samedi, 09 avril 2011
Jeux de maux
Le dénuement du dévouement laisse percer la sainteté à travers chaque pore. Certaines figures en sont ainsi tout éclairées jusqu’à l’heure du dénouement du dévouement. C’est alors qu’en elles, le dévouement au dénuement devient le plus extrême, forçant l’admiration jusqu’au vertige, jusqu’aux Cieux.
Le dénuement du dénouement serait ainsi la mort dans sa matérialité la plus décharnée, la plus strictement physique. L’on imagine ici les gisants médiévaux aux membres plus fluets que brindilles. Cela fait frémir. Soit.
Mais combien pire fait frémir le dénouement du dénuement. Car c'est alors une vie emplie de misères et de maux extrêmes qu'il faut imaginer alors, existence traînée jusqu’à sa fin rendue par contraste presque heureuse, sorte de Deux ex machina venu desserrer l’étau insupportable.
Dans ce cas de figure, le dévouement du dénouement, venu rompre l’essor fatal d’un destin sans apprêt, apparaît presque total.
Caravage, Lazare
11:07 Publié dans Des poèmes, Là où la paix réside | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : littérature, poésie, jeux de mots |
jeudi, 30 juillet 2009
Dans l'éternité d'Internet
« Enfin, je l'ai achevé cet ouvrage que ne pourront détruire ni la colère de Jupiter, ni les flammes, ni le fer, ni la rouille des âges ! Qu'il arrive quand il voudra ce jour suprême qui n'a de pouvoir que sur mon corps, et qui doit finir de mes ans la durée incertaine : immortel dans la meilleure partie de moi-même, je serai porté au-dessus des astres, et mon nom durera éternellement. Je serai lu partout où les Romains porteront leurs lois et leur Empire; et s'il est quelque chose de vrai dans les présages des poètes, ma renommée traversera les siècles; et, par elle, je vivrai. »
En relisant la fin des Métamorphoses, tout à l’heure, je songeais à la ressemblance entre ces deux termes, l’internet et l’éternité.
L’un vient de l’anglais inter/net (et devrait donc se dire, en français, « l’entre-réseaux »).
L’autre, du latin aeternitas, néologisme cicéronien forgé sur aevitas (l’immortalité).
In-ternet, ex-ternet : Troublante coïncidence phonétique, hasard des rencontres d’étymons ?
L’un semble bien être le contraire de l’autre.
Or c’est bien, in fine, au fil de ces réseaux du seul instant que nous jetons nos mots.
Ces réseaux contraires à cette éternité à qui Ovide, s'il confiait au seul instant les dons de sa semence, prenait garde de confier les dons de sa plume...

De toute façon, c'est bien au latin (la langue du seul et véritable empire) qu'il faut revenir, si l'on veut comprendre le sens des choses et des mots, et non pas à cet épouvantable anglo-américain dans lequel le monde s'est fourvoyé :
inter/nete : inter, préposition pouvant signifier parmi, mais aussi ensemble et nete : substantif féminin servant à nommer la plus haute corde de la lyre.
Ensemble, sur la plus haute corde de la lyre ...
19:46 Publié dans Aventures post-mortem de la langue française | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : ovide, littérature, les métamorphoses, jeux de mots, internet, réseaux, elle n'est pas retrouvée l'éternité |