jeudi, 08 mai 2014

A ta santé, Vladimir !

Pendant que des gens meurent à Donetsk ou Odessa, celui que le Pingouin et son pré carré de courtisans prennent pour modèle et parangon de toute vertu trinque avec Vladimir Poutine le jour de son anniversaire. Cela me rappelle Brice Hortefeux et Jean Luc Mélenchon, surpris ensemble à la buvette du Parlement européen, pendant que militants du front de gauche et sympathisants de la droite populaire s'insultent sur les marchés. 

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.REUTERS/ITAR-TASS.

 L'Allemagne (lire ICI) se dit choquée. Ou plutôt on dit qu'elle l'est dans les journaux. A mon avis, ici comme ailleurs, l'homme de la rue s'en fout.Ou fait des paris : Qui vont-ils retrouver, l’œil goguenard, les deux larrons ? Obama, DSK, Sarkozy ?  Carla, Michelle ou Angela ?

A propos du Pingouin infatué,je viens d'entendre les formules aussi creuses que ridicules, qu'il assène et débite sous l'Arc de Triomphe en revendiquant évidemment ceux qui sont morts pour vivre libres : L'Europe, c'est la paix. Sortir de l'Europe, c'est sortir de l'Histoire....  Sans oublier: Le passé ne doit pas être une nostalgie. De quoi être, en effet, nostalgique d'une époque où ceux qui prétendaient aux plus hautes fonctions savaient parler correctement. Celle de Simone Signoret pour qui la nostalgie n'etait plus ce qu'elle était. Glissons...

Et puis, dit le Pingouin, , Je n'admets pas les extrémismes.. Comme si, avec le traité transatlantique qu'il soutient, et qui à long terme revient à abolir les nations libres, comme si avec la propagande éhontée sur l'Ukraine, il n'était,pas lui, dans l’extrémisme  !  Eh bien, n'admettons pas les extrémismes. Votons aux extrêmes !

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mardi, 06 mai 2014

L'Elysée ou comment s'en débarrasser ?

J’ai du mal à penser que ce clown qui loge à l’Elysée depuis deux ans  y demeure encore trois autres en continuant ce même pas de danse dans le bal des faux-culs.  Ou alors ça voudrait dire qu’en effet le pays est désormais parfaitement anesthésié. Ce qui, après tout, est peut-être le cas.

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François Hollande. - AFP

 

Car ce qui est le plus frappant sous ce quinquennat, c’est la disparition -ou plutôt la dissipation- de tout intérêt politique pour la culture.  La culture était pourtant -qui s’en souvient ?- la grande affaire de la gauche, jadis. Depuis que les Tartuffes ont inventé le multiculturel, c'est-à-dire ce que Martel appelle finalement le mainstream, ou d’autres  le marché de la culture, et que les gens de gauche s’en sont faits les VRP officiels, motus sur le sujet. Quand je parle de culture, je parle de langue française, de littérature, d’art, de religion, d’histoire antérieure à cette maudite déconstruction européenne dans laquelle nous nous sommes fourvoyés.  Je parle d’idées, et non pas d’éléments de langage

 Le plus frappant, dans le discours de Hollande quand il s’adresse aux Français comme si ces derniers étaient des enfants ou des débiles, de boite à outils à grand retournement,  n’est-ce pas tout de même (et ce  depuis celui du Bourget qu’on nous a vendu comme un discours fondateur), son imbécillité totale, son vide absolu, son absence d’esprit ?  De poncifs en poncifs, monsieur Petites Blagues répand sa sottise à la façon d'un Sully Prudhomme éternellement satisfait de lui. On se dit que soit il prend les gens pour des idiots, soit il est idiot lui-même. Il suffit de relire une page de Louis Althusser ou une page de Jean Guitton – je prends à dessein ces deux personnages fortement antagonistes j'aurais pu tout aussi bien parler de Georges Dumézil ou Claude Levi-Strauss, pour se demander tout soudain où est passée et par où s’est enfuie la grande culture de ce pays…

La ministre de la culture, qui remercia publiquement sa maman le jour de sa nomination rue de Valois, au point que même Frédéric Mitterrand en fut atterré, incarne d’ailleurs ce vide culturel jusqu’à la caricature.  De sorte que j’en reviens à ma question du début : Trois ans encore, dans cette « normalité », cet effacement de toute originalité, de toute personnalité, de toute ferveur, cette noyade dans cet univers de courbes et de statistiques…  A moins que la France elle-même soit morte comme le cadavre que trimbale Amédée...  non, c’est impossible !

 

01:07 | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : hollande, filippetti, ionesco, amédée, france, culture, politique | | |

lundi, 05 mai 2014

Graal, merveilles et déconvenues

J’ai eu l’occasion de voir dernièrement le Perceval de Florence Delay et Jacques Roubaud, monté par Christian Schiaretti au TNP, que je n’ai pas du tout aimé. Aussi, plutôt que de me demander si cela tenait de la faiblesse de l'adaptation pour le moins immodeste ou des effets trop visiblement distanciés par rapport à la matière médiévale et chrétienne de la mise en scène, je suis revenu au texte et me suis replongé dans le premier tome de cet incroyable Livre du Graal, « dont le format n’excelle pas la paume » (1), et qui tisse avec subtilité le lien entre l’Histoire Sainte et la légende arthurienne, en se revendiquant à la fois de l' évangile apocryphe, de l’hagiographie et du roman de chevalerie.

Son premier volume, Le Joseph d’Arimathie, s’offre comme ordonné par la manifestation même de la Sainte Trinité (« d’une chose trois et de trois une »). Son auteur, qui demeure anonyme et se donne comme « le plus pécheur des pécheurs » (p 4), coud un lien inédit entre un objet trivial et prosaïque, « l’écuelle où le Fils de Dieu avait mangé » (p 23) et le Graal d’origine celtique, dont Chrétien de Troyes s’était inspiré avant lui. Ce lien, c’est la Passion qui l’opère puisque l’écuelle ordinaire - en recueillant le sang du Christ, un sang versé par amour pour la destruction de la mort- devient au fil des paragraphes une relique et un symbole eucharistique.

Le transfert de l’une (l'écuelle) à l’autre (le symbole) trouve sa matérialité dramatique dans l’odyssée merveilleuse que Joseph  accomplit avec son fils Joséphé, de Béthanie et Sarras en Terre Sainte vers l’Angleterre. Voyage qui n’est pas sans rappeler d’autres voyages mythiques : - celui qui mena Enée de Troie à Lavinium, en ce sens que comme l’un fondait Rome, l’autre fonda la Chrétienté – mais aussi celui de Moïse et de son peuple élu à travers la mer Rouge, par son aspect miraculeux, la traversée des « chevaliers » se faisant sur le pan de la chemise de Joséphé, qui ne cesse de s’élargir au fur et à mesure que les compagnons de voyage s’y pressent.  «Si lor avint si bien que ançois que li jours apparut, furent il tout arrivé en la Grant Bretaigne, et virent la terre et le païs qui tous estoit puéplés de sarrazins et de mescreans » (ce que Gérard Gros, le traducteur traduit par : « leur grande chance voulut qu’avant le point du jour ils avaient tous accosté en Grande Bretagne, et découvrirent le territoire, le pays entièrement peuplé de Sarrasins et de mécréants » - p 419). Une voix aussitôt assure à Joséphé que la Grande Bretagne est promise à son lignage « pour l’accroître et la faire prospérer par un peuple qui tiendra mieux parole que le peuple actuel. », à condition qu’il y propage « le nom de Jésus-Christ et la vérité de l’Evangile » partout où il ira. Aventure qu’il est impossible de mener à bien sans la force du Graal lui-même, qui multiplie les pains et œuvre comme un cœur commun : « Cele nuit jut li pueples en un bois, es fuelles et es ramees qui furent el bois meïsmes. Au matin, quant li jours aparut, et ils furent venu devant le saint Graal, la oùil orent faites lor proiieres et lor orisons, si se misent en lor chemin, et errerent tant qu’il vinrent a ore de prime au chastel de Galafort » (Le peuple, cette nuit-là, coucha dans un bois, à même les feuilles et les ramées. Au matin, quand le jour fut levé, ils vinrent devant le saint Graal faire leurs prières et leurs oraisons, puis ils se mirent en route et cheminèrent pour atteindre à l’heure de prime le château de Galafort ». (p 428)

Le livre du Graal comprend trois tomes dans la Pléiade : je n’en suis nullement spécialiste. Mais à retrouver le tissu médiéval du commencement de ces aventures – tissu duquel notre rationalité nous prive de sentir grand-chose,à mon avis - j’ai compris pourquoi je n’avais pas aimé cette mise en scène et peut-être même -au-delà d’elle- ce texte prétentieux de Delay de Roubaud : par leurs choix et leurs prises de position a posteriori, tous deux gomment la force spirituelle et le propos sacré de l'oeuvre initiale pour n'en garder que la trame visuelle et verser vers le feuilleton - voire la bande dessinée parfois assez grossière, comme dans le dernier tableau du Perceval qui sert de bande annonce à la suite censée venir l'an prochain (2). Par leurs anachronismes, ils transpirent de ce souci constant de distanciation critique toute moderne, de cette volonté, au fond, de se croire plus malin que la merveille plutôt que de se laisser envoûter par son charme, sa poésie, sa tradition historique, et de servir son enchantement..  

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Joseph d'Arimathie et le saint-Graal

 

(1)Livre du Graal tome 1, Pléiade, page 6. Toutes les pages citées dans le billet renvoient à ce même volume et au premier récit, Joseph d'Arimathie.

 (2) La totalité des mises en scènes du Graal fiction va courir encore sur de nombreuses années puisque nous n'en sommes qu'à la quatrième pièce sur une dizaine, coproduites par le TNP et le TNS

samedi, 03 mai 2014

Du renard et de ses enfants

Il n’avait rien à dire, sinon que le monde lui avait échappé à force de répéter les mêmes formules. Il ne reconnaissait plus vraiment sa ville, son pays, son continent, son monde. Bientôt, plus rien de tout cela ne serait lui, à lui, pour lui. Son esprit, qui s’évadait le plus souvent à son insu, lui ouvrait des trajectoires insoupçonnées jusqu’alors. Par exemple, que ce qu’il avait toujours cru changeant ne l’était au fond pas tant que ça, et qu’il ne servait à rien de briser sa parole et ses forces contre le mouvement dominant du monde, quand bien même le haïrait-il.

Plutôt demeurer sur un banc de la place, à contempler les pigeons piétinant le sable devant la statue. Quelques oisifs rayons de mai balayaient parfois ses avant-bras, en-dessous de ses manches de chemise retroussées, puis s’éclipsaient de nouveau par-derrière de menaçants nuages. Menaçants de quoi ? se murmurait-il aussitôt. Il avait toujours aimé ces gouttes chaudes et furtives qui ne faisaient, comme eux, que passer, le temps d’une ondée – pas de quoi en trimbaler un parapluie toute la journée, non, vraiment !

Le monde continuait de tonner : pas de quoi, non plus, se fendre d’un billet pour les journaux du soir. Les journaux ne protègent de rien. Et si une guerre devait pour de bon advenir, de quoi auraient-ils tous besoin d’être informés ? Or dist li contes, c’est toujours la même prophétie qui déambule par-dessus nos crânes, avec un air de déjà-vu ou de déjà-dit, certes, et un p’tit quelque chose de spécial ou de nouveau, mais c’est toujours le même piège qui captiva jadis la patte du renard, et today celle de ses enfants. 

Un vieux clochard passe devant lui, traînant la sandale. Entre le sec et l'humide, le soir s'installe, à peine mouillé.

 

00:57 Publié dans Des poèmes | Lien permanent | Commentaires (2) | | |

jeudi, 24 avril 2014

Du story-telling européen et autres fadaises électorales

Dominique Reynié est agrégé en sciences politique, politologue à Sciences Po, directeur de la fondation  pour l’innovation politique, un think-tank proche de l’UMP.  C‘est à ce titre qu’il intervient souvent dans les media mainstream, radio ou télé, pour chanter la bonne parole auprès de ses confères de gauche, et constater son naufrage tout en même temps.  Son bouquin sur les populismes européens vient parait-il d’être réédité en poche.

L’approche des européennes et les sondages donnant Marine Le Pen en tête dans plusieurs régions l’incitent à voleter de plateaux en plateaux pour dénoncer ce qu’il appelle « l’absence de récit européen » de la part des partis institutionnels, absence qui serait cause selon lui de la fameuse montée des populismes. Vilains électeurs récalcitrants à la messe officielle. Et l’expert en marketing politique d’expliquer que le storry telling traditionnel qui a poussé les peuples à voter Oui à Maastricht (vous savez, le fameux plus jamais ça, l’Europe c’est la paix et bla bla bla) est cuit, raide mort, défunté, parce qu’il ne colle plus à la réalité vécue des gens, et qu’il faut en inventer un autre urgemment avant que la baraque ne flambe entièrement. Pour que le loup sorte ainsi du bois, il doit y avoir en effet le feu bien que les pékins moyens et désinformés que nous sommes ne le pensent.

Cela dit, quel aveu que ce discours de Dominique Reynié ! Cela revient tout simplement à constater que sur la scène des grands mensonges politiques, il en manque un, pour faire voter les peuples comme il faudrait, et c’est un mensonge  européen ! Il propose donc ce storry telling renversant d’imagination : « L’Europe comme entrée heureuse et fraternel dans la globalisation planétaire… » Le reste étant, bien entendu, le malheur, la guerre, le chaos….

C'est prendre les choses à l'envers : Nous savons tous que si les populismes montent, ce n’est pas en raison d’un complot de forces fascistes occultes qui gangrènerait des cervelles incultes, mais parce que ce qu’on continue (jusqu’à quand ?) d’appeler la construction européenne laisse sur le carreau des millions de gens qui n'en peuvent plus de l'arnaque... Une construction sans cohérence politique, sans frontière définitivement fixes, sans calendrier électoral commun. Devant ce machin  branquignole, chacun comprend qu’il n’y a que deux solutions : soit un fédéralisme total, à l’américaine  (conforme au plan Obama qui est en train de répandre en Pologne ses soldats pour faire front à Poutine), soit un retour à l’Europe des Nations. L’Europe des Nations qui n’est pas du story telling, mais une réalité vécue par les peuples sur un plan historique et culturel depuis des siècles sur le vieux continent. Une réalité qui, comme tout ce qui tient du Réel, gêne, ennuie, qu’on aimerait passer à la trappe mais qui, par bonheur, résiste. Une réalité dont on voudrait nous faire croire qu'elle n'a semé que la discorde, quand elle fut aussi le creuset de l'art, de la culture, de l'architecture, et de toute la civilisation dont nous sommes les héritiers honteusement blasés.

L’argument des fédéralistes est toujours le même : la nation serait fauteuse de guerre et de discorde, le fédéralisme de paix et de concorde. Cependant, nous savons tous que ce n’est pas à la zone euro que nous devons la paix, ni à la diffusion de théories pacifistes tout azimuts, mais plutôt à la dissuasion nucléaire, à la colonisation culturelle et à l'hégémonie économique américaines durant la Guerre Froide, à la prospérité des Trente glorieuses et peut-être aussi à la lassitude toute légitime qui a suivi les deux derniers conflits mondiaux plus que déments. Mais l’Amérique est aujourd’hui en faillite, les Trente Glorieuses sont derrière nous, nous ne sommes plus les seuls à posséder la dissuasion nucléaire, et une génération nouvelle arrive, minoritaire parmi les vieux en Europe. Enfin, à force d’être galvaudé et de se diluer dans un consumérisme aussi douillet qu’imbécile, l’idéal pacifique a perdu de son panache aux yeux de beaucoup, pour n'être plus que la garantie de passer une vieillesse heureuse dans ses pantoufles, pas de quoi faire rêver une jeunesse avide légitimement de combats spirituels d'une autre portée..

A l’heure où la Commission Européenne semble prête à signer avec les USA un traité transatlantique signant l’arrêt de mort des Etats nations, historiques, la question qui demeure pendante est celle-ci : les véritables fauteurs de guerre, de désordre et de misère sont-ils les partisans des nations, ou ceux qui cherchent à prendre le contrôle du monde en les abolissant ? 

Quand on pose les choses ainsi, il n'est plus question de story-telling électoral, mais de politique réelle,  chacun doit y songer. Une Europe fédérale pilotée par une banque privée soumise aux volontés militaires et aux intérêts économiques américains est un état totalitaire, quel que soit le conte de fées que les experts en marketing nous vendent. Et donc préférera-t-on la structure de la nation ou bien celle de l’Etat totalitaire ? A chacun d'y songer et à chacun de parler et d'agir en conséquence.

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Dominique Reynié : L'Europe manque d'un story-telling pour captiver les peuples...

 

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mercredi, 23 avril 2014

Générations européennes ?

L’histoire des hommes étant ce qu’elle est, il y a fort à parier que ceux qui viendront demain rêveront de reconstruire tout ce que la folie dévastatrice de leurs pères aura détruit. Les générations aspirent légitimement à être maîtresses de leur destin, et non pas réduites à rien par celles qui les ont précédées. Le grand et minutieux effort de miniaturisation de l’homme de demain entrepris par la génération du baby boom et ses rêves d’internationalisme égalitaire butera donc inévitablement contre une résistance  qui n’aura heureusement pas été prévue. L’Europe, telle que cette génération la laisse à ses enfants, apparaît telle une catastrophe, dans lequel le pauvre, de quelque pays qu’il se trouve est isolé devant le marché et les dérives sectaires, privé des garde-fous historique que furent, malgré leurs excès, les souverainetés historiques de la religion et de la nation. Les combats contre la religion et contre la nation auront connu aussi leurs excès, et nul ne doute, en voyant la configuration du monde qui se prépare, qu’on se trouve aujourd’hui à l’une de leurs plus extrêmes limites.

Toutes les générations auront été intraitables à l’égard de celles appelées à leur succéder et, comme le dit La Fontaine dans le vieux chat et la jeune souris, il semble hélas que ce soit dans l’ordre des choses. Mais je constate que, en raison de son grand nombre, de ses espoirs puérils de tabula rasa de l’ordre ancien et de son goût immodéré pour l’utopie consumériste, celle qui est aux affaires pour encore quelques temps aura, dans ses rêves insipides de tolérance, gravement contribué à la montée de l’intolérance et pas mal savonné la planche de ceux qui viennent, spécialement dans cette malheureuse Europe. Elle mérite de disparaître à son tour, et je ne me sens, pour ma part, pas très fier d’avoir été l’un de ses membres.

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Joséphine Meckseper

 

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mardi, 22 avril 2014

Djihadistes français

Djihadiste français : tel est le nouvel élément de langage oxymorique parsemé par tous les médias, depuis la libération des quatre journalistes et la cérémonie médiatique du tarmac avec le président dans le rôle de l’évêque et son ministre des affaires étrangères dans celui du grand prêtre. Djihadiste français ? On se pince ! On croit rêver. Car s’il est possible sans doute d’être djihadiste avec une carte de nationalité française en poche  - c’est dire le peu que vaut ce genre de papier désormais -, eh bien non, on ne peut être djihadiste et français, rien n’est même plus étranger à la culture française que le Jihad. Pas besoin de grands dessins, je crois. Au lieu de susurrer l’oxymore sur les antennes de télé et de le placer subrepticement dans la tête des gens, il faudrait placarder cette vérité partout, en informer tous les gosses tentés par l’aventure à l’entrée des mairies : Français et djihadiste, on ne peut être l’un et l’autre et ceux qui en prennent le risque seront déchus de la nationalité pour le reste de leurs jours. Constitutionnellement. 

Mais on regarde le calamiteux président élu pour encore trois ans, celui-là même qui arma les djihadistes en Syrie et les paie à présent pour libérer les otages, le jour de Pâques. Et on se demande : Jusqu’à quand durera cette mascarade ? A force de jouer avec tous les extrémismes, cette politique veule finira par nous coûter très cher, bien plus que quelques 50 milliards. Le jour de Pâques, plein d’horreur, on prend ainsi connaissance du récit de sœur Raghida, qui a dirigé l’école du patriarcat gréco-catholique à Damas, et qui rappelle ICI ce qu’est le Jihad, enfin parvenu à ses fins : des musulmans extrémistes crucifiant en Syrie des chrétiens refusant la charia, y compris un enfant devant son père.  Oui, on crucifie encore, et le jour de Pâques de surcroît, en 2014... De cela, du calvaire des chrétiens syriens, les medias ne parlent pas. Le président non plus. Motus. A quoi joue-t-il, le torse bombé ?

Alors français et djihadistes ?  Il faudrait y réfléchir à deux fois avant de dire, de faire et d'accepter n’importe quoi, pour la paix de tous, ici comme ailleurs, aujourd'hui comme demain.

 

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 © Mohammed ABED / AFP

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