, et même comme doyen, le remettant ainsi au contact d’enfants, organisant comme par le passé des camps et colonies de vacances. Le cardinal étant sur la défensive, il pense d’abord à défendre sa réputation, quitte à se montrer  particulièrement sévère sur des  fautes bien moins graves commises par tel ou tel des prêtres de son diocèse : bref, ce que l’on peut appeler la « purification sur les autres », comme pour se disculper soi-même. Il serait temps que le diocèse  se ressaisisse et rectifie sa position.  Pouvons-nous espérer qu’il en soit ainsi ?

Dans l’attente, c’est à nous de réagir. Il faut que de la manière la  plus large possible  nous fassions connaitre l’identité du diffamateur et qu’il s’agit d’un homme  qui détient un poste clé  auprès du Ministre de l’Intérieur et des Cultes.  J’ai pris les devants en accusant directement Pierre-Henry Brandet d’avoir porté  une accusation mensongère et d’être un manipulateur ; même pas le courage d’accuser à visage découvert.  Je prends la responsabilité de l’accusation que je porte contre lui. Chacun doit savoir dans notre paroisse que notre ancien curé n’a rien d’un pédophile et que l’accusation était diffamatoire et abjecte. Sur notre paroisse les colporteurs de ragots doivent se taire et je demande à notre nouveau curé de s’employer pour que cela soit. Puisque les responsables de notre diocèse se refusent à défendre notre curé, c’est à nous de le faire. Les lâchetés de quelques-uns ne nous autorisent pas, pour ce qui est de nous,  à manquer de courage et à ne pas assumer notre responsabilité propre.

Xavier Charpe                                                                                   

 

saint-denis,croix-rousse,jerôme billioud,lyon,abbé preynat,pédophilie,cardinal barbarin,Pierre-Henry Brandet,cazeneuve,figaro,Isabelle de Gaulmyn,xavier charpe,la parole libérée,france,société,politique,justice,

Auguste Perrodin, Christ en majesté, coupole du chœur de Saint-Denis, Croix-Rousse, 1878

 NOTES :

[1] Dans un article du journal Le Figaro, en date du 15  mars, reproduit  quelques 1200 fois par  presque tous les médias.

[2]  Comme par hasard, à peine l’attaque  portée dans l’article du  Figaro, le Premier Ministre a appelé le cardinal « à prendre ses responsabilités », ce qui en langage politique codé veut dire à  démissionner.  Étrange manière de respecter la séparation de l’Eglise et de l’Etat.

[3] On pouvait prendre position contre certains aspects de la loi Taubira ouvrant le mariage à des couples homosexuels, sans pour autant le faire sans  nuances ou avec outrance, par exemple en  établissant un rapprochement injurieux avec la zoophilie ! Le cardinal semble  parfois  se bien mal garder de propos malheureux : on se souvient, lors de la conférence de presse à Lourdes, à propos de l’affaire Preynat : « Grâce à Dieu tous ces faits sont prescrits ».

[4] On ne saurait dire que notre nouveau curé nous ait apporté son concours ; plutôt des bâtons dans les roues. On nous objectait  qu’une lettre collective de soutien  ne plairait pas au cardinal …

[5] Disant à un paroissien que je détenais les preuves du mensonge de l’accusateur Brandet, il m’a répliqué : « Je n’ai pas besoin de preuve ; je connais mon curé ; je sais que l’accusation est mensongère ». Le  bon sens de la foi.

[6] Même l’accusateur l’a reconnu quand il m’a appelé au téléphone ; il m’a même parlé du « côté lumineux » de Jérôme !

 [7] C’est en tout cas la sagesse traditionnelle de l’Eglise : le célibat et la chasteté  sont liés au vœu d’engagement libre dans la vie religieuse ;  il est imprudent de les imposer à des curés, isolés dans leur paroisse et que l’on déplace sans cesse, en sorte  qu’ils sont arrachés à intervalle régulier de la « Communion d’Eglise » qu’ils sont censés édifier.

[8] Le Procureur a classé sans suite la plainte déposée par les anciennes victimes de l’abbé Preynat regroupées dans l’association La Parole Libérée. Pour des strictes raisons juridiques, ce qui laisse entier le problème de fond.

mardi, 25 octobre 2016

Isidore Mullois & l'hiver 2017

Isidore Mullois naquit en 1811 dans le Calvados et mourut en 1870. Il fut prêtre du diocèse de Bayeux de 1837 à 1851, puis de celui de Paris avant de devenir premier chapelain de la maison de Napoléon III et chanoine honoraire du chapitre de Saint Denis  à partir de 1853. Il fut l’auteur de plusieurs ouvrages, dont un sur Napoléon III, et d'une histoire de la Guerre d ‘Orient racontée aux enfants. Je publie ci-après l’avant-propos de l’un d’eux, le Manuel de Charité, daté de 1853. Je trouve ce texte éminemment d‘époque, dans ses tournures de phrases, son vocabulaire, jusque dans [mais de cela, impossible de rendre compte, sa typographie]. Et je le trouve tout en même temps très contemporain, à évoquer cette passion des Français pour le droit, les débats vains, jusqu’à l’identité et l’avenir de leur France. Hélas, à entendre tous les ridicules petits marquis, auxquelles se sont ajointes quelques sottes petites marquises (de droite et de gauche) déblatérer dans le cadre des élections qui s’annoncent, la solennité vulgaire et empruntée, on voit bien ce qui a été perdu avec la déchristianisation et la laïcisation du pays, avec l’implantation du libéralisme et maintenant de l’islamisme : un certain style, une certaine syntaxe, certes : Isidore Mullois qui est loin d’être un écrivain d’importance écrit un français encore impeccable — ce qui n’est pas le cas de la plupart des politiques d ‘à présent —. Mais surtout, la charité dont il parle, a totalement perdu son caractère surnaturel dans nos sociétés . Elle s’est muée en ce qu’on appelle solidarité, qui demeure une attitude bien plus qu’un véritable sentiment, attitude sur laquelle d‘ailleurs le politique exerce son droit de regard, voire de contrôle. Je crains que dans tous les débats stériles dont la terne démocratie a besoin de se nourrir pour faire mine de sauver la face de l’électeur, l’hiver 2017 soit aussi  dur à passer que l’hiver 1853, et que la charité véritable y demeure encore bien plus dure à populariser, puisqu'elle n'est plus qu'une légende pour la plupart de nos contemporains…

 

Isidore Mullois,charité,primaires,élections,Isidore Mullois, démocratie

 La Charité, Lucien Goupil, 1864

 
 

« Si Dieu veut sauver la France, et nous devons l’espérer car en la perdant son Eglise perdrait trop, c’est par la charité qu’il la sauvera. Si donc nous voulons aider la Providence dans l’œuvre du salut de notre bien-aimée patrie, commençons par nous aimer un peu, ou bien nous ne viendrons jamais à bout e terminer nos débats et de régler nos affaires. Les âmes sont trop aigries par les passions et par les souffrances, et quand on est aigri, on ne s’entend pas, on ne peut pas s’entendre. Mais la charité produit dans les cœurs je ne sais quelle mutuelle bienveillance qui les rendent aptes à écouter la voix du bon sens, de la justice et du dévouement. Car le dévouement est toujours chose nécessaire quand on veut vivre en société.

A tout prix, il faut développer la charité, la généraliser, la populariser. Il n’y a de vraiment fort en France que ce qui est populaire ; et chez nous rien de plus facile que de populariser la charité. La charité, c’est le fonds du caractère français, c’est son bon côté, c’est par là qu’il peut être pris ; on n’y a pas assez pensé… On a trop fait appel à la justice, et pas assez au dévouement, à la charité.

Le Français est pointilleux sur la question des droits ou de ce qu’il croit être ses droits, il n’en veut rien céder ; mais il est généreux sur la question des sacrifices. Demandez-lui une chose au nom du droit, il vous la refuse tout net, et il y tient. Demandez-lui la même chose comme un service, faites un appel à sa générosité, à son cœur, ce n’est plus le même homme, souvent il vous l’accorde de la manière la plus gracieuse. Et ce fonds de charité est dans toutes les classes. Il se trouve chez l’industriel, le savant, l’artiste, surtout chez les artistes, si souvent pauvres eux-mêmes ... Vous allez demander une aumône pour une bonne œuvre à un artiste, il vous fait un gracieux accueil, et il vous prie de l’excuser pour un moment. Il sort et rentre bientôt, vous donne une pièce en exprimant ses regrets de ne pouvoir faire davantage.

En publiant ce livre, j’ai voulu populariser la charité. Pour cela, j’ai dit ce que j’ai appris de l’expérience de ceux qui s’occupent des classes malheureuses. Ces études sur la charité n’étaient pas destinées à l’impression. Mais es hommes habiles ans l’art e faire u bien ont pensé que la lecture en pourrait être e quelque utilité ; c’est ce qui nous a engagé à les publier. Nul temps ne nous a paru plus convenable : nous sommes au début d ‘un hiver qui s’annonce comme étant difficile à passer. C’est donc le moment de rappeler à la charité ce qu’elle doit faire, comment elle le doit faire, et surtout de lui crier : courage, courage ! » 

23:10 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : isidore mullois, charité, primaires, élections, démocratie | | |