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jeudi, 23 août 2018

Assise (2)

Devant le tombeau de François d’Assise

Je suis resté longtemps devant le tombeau, agenouillé devant le mur, sur un banc.

La sainteté de François (1) Par-delà le temps et les aléas de l’histoire, Dieu répond aux prières, à toutes les prières. La présence franciscaine de la Custodie de Jérusalem n’est-elle pas la réponse donnée à François d’Assise qui avait compris qu’on ne peut affronter l’Islam [comme Satan d’ailleurs] qu’armé de la foi seule, d’une foi incorruptible, et que le reste est voué à l’échec. Et comme cette foi n’est jamais acquise, nous, chrétiens, devons la demander chaque jour à Dieu assisté de ses saints.

La sainteté de François (2) J’égrenai des prières devant le tombeau. Je priai pour un tel, une telle… J’entends une voix soudain, « mais pourquoi pries-tu pour si peu de gens ? On ne peut désirer le salut d’une âme sans désirer le salut de toutes ».

Pardon et prières, ferventes prières à adresser pour le salut des âmes, de toutes les âmes, donc. Les offenses commises par les mères et les pères, dont les pères et les mères n’ont pas demandé à Dieu pardon, sont des obstacles sur les chemins des fils et des filles et la principale source de leur aveuglement. Et tu ressens l’innombrable foule de ceux pour qui tu n’as jamais prié, du salut desquels tu ne t’es jamais soucié.

Tous ces gens que j’ai croisés dans la rue, ces visages inconnus, étrangers, plus ou moins connus, connus, pour lesquels je n’ai jamais prié, jamais. Un vertige me saisit. La sainteté de François est immense ; Je récite le chapelet de la Miséricorde de Sœur Faustine : « Seigneur je t'offre le corps et le sang, l’âme et la divinité de ton Fils, notre Seigneur Jésus-Christ, et de ceux du monde entier »… La sainteté de François est virile, ferme, amicale également. Il n'aime pas les indifférents.

N’oublie pas d’être pauvre devant le Poverello, petit devant le petit, n’oublie pas d’être gentil.

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Tombeau de François, Assise

00:21 Publié dans Là où la paix réside | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : françois d'assise, poverello | | |

samedi, 18 août 2018

Rester français...

À Cracovie, quelle que soit l’heure de la journée, vous trouvez une église à l’intérieur de laquelle le Saint Sacrement est exposé. En France ? 
A Gènes, après une catastrophe nationale, on se réunit dans des églises et autour du Christ. En France ?
A Moscou, on rénove les monastères et on reconstruit les églises. En France ?

En France, après l’attentat du Bataclan et celui de Nice, on dépose des gerbes et des bougies devant la statue d’une allégorie ou sur du sable.
Que s’est-il passé ?

Il s’est passé que depuis longtemps, on n’enseigne plus la vénération authentique qu’on doit aux saints, et en tout premier lieu, la dévotion qu’on doit à la Vierge Marie, dont l’acquiescement ouvrit littéralement un Ciel fermé depuis toujours aux hommes. On n'enseigne plus que la communion des saints atteste de la véracité du salut que le Christ offrit sur la Croix à chacun ; et ne se peut donc dissocier de la vénération première qu'on doit à toute Justice. Dans les tristes écoles de la République égalitaire, nul ne parle de la Miséricorde aussi infinie qu’incompréhensible du Christ, qui fit d’un larron peu recommandable le premier saint de son Église.

On n’enseigne plus non plus que, pour avoir « payé » pour les fautes de chacun en subissant le châtiment le plus vil, Christ est en droit de racheter qui il l’entend et d’abaisser qui il l’entend, au mépris de toute hiérarchie et de toute morale simplement humaines. 
Cette vérité qui fait du Christ un maitre en sainteté se trouve tout entière contenue à la fois dans l’Évangile et dans la Passion. On ne le dit plus trop non plus dans les écoles. Ni qu’elle est portée jusqu’à nous par l’Esprit Saint et lisible telle quelle dans le Sacré Cœur…

Lech Walesa et les ouvriers de Solidarnosc en grève ont prié avec ferveur la Vierge devant des autels dans les chantiers de Gdansk, pour qu’elle leur rende leur nation. En novembre 2016, les évêques de Pologne, le président de la République, le Premier ministre, les présidents de la Diète et du Sénat et quelque 100 000 fidèles ont participé au sanctuaire de sœur Faustine à Cracovie à l’Acte d’accueil du Christ comme Roi et Seigneur de Pologne. 
Et en France ? Sarkozy... Hollande... Macron...
Malgré le vœu de Louis XIII, Louis XIV a refusé par orgueil et malgré la demande pressante du Christ à la moniale Marguerite Marie Alacoque à ce que la France le soit quand elle aurait dû l'être. Louis XVI s’en est amèrement repenti dans son cachot, mais un peu tard. Le désastre de la Révolution française s'était produit. Les autres allaient suivre.

Or depuis, les droits de l’homme, les prétendues Lumières, les inénarrables valeurs républicaines, voilà ce qu’on enseigne aux enfants du contribuable dans les écoles françaises prétendument objectives. Allez, sans une conscience claire de ce qu’est la Trinité et une reconnaissance avérée des vertus de la croix, comprendre en quoi l’Islam est un danger ! En quoi le mariage gay est un carnaval ! En quoi l'avortement est un meurtre ! Liberté, égalité, fraternite et en voiture Simone ! Tout passe...

En 1979, Marthe Robin continuait de prophétiser le fait que cet abaissement de la France est loin d’être achevé.; cest un fait...

« Ma fille, j'ai besoin de victimes, et de victimes fortes. Il me faut des âmes qui par leurs souffrances et leurs tribulations expient pour les pécheurs et les ingrats. Oh ! si je pouvais faire comprendre combien mon divin Père est irrité contre le monde impie ! Plus rien ne retient sa justice, et il se prépare un effroyable châtiment pour tout le genre humain. », a dit le Christ à sainte Gemma Galgani en 1902. Quelques années plus tard, alors que les tranchées de 14 /18 sont à peine refermées, que la révolution bolchévique bat son plein et que se prépare la Shoah, sœur Faustine écrit dans son Journal en 1938 : « Quand je priais pour la Pologne, j’ai entendu ces paroles : — J’aime particulièrement la Pologne, et si elle obéit à ma volonté je l’élèverai en puissance et en sainteté. D’elle sortira l’étincelle qui préparera le monde à mon ultime venue »

L’Éternel est l’Éternel ; la lecture de la Bible nous enseigne avant tout qu’Il a le temps. Combien de générations coûtera le redressement de la France ? Devra-t-elle, comme c'est arrivé à d'autres, disparaître ? J’ai bien peur de ne pas le connaître et d’assister le cœur navré et l’esprit démuni, de président en président, à cette chute inéluctable. En attendant je comprends que rester français, en dépit des multiples tentations d'exil, c'est avant tout rester catholique. Pour le reste ...

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21:20 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : france, cracovie, gènes, italie, pologne | | |

dimanche, 29 juillet 2018

Assise (1)

Les deux véritables portes d’Assise sont en vérité : le Transitus [ à l’intérieur de l’église Santa Maria dell Angeli, là d’où François quitta ce monde] et la cellule du couvent de Saint Damien, à l’endroit d’où Claire prit son envol.

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Transitus - Santa Maria degli Angeli - Assise

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Cellule de Claire, Sanctuaire saint Damiano

Virile est tout d’abord l’accolade de François, parmi les plaines et au milieu des bois. Est-ce le pardon du Portioncule, celui devant lequel tout péché part en déroute, et qui répand sur toi son indulgence en pluie ? Virginal est ensuite l’accueil de Claire en l’humble cellule de son monastère, non loin de cette cloche dont le timbre se reconnaît entre mille. Combien de temps ton cœur surpris se fige et s’allonge-t-il, tandis que s’égare au loin l’inconstance de ton esprit ?

C’est par ces lieux évidemment, ces lieux à l’écart des remparts réels d’Assise, qu’il convient de pénétrer dans le silence et le mystère de la forteresse véritable — la cité de ton propre cœur, pèlerin — où Dieu grava sa marque.

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Assise en ses remparts

La pauvreté franciscaine exige de toi ce geste, pèlerin : crains Dieu à partir de l’abondance de tes biens, la foison de tes pensées, le nombre de tes œuvres tournées vers de vaines gloires ou de faux salaires.  Dépouille-toi !  La pauvreté de Claire et celle de François qui, en ces lieux laissèrent, épuisés et reconnaissants, ce monde bas et fou demeure un appel au dénuement de l’âme, à chaque instant et pour les siècles des siècles.

Mesure en la blancheur de ce présent d’Assise comme tu es d’ordinaire éloigné de ce dénuement. Mesure ! Mesure et saisit ta chance de prier ; prie devant ces deux portes surnaturelles afin qu’un ange-sentinelle entrebâille pour toi l’accès aux balbutiements d’un premier repentir et au jaillissement d’une vivifiante oraison.

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Te voici comme éclos en toi-même par les vertus incomparables des deux saints d’Assise. Tu chemines par leurs rues, tu respires l'encens pur et léger de leur compagnie, malgré l’opaque indignité des sentiments et des pensées que tu charries dans le bagage encombré de ton âme ! Laisse-les t’assister, pèlerin ! Accorde aux clapotis de ton ruisseau plus d’attention qu’aux imposants amoncèlements de tes nuages ! Car elle t’élève fluide et diaphane, joyeuse et acharnée, l’intercession des humbles saints d’Assise : franchis ces portes par lesquelles ils sont morts et vivent pour toujours, ces portes surnaturelles d'où jaillit l'Esprit sans lequel tu ne peux subsister, ces portes que pourtant rien de toi ne mérite de passer...

22:18 Publié dans Là où la paix réside | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : assise, saint-françois, sainte-claire, christianisme | | |

dimanche, 20 mai 2018

L'idole

« Notre Dieu est au ciel, Il fait tout ce qu'il veut.  Leurs idoles sont de l'argent et de l'or. Elles sont l'ouvrage de la main des hommes. Elles ont une bouche et ne parlent point, Elles ont des yeux et ne voient point. Elles ont des oreilles et n'entendent point, Elles ont un nez et ne sentent point,  Elles ont des mains et ne touchent point, Des pieds et ne marchent point, Elles ne produisent aucun son dans leur gosier.  Ils leur ressemblent, ceux qui les fabriquent, Tous ceux qui se confient en elles » (psaume 115)

Beaucoup d’entre nous croient ne pas être idolâtres. Pourtant, nous le sommes, et bien plus que les adorateurs de Baal ou autre idole antique. Nos portables sont de métal. Ils sont de l’ouvrage de l’homme. Ils ont une bouche, et ne parlent pas. Ils ont des yeux, et ne voient pas. Ils ont des oreilles, et n’entendent pas. Ils ont des « mains » et ne touchent pas. Ils ne produisent aucun son dans leur gosier.

Rajoutez à cela, car le Mal va croissant sur Terre, ils ont une intelligence, et ne pensent pas.

Et alors, la phrase finale devient explicitement funèbre : Ils ressemblent à ceux qui les fabriquent.

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Oui nous sommes idolâtres. Copieusement idolâtres, non ? Et cette idole technologique, parmi d’autres, nous entraine en des régions bien plus dévastées que celle de la superstition : l’orgueil, l’extériorisation de soi-même dans l’image, le dépérissement des sens et de l’esprit, la seconde mort…

21:01 | Lien permanent | Commentaires (0) | | |

samedi, 19 mai 2018

Le Christ et le Jihad

Le Christ nous a tout dit. Dans son deuxième discours d’adieu, Il a annoncé le Jihad islamique (Jean, 16, 2-3) : « L'heure vient où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu. Et ils agiront ainsi, parce qu'ils n'ont connu ni le Père ni moi… »
Beaucoup de Chrétiens ont toujours été tués, en effet. Mais qui, en le faisant, croit « rendre un culte à Dieu » ? Juifs et Romains qui tuèrent des Chrétiens par milliers dans l’Antiquité ne s’imaginaient pas rendre un « culte à Dieu » ; ils se débarrassaient simplement de gêneurs politiques et d’ennemis religieux. D’ailleurs les 10 commandements de Moïse dictés par Dieu sont clairs : si on peut tuer en temps de guerre, il est interdit de tuer son prochain pour rendre un culte à Dieu, pas plus que de lui mentir, de convoiter sa femme ou de dérober ses biens.
C’est l’Islam qui a prôné de nouveau au VIIe siècle après Jésus Christ cette notion de sacrifice humain infidèle qui serait capable de plaire à Allah (celui qu’ils croient être Dieu). Le Christ non seulement prophétise la venue du Jihad bien après Lui, mais en donne la raison : ils font cela non pas pour se débarrasser d‘ennemis politiques ou religieux, mais parce qu’ils croient que Dieu n’est pas Père : La sourate du dogme pur le dit clairement (sourate 112) : « Dis : « C’est Lui, Dieu l’Unique,  Dieu le Suprême Refuge, qui n’a jamais engendré et qui n’a pas été engendré, et que nul n’est en mesure d’égaler !» Dieu est Unique et n’a jamais engendré » ; ce qui signifie clairement que n’ayant jamais engendré, il n’est pas Père, il ne peut non plus être Fils, il est donc unique, informel : les Musulmans, comme le Christ l’annonce, « n’ont connu ni le Père ni le Fils », et c’est pour ça que les plus fanatiques d’entre eux vous tueront.
La seule façon, pour un Chrétien, de combattre et de mettre fin au Jihad, c’est donc de permettre à ses combattants de faire la connaissance du Père et du Fils. De leur donner accès, autrement dit, à la lecture de l'Evangile.

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15:55 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : islam, jihad, attentats, christ, christianisme | | |

mardi, 15 mai 2018

La sainte messe

Je ressens pour le rite extraordinaire de la messe un amour que je ne ressens plus du tout pour l'ordinaire. J'essaie d'en comprendre la raison :

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Certes, il y a la beauté de la liturgie : le grégorien, la richesse du latin, les habits des prêtres... Cependant, même tournée vers Dieu, la messe ne se peut borner à une dimension uniquement spectaculaire. Certes, il y a le recueillement des fidèles qui est beaucoup plus grand (silence, agenouillements...). Mais rien ne m'empêche de me recueillir dans l'autre rite, et si personne ne s'agenouille, de m'agenouiller, et si les gens chuchotent, de faire silence moi-même... Certes, il y a le respect plus grand qui entoure la distribution de l'hostie : à genoux, dans la bouche. Dans l'autre rite règne la décision de chacun, à genoux, debout, dans la main, dans la bouche... Cela finit par ne ressembler à plus grand chose lorsque chacun fait ce qu'il veut - ou ce qu'il croit vouloir.  Certes il y a la dimension historique de la chose : la messe traditionnelle a traversé le temps, c'est celle que donnaient le Curé d'Ars, Bossuet, Ignace de Loyola. La sainte messe, en vérité, dont parlent et Chateaubriand, et Jeanne d'Arc et saint  Louis, comme un beau vaisseau flottant à travers et sur les siècles pour porter le sacrifice du Christ jusqu'à nous. Cela a, de toute évidence, une autre allure que la messe soixante-huitarde lue dans toutes les langues un peu partout. 

Certes... Mais je cherche encore. La messe en latin est invariable, alignée sur un missel qui est un réservoire d'intelligence et de culture catholiques, codifiée par des gestes - élévations, génuflexions  - aussi précis que les notes sur une partition de musique : le prêtre du XXIe siècle ne peut y donner libre cours à sa fantaisie, le laïc non plus : La sainte messe est autoritaire, au contraire de l'autre qui cède beaucoup la place à l'arbitraire du moment et du lieu. La sainte messe est universelle, ce qui la rend évidemment plus juste, plus catholique, oserai-je le dire, que la messe moderne. Tout en étant autoritaire comme le Père, la sainte messe est humble, comme le Fils. Certes...

Et j'en arrive enfin à ce que je cherche : La présence du dieu trinitaire y est plus respectée, et donc plus sensible : le Père a un autel, un maître autel, sur lequel le sacrifice du Fils est consenti. Le Saint Esprit qui procède des deux s'y déploie. La communion des saints, qui tous ne connurent qu'elle, s'y exprime pleinement. 

Il ne s'agit pas de dénigrer un rite contre un autre, ni même d'en opposer un à un autre. On ne vole pas aux mêmes altitudes, c'est tout : le dieu trine vivant doit Lui-même y être pour quelque chose. Et cela doit se dire, se savoir et se partager. Fidèles, demandez à vos évêques et à vos prêtres la sainte messe dans vos paroisses...

17:46 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : messe, catholicisme, religion, grégorien, latin | | |

dimanche, 18 mars 2018

Un mal bien français

J'entends une vieille dame nommée Christine Ockrent évoquer la ré-élection de Poutine en ces termes : Son élection n'est pas démocratique (elle commente les 76,3%°), elle n'est organisée que pour vérifier "l'état de contrôle de la population". 
Pour avoir rencontré durant un récent voyage à Moscou quelques éléments de cette population (que je salue au passage) et pour cotoyer régulièrement (hélas) une salle des profs bien macronnienne, je dois avouer que "l'état de contrôle de la population" d'un spectateur de BFM, lecteur de Libé ou du Figaro moyen est visiblement bien plus élevé que celui des quelques Russes que j'ai rencontrés (et que je resalue au passage)

L'arrogance de cette vieille dame serait-il dûe à une dégénérescence cellulaire de sa pauvre cervelle ? Non, hélas ! Elle est, cette arrogance, comme l'écrivait La Fontaine au XVIIe siècle déjà "un mal bien français"

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19:35 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ockrent, poutine, russie | | |

vendredi, 09 mars 2018

Hippolyte Taine et nous

Pour mesurer à quel point l'ignominie de la société actuelle a été pensée, programmée, organisée par une certaine frange d'une certaine élite républicaine, rien de tel que de remettre son nez dans ses écrits. Un exemple avec le bonhomme Taine, Hippolyte de son prénom, qui en 1866, commit ceci. Certains y verront un idéal, je n' y lis que du mépris : 

"Je sais les inconvéniens de notre système, — la suppression des grandes vies supérieures, la réduction de toute ambition et de tout esprit aux idées et aux entreprises viagères, l’abolition des fiers et hauts sentimens de l’homme élevé dans le commandement, protecteur et représentant naturel de ceux qui l’entourent, la multiplication universelle du bourgeois envieux, borné et plat, que décrit Henri Monnier, tous les tiraillements, les vilenies, les appauvrissements de cœur et d’intelligence, dont les pays aristocratiques sont exempts. Pourtant, telle qu’elle est, cette forme de civilisation est passable, préférable à beaucoup d’autres, assez naturelle aux peuples latins, et la France, qui est aujourd’hui la première des nations latines, l’importe avec la révolution et le code civil chez ses voisins.
Cette structure sociale consiste en ceci : un grand gouvernement central avec une forte armée, d’assez forts impôts, et un vaste cortège de fonctionnaires qui sont maintenus par l’honneur et ne volent pas ; — un morceau de terre à chaque paysan, en outre des écoles et autres facilités pour qu’il monte dans la classe supérieure, s’il en est capable ; — une hiérarchie de fonctions publiques offerte comme carrière à toute la classe moyenne, les injustices étant limitées par l’établissement des examens et des concours, les ambitions étant contenues et contentées par l’avancement, qui est lent, mais qui est sûr : — bref, le partage à peu près égal de toutes les bonnes choses, de telle façon que chacun ait son morceau, personne un très gros morceau et presque tous un petit ou médiocre, par-dessus tout cela la sécurité intérieure, une justice suffisante, la gloire et la gloriole nationales. Cela fait des bourgeois médiocrement instruits, fort bien protégés, assez bien administrés, fort inertes, dont toute la pensée est de passer de 2,000 francs à 6,000 francs de rente. En un mot, une quantité de demi-cultures et de demi-bien-êtres, vingt ou trente millions d’individus passablement heureux, soigneusement parqués, disciplinés, rétrécis, et qu’au besoin on peut lancer en corps. A prendre les choses en gros, c’est à peu près ce que les hommes ont encore trouvé de meilleur ; néanmoins il faudra voir dans un siècle l’Angleterre, l’Australie et l’Amérique."

Taine, Voyages en Italie

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18:17 Publié dans Lieux communs | Lien permanent | Commentaires (0) | | |

jeudi, 01 mars 2018

Duomo di Lucca

La visite de la cathédrale saint Martin à Lucques vaut surtout pour le fascinant crucifix byzantin Volto Santo, placé juste à l'entrée après les guichets (curieux amalgame).  Il est abrité dans le tempietto, kiosque octogonal en marbre réalisé par Matteo Civitali. Il passe pour celui que réalisa Nicodème, le membre du Sanhédrin disciple du Christ qui l'ensevelit en compagnie de Joseph d'Arimathie. L'intérieur contiendrait plusieurs  reliques émanant du Christ : un clou de la Croix, une partie de la couronne d'épines, une fiole du Saint Sang.  Il se dit que pour échapper à la destruction, il a été confié à un navire sans équipage, qui navigua à tous les vents de la mer Tyrrhénienne avant d'échouer finalement en face du port de Luni. Les spécialistes (nous errons, aveugles, dans un monde de spécialistes) affirment qu'il s'agit d'une copie. J'ignore quelle est la réalité historique de ces faits, mais la présence surnaturelle de ce Christ crucifié en habit sacerdotal, dont le regard fixe et surplombant traduit le don de souffrance, est vraiment impressionnante quand on veut bien s'y arrêter pour s'ouvrir un instant. 

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Ancienne photo avec la relique du Volto Santo à Lucques

Pour le reste, une fois qu'on a payé son billet, on peut admirer les oeuvres d'art dont la cathédrale s'enorgueillit à juste titre: le monument d'Ilaria del Carretto, La dernière Cène (vraiment trop luxuriante à mon goût), du Tintoret, L'Annonciation de Stefano Tofanelli, le Triptyque de la Vierge à l'Enfant de Francesco Anguilla, les orgues ou encore les bas reliefs et les détails de la façade toute  de marbre blanc, gris et vert foncé, racontant la vie de saint Martin. Malgré tant de beauté photomitraillée par les touristes, c'est pourtant vers ce crucifix que, tel un mendiant en quête d'une réelle nourriture, inexorablement je revenais prier...

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détail de la façade

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détail du sarcophage d'Ilaria del Carretto

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Crucifix de la sacristie

 

 

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