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dimanche, 18 mars 2018

Un mal bien français

J'entends une vieille dame nommée Christine Ockrent évoquer la ré-élection de Poutine en ces termes : Son élection n'est pas démocratique (elle commente les 76,3%°), elle n'est organisée que pour vérifier "l'état de contrôle de la population". 
Pour avoir rencontré durant un récent voyage à Moscou quelques éléments de cette population (que je salue au passage) et pour cotoyer régulièrement (hélas) une salle des profs bien macronnienne, je dois avouer que "l'état de contrôle de la population" d'un spectateur de BFM, lecteur de Libé ou du Figaro moyen est visiblement bien plus élevé que celui des quelques Russes que j'ai rencontrés (et que je resalue au passage)

L'arrogance de cette vieille dame serait-il dûe à une dégénérescence cellulaire de sa pauvre cervelle ? Non, hélas ! Elle est, cette arrogance, comme l'écrivait La Fontaine au XVIIe siècle déjà "un mal bien français"

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vendredi, 09 mars 2018

Hippolyte Taine et nous

Pour mesurer à quel point l'ignominie de la société actuelle a été pensée, programmée, organisée par une certaine frange d'une certaine élite républicaine, rien de tel que de remettre son nez dans ses écrits. Un exemple avec le bonhomme Taine, Hippolyte de son prénom, qui en 1866, commit ceci. Certains y verront un idéal, je n' y lis que du mépris : 

"Je sais les inconvéniens de notre système, — la suppression des grandes vies supérieures, la réduction de toute ambition et de tout esprit aux idées et aux entreprises viagères, l’abolition des fiers et hauts sentimens de l’homme élevé dans le commandement, protecteur et représentant naturel de ceux qui l’entourent, la multiplication universelle du bourgeois envieux, borné et plat, que décrit Henri Monnier, tous les tiraillements, les vilenies, les appauvrissements de cœur et d’intelligence, dont les pays aristocratiques sont exempts. Pourtant, telle qu’elle est, cette forme de civilisation est passable, préférable à beaucoup d’autres, assez naturelle aux peuples latins, et la France, qui est aujourd’hui la première des nations latines, l’importe avec la révolution et le code civil chez ses voisins.
Cette structure sociale consiste en ceci : un grand gouvernement central avec une forte armée, d’assez forts impôts, et un vaste cortège de fonctionnaires qui sont maintenus par l’honneur et ne volent pas ; — un morceau de terre à chaque paysan, en outre des écoles et autres facilités pour qu’il monte dans la classe supérieure, s’il en est capable ; — une hiérarchie de fonctions publiques offerte comme carrière à toute la classe moyenne, les injustices étant limitées par l’établissement des examens et des concours, les ambitions étant contenues et contentées par l’avancement, qui est lent, mais qui est sûr : — bref, le partage à peu près égal de toutes les bonnes choses, de telle façon que chacun ait son morceau, personne un très gros morceau et presque tous un petit ou médiocre, par-dessus tout cela la sécurité intérieure, une justice suffisante, la gloire et la gloriole nationales. Cela fait des bourgeois médiocrement instruits, fort bien protégés, assez bien administrés, fort inertes, dont toute la pensée est de passer de 2,000 francs à 6,000 francs de rente. En un mot, une quantité de demi-cultures et de demi-bien-êtres, vingt ou trente millions d’individus passablement heureux, soigneusement parqués, disciplinés, rétrécis, et qu’au besoin on peut lancer en corps. A prendre les choses en gros, c’est à peu près ce que les hommes ont encore trouvé de meilleur ; néanmoins il faudra voir dans un siècle l’Angleterre, l’Australie et l’Amérique."

Taine, Voyages en Italie

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jeudi, 01 mars 2018

Duomo di Lucca

La visite de la cathédrale saint Martin à Lucques vaut surtout pour le fascinant crucifix byzantin Volto Santo, placé juste à l'entrée après les guichets (curieux amalgame).  Il est abrité dans le tempietto, kiosque octogonal en marbre réalisé par Matteo Civitali. Il passe pour celui que réalisa Nicodème, le membre du Sanhédrin disciple du Christ qui l'ensevelit en compagnie de Joseph d'Arimathie. L'intérieur contiendrait plusieurs  reliques émanant du Christ : un clou de la Croix, une partie de la couronne d'épines, une fiole du Saint Sang.  Il se dit que pour échapper à la destruction, il a été confié à un navire sans équipage, qui navigua à tous les vents de la mer Tyrrhénienne avant d'échouer finalement en face du port de Luni. Les spécialistes (nous errons, aveugles, dans un monde de spécialistes) affirment qu'il s'agit d'une copie. J'ignore quelle est la réalité historique de ces faits, mais la présence surnaturelle de ce Christ crucifié en habit sacerdotal, dont le regard fixe et surplombant traduit le don de souffrance, est vraiment impressionnante quand on veut bien s'y arrêter pour s'ouvrir un instant. 

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Ancienne photo avec la relique du Volto Santo à Lucques

Pour le reste, une fois qu'on a payé son billet, on peut admirer les oeuvres d'art dont la cathédrale s'enorgueillit à juste titre: le monument d'Ilaria del Carretto, La dernière Cène (vraiment trop luxuriante à mon goût), du Tintoret, L'Annonciation de Stefano Tofanelli, le Triptyque de la Vierge à l'Enfant de Francesco Anguilla, les orgues ou encore les bas reliefs et les détails de la façade toute  de marbre blanc, gris et vert foncé, racontant la vie de saint Martin. Malgré tant de beauté photomitraillée par les touristes, c'est pourtant vers ce crucifix que, tel un mendiant en quête d'une réelle nourriture, inexorablement je revenais prier...

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détail de la façade

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détail du sarcophage d'Ilaria del Carretto

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Crucifix de la sacristie

 

 

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lundi, 12 février 2018

Psaumes de Carême

Les sept psaumes de la pénitence

Dans le premier (psaume 6), le psalmiste place Dieu devant un fait accompli : « Nul dans la mort ne se souvient de vous : qui publiera vos louanges dans le sépulcre? » : si Dieu désire être loué, il doit par conséquent sauver le psalmiste de son péché et effacer son iniquité de son vivant, car ensuite il sera trop tard.

Dans le deuxième (psaume 31) il se félicite d‘avoir confessé au Seigneur son péché et loue Dieu pour la force que procure l’intelligence de son pardon, dans un tressaillement d‘allégresse.

Il déduit ensuite (psaume 37) la mortalité de son corps de la contemplation des traces que le péché y a laissées : « Mes reins sont remplis d'illusions : et il n'y a plus rien de sain dans ma chair ». C’est un quasi cadavre qui chante, que tout le monde a fui et à qui ne demeure aucun secours.

« Mon péché est toujours devant moi », déclare-t’il ensuite (psaume 50), avant s'affiner sa confession : c’est contre Dieu seul que nous péchons finalement. Il implore la miséricorde afin de pouvoir à son tour soulager le prochain et convertir les impies. Le temps des holocaustes étant passé, il offre un cœur contrit et humilié à leur place.

 Devenu « semblable au pélican des déserts, et au hibou des lieux solitaires », conscient de la faible durée de son existence, le psalmiste est saisi de vertige devant le flot tumultueux des générations (psaume 101). Il déplore la captivité du peuple de Dieu dans Babylone et il s’offre à l'Éternel.

Vient alors le De profondis (psaume 129) tel un chant d'espérance : plus sûrement qu’un veilleur attend l’aube, il attend, lui, le Seigneur

Le célèbre psaume 142 clôt la séquence : le psalmiste affirme qu’il ne peut rien, seul contre l’ennemi. Cette fois ci, ce n’est pas le pardon de ses fautes qu’il implore, mais le secours dans le combat, la connaissance de ce que Dieu désire : « Enseignez-moi à faire votre volonté, parce vous êtes mon Dieu. »

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Jérusalem, statue du roi David, devant le Cénacle

00:55 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : david, psaumes, pénitence, carême | | |

dimanche, 28 janvier 2018

Notre Père

Le Christ s’est placé au cœur, au centre de toute création, en assumant par la Croix tous les péchés dont les creatures sont capables, de sorte qu’il n’en existe pas une qu’Il ne puisse, si tel est Son souhait, racheter. Devenu ainsi pêcheur d’hommes grâce à sa double nature, il est pleinement le chemin que chaque part de nous-mêmes peut emprunter pour éloigner et maintenir la totalité de notre être sauve des blessures du péché.

Il pêche d’abord les hommes par leur raison, le logos. Saint Jean le théologien, le disciple dont le Christ dit vouloir qu’« il demeure jusqu'à Son retour », incarne pleinement cette raison par Lui élevée au plus haut.

Il pêche également les hommes par leur pathos : il leur a donné pour les attendrir au sens plein, et purifier leurs affects, Sa Passion. Thomas, qui pour croire dut plonger son doigt dans la plaie vivante du Christ, de même que tous les passionnistes et les stigmatisés, représente cet autre accès à la personne du Fils.

Un troisième est la porte de l’action, que conduisent Pierre et tous les missionnaires, et à ceux-là le Christ à confié les Béatitudes, pour leur offrir les clés dont leur action a besoin pour demeurer inspirée loin de tout reniement.

Un dernier accès enfin est la Vision : par elle, Il convertit, et Paul demeure l’emblème des repentis, qui devra jusqu'à son dernier souffle conserver au pied sa fameuse épine.

Il est bien sûr absurde d’opposer ces différentes lignes par lesquelles Christ pêche les hommes, mais plutôt de comprendre en quoi chacune, s’adressant à un aspect de la nature humaine, définit cette dernière, et en quoi toutes se complètent pour la former.

De plus, quel que soit le biais par lequel le Christ nous a pêchés, nous ne devrions pas nous en tenir là : car le meilleur raisonneur peut ne pas appliquer ce qu’il a pourtant compris, et le visionnaire le plus fécond tomber dupe d’une imagination corrompue ; et l’action n’est jamais à l’abri d’un dévoiement politique, tout comme le pathos ne l’est d’un dérèglement psychologique. Car nous habitons toujours la terre, qui est la demeure de l'orgueil, et nous nous démenons sous le regard vif de Satan. Nos efforts doivent donc tendre à harmoniser les quatre voies (celles de la raison, de la vision, du pathos et de l’action) afin d’appartenir, du mieux qu’il est possible au regard de toutes nos limites, au Christ Lui-même, d'être baptisés en Esprit et conscients de notre filiation véritable, qui n’a plus rien de terrestre.

 Car le dieu trine est un dieu vivant. Le Père, en effet, ne mène pas au Père, ni le Fils au Fils, ni l’Esprit à l’Esprit d’une manière systématique et figée ; mais c’est le Fils, comme Lui-même l’enseigna, qui conduit au Père et ce par l'opération de l’Esprit, à chaque instant de notre vie si nous acquiesçons devant cette connaissance et ce cheminement. Et c’est pourquoi tout chretien, quels que soient sa « famille » et le rite qu’il pratique par ailleurs, ne peut se passer de la prière, de cette prière donnée par le Fils, portée par l’Esprit, et qui conduit au Père, ce Notre-Père par lequel il se démarque d’un adorateur d’Allah ou d’un quelconque Grand architecte de l’univers, comme il se distingue du plus profond raisonneur, du plus brillant imaginatif, de l’humaniste le plus empathique ou du politique le plus averti ...

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Lac de Tibériade

20:23 Publié dans Là où la paix réside | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : christ, notre père | | |

samedi, 27 janvier 2018

Des nouvelles de Solko

En berne depuis Noël, son animateur étant saisi d’un vertigineux besoin de silence, Solko revient sous la plume de JJ Nuel et sous les traits d’un personnage de polar. Il se révèle un affreux réac et un bon vivant féru de Lyon, dans une enquête plaisamment mené par Brive Noval, un détective-sumo. Ce récit plein d'humour et sans prétention s’inscrit dans une double tradition : le polar français, qui aime toujours s’attarder dans les décors et plonger le lecteur dans les ambiances urbaines ; la Lyonnaiserie, puisque l’urbs dont il est question est l'inépuisable cité de Scève et de Rabelais, de Soulary et de Béraud, auquel Nuel n’oublie pas de rendre - merci à lui - un hommage appuyé en passant. Plus d’infos ici

solko,nuel,hôtel-dieu

22:22 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : solko, nuel, hôtel-dieu | | |

dimanche, 24 décembre 2017

Noël

Noël n’existe dans le cœur, l’histoire et la théologie des hommes que parce que le Père s’est penché sur eux pour naître dans leur monde sous la forme du Fils.

Tous ne fêteraient sinon que le solstice d'hiver qu’ils nomment abusivement Noël, en bon animistes, en bons païens.

Mais de quels cadeaux se couvrent-ils véritablement, aux pieds de leurs sapins morts, dans l’ignorance de ce cadeau essentiel qui réside dans la crèche ?

Il n’est pas de Noël sans la joie véritablement reconnue, partagée, de la Nativité de Celui qui est Christ, et sans cette conscience que nous devrions porter tous de ne devoir notre vie que du péché pour le rachat duquel il fut persécuté et planté sur une croix.

Il n'est de Noël qu'en cette véritable « maison commune », l’église en laquelle béni demeure celui qui peut entrer, puisque c'est là seul que se comprend la joie si spécifique de Noël.

Noël

Sanctuaire du Gloria in excelsis Deo, champ des Bergers, Béthléem, détail

07:05 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : noël | | |

mercredi, 20 décembre 2017

Nativité

Ne dis plus Noel, dis Nativité :

L’un vient de l’autre, certes, mais le terme fut tant détourné…

Noel des cadavres de sapins enguirlandés,

Noel des familles décomposées,

Noel des cadeaux qu’on se fait rembourser,

Noel des oies gavées, des homards ébouillantés, des huitres éventrées,

Noel des enfants enlevés,

Noel des païens alcoolisés,

Noel des p’tits vieux abandonnés,

Noel des défunts oubliés, des voitures incendiées,

Et des peines aggravées d‘année en année,

Valse feinte des euros, des dollars et des chéquiers,

Noel sans trêve ni rêve, Noël dérobé,

Sans crèche ni messe, Noël des athées,

 

Qu’un enfant naisse comptait peu,

Mais qu’il fût, ce Fils,

Né de l’Esprit qui planait sur le monde avant sa création

Verbe incarné,

Tiens compte de cela seul au centre du péché de l’univers,

Et garde le au cœur de ta prière,

Christ Seul, Salvator Mundi, 

Noël : Nativité du Fils de Dieu .

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Sanctuaire du Gloria in excelsis Deo,champ des Bergers, Béthléem, détail

dimanche, 10 décembre 2017

Jérusalem

Jérusalem,

Ville Passion du Christ.

Où s’ouvrit le Ciel

Et la Terre se fendit,

Golgotha !

Marie souffle toujours au chrétien

Que pour le rachat des Siens

Son Fils y expira.

En cette pensée, mon âme,

Baise la pierre où fut déposée

Sa chair d’Agneau lacérée

Et sa Divinité intacte,

Inébranlée.

Ressuscité, il traversa

Le suaire ici-même,

Jérusalem !

 

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Jérusalem !

Gardé par trois églises,

Son Saint-Sépulcre irise,

Flambe d’un Feu

Trine et surnaturel :

Simple pèlerin en ce lieu,

Âme éprise de Dieu,

Qu’il fasse de toi Sa semence !

Laisse pour cela se dérober,

De ton corps prosterné,

Toute autre présence

Que le Verbe Incréé,

Qui fut avant le mur

Du temple second,

Et sera après le Rocher même,

Jérusalem !

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17:53 Publié dans Des poèmes, Là où la paix réside | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : jérusalem, saint sépulcre, christ | | |