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jeudi, 04 septembre 2014

Un SDF de la communication

Un comportement n’ayant pas de contraire, il n’y a pas  de « non-comportement ». Autrement dit, on ne peut pas ne pas avoir de comportement, qu'on soit ou non un personnage public. C’est à partir de ce constat que Paul Watzlawick dégage le premier axiome de la communication moderne dans Une Logique de la Communication : Dans la sphère de l’interaction humaine, impossibilité donc, de ne pas communiquer : un clochard qui s’endort sur un banc dans la rue communique évidemment quelque chose de lui-même et de la société, à son insu. Et ce qui est vrai d’un clochard l’est évidemment bien davantage des personnages qui font profession de trôner sur les écrans, en occupant sur la scène sociale un rôle, de quelque ordre qu’il soit. Que dire de celui qu’on appelle tristement le premier personnage de l’Etat , et dont – à moins de le contraindre à une démission – il semble qu’on doive encore s’accommoder trois ans encore ?

« Je considère que les affaires privées se règlent en privé », disait ce dernier lors de sa conférence de presse de janvier. Certes. Et de répudier publiquement sa concubine, dans un communiqué sec qui fera date dans la petite histoire de l’Elysée. Aujourd’hui, cette dernière publie un livre qui défraie le microcosme parisien et médiatique et qui, parce qu’un comportement n’a pas de contraire, et qu’en effet, on ne peut pas ne pas communiquer, risque de faire parler de lui plus loin et longtemps

Cédant ostensiblement à un mot d’ordre du Palais, on vient d’entendre dans la bouche de toute la gentry socialiste (députés, ministres, sénateurs) la même rengaine : « je ne lirai pas ce livre… », proclament ils, la bouche en croupion et le cœur sur la main ; car « on ne commente pas la vie privée » un tel étalage de serviles dénégations fait sourire. Les journalistes – y compris, pour ne pas dire surtout, les femmes – tombent majoritairement sur Trierweiler comme si elle était devenue une brebis galeuse ; il faut bien avouer que son éclat met à mal les collusions entre le politique et le journalisme dont elle-même est, journaliste et ex-première maîtresse (dame, du latin domina est, rappelons le, étymologiquement réservé aux femmes mariées) l’incarnation absolue.  Valérie Trierweiler, estiment-elles, « déballe du linge sale », est « indigne », etc, etc. Position également du vieux Duhamel, totem des commentateurs politiques, pour qui la « vengeance personnelle » de Trierweiler est « une transgression politique », et même assène-t-il « une muflerie ». On apprécie l’art de retourner les choses. Quant à Pujadas la moue aux lèvres, il renvoie carrément Trierweiler à sa grossièreté et choisit de ne pas commenter cette affaire. Dont acte, le service public ! D'autres, enfin, s'indignent du jackpot financier que représentent les droits d'auteur d'un tel bouquin. Certes, certes ...On aimerait les voir, avec un même et unanime esprit vertueux, dénoncer les salaires des footballeurs ou les coups médiatiques de certains acteurs. Bref...

C’est un plaisir de voir tous ceux qui défendent la transparence, les apôtres de la société de la communication, soudain se retrancher derrière ce quant à soi frileux. Il n’empêche. Ne pas  communiquer quand on est un personnage public et qu’on s’étale chaque jour sur les écrans,  c’est comme s’endormir sur un banc sur une place publique quand on est un clochard. C’est communiquer quand même, et ce pour envoyer le pire des messages. Sauf que là où le clochard subit, le personnage public agit. C’est donc bien pire encore. C'est, comment dire ? Le pire des faits du prince, un prince ridicule qui voudrait que le monde aille à sa guise.

Et niant aussi puérilement le rôle de cette communication qu’il l’a fait roi (des pitres) Hollande creuse sa propre tombe de ses propres dents - qu’il a longues  (au contraire des sans dents diront les plus acerbes). N’est-ce pas lui-même qui a fait du comportement exemplaire de Moi President une jauge morale ? Son programme ? un comportement, pourrait-on dire, son programme se réduit à un comportement, dès lors qu’il mène ostensiblement – et en bien pire – la politique de Sarkozy. Il n’en reste dès lors à ce jour plus rien de crédible.

On pourrait lui rappeler que, s’il avait bien lu son Balzac, il aurait su qu’un homme d‘Etat ne s'affiche pas impunément avec des actrices et des journalistes. Qu'une première dame, a minima, ça s'épouse, surtout quand on se proclame à la va vite le guru du mariage pour tous (ha ha ). Mais la culture des présidents est décidément une peau de chagrin en ce siècle de cuistres.  François Hollande est à présent «atterré», selon les mots d'un de ses proches cités par Le Parisien. Et nous ? ne les sommes-nous pas ?  «Le président n'a rien vu venir, il a appris la nouvelle hier matin, comme tout le monde. Il ne sait pas ce qu'il y a dedans». Et c’est là que le bât blesse.

Car c’est bien cet homme qui, après avoir assuré que le premier navire promis aux Russes serait livré en octobre, et après avoir écouté son conseiller revenant de Washington lui rapportant le mécontentement de son mentor Obama, accepte à présent d’en suspendre la livraison. Versatilité, amateurisme, quand tu nous tiens… Tout ça parce qu’il se rend devant ses maîtres de l’OTAN aujourd’hui. Hollande, rompt donc son contrat et n’honore pas sa signature en ne livrant pas, malgré les intérêts commerciaux du pays, le Mistral à la Russie. Les syndicats des chantiers navals sont scandalisés. Des emplois, des milliards d’euros sont en jeu. Pas seulement des emplois et de l’argent, pour tout dire. Car Poutine, ce n’est pas exactement la même chose que Trierweiler. Et la fonction présidentielle, pas non plus, une bluette amoureuse. 

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François m'a suivi... La faute d’orthographe a fait le tour des rédactions...

Commentaires

J'au eu vent du dernier tournant dans l'affaire du Mistral, ce bateau tant vanté. Cette livraison repoussé à des temps plus propices fait désordre mondial. Je m'étais demandé pourquoi Sarko n'avait pas offert un mouillage avec statut diplomatique sur les plages normande ...manque de classe comme le bateau....Les arguments des ouvriers des chantiers navals ne sont pas recevables en l'état militaire, les bâtisseurs de centrale nucléaires ont les mêmes....Poutine, le rusé, aurait demandé à Vlostock son conseiller 3"Quand est ce qu'il s'en va, dit Vlostock? ils nous mènent en bateau, le Français....m'en vais les attaquer en justice et couler leur économie, ils vont toucher le fond en nous les rendant les fonds"....

Écrit par : patrick verroust | jeudi, 04 septembre 2014

Tout ça demeure incohérent. Je te livre un bateau militaire, à condition bien sûr que tu ne fasses pas la guerre -ou simplement à qui je te demanderai de la faire. On prend l'opinion pour des abrutis, ou quoi ?
Et toutes les armes vendues aux terroristes ?
Nous ne sommes pas en guerre contre la Russie et j'espère bien que ce con ne va nous y plonger avec ses louvoiements à le petite semaine.

Écrit par : solko | jeudi, 04 septembre 2014

Ca résumé tout :
"Et niant aussi puérilement le rôle de cette communication qu’il l’a fait roi (des pitres) Hollande creuse sa propre tombe de ses propres dents - qu’il a longues (au contraire des sans dents diront les plus acerbes). N’est-ce pas lui-même qui a fait du comportement exemplaire de Moi President une jauge morale ? Son programme ? un comportement, pourrait-on dire, son programme se réduit à un comportement, dès lors qu’il mène ostensiblement – et en bien pire – la politique de Sarkozy. Il n’en reste dès lors à ce jour plus rien de crédible."

S'agissant du Mistral et de Poutine... Ce dernier cherche à dresser un décor de carton-pâte (une Russie puissance) devant la réalité misérable de la majeure partie de son peuple. Ce qu'il fait en Ukraine est d'autant plus dégueulasse, qu'il a l'affront de mentir au sujet de l'engagement de son armée sur le terrain (qui peut croire que ses soldats se sont perdus en Ukraine, où alors son armée est vraiment bidon ?!). C'est la méthode employée par Hitler entre 1936 et 1939. Et nous les Occidentaux, nous sommes des Munichois.

Écrit par : Jérémie S. | jeudi, 04 septembre 2014

Comme je le disais hier, Dieu qu'on se fiche des secrets de l'alcôve (comme on le disait joliment autrefois) présidentielle. Ce qui est navrant, ce n'est pas VT en elle-même, mais tous ces comportements. A-t-on besoin de ce livre ? Non. La dame n'écrivant pas bien (j'ai lu, une ou deux fois, ses articles sans intérêt dans Match), nous n'aurons pas l'analyse fine, ou drôle (la dame n'est pas drôle, comme ne le sont pas les gens de ce monde-là) que nous aurions pu attendre d'un écrivain réellement talentueux. On gâche du papier pour de petits règlements de comptes qui ne nous concernent pas. Peu m'importe de savoir que Hollande soit un goujat avec les femmes (à la limite, je le supposais déjà). En tant que membre de la population, subir ses frasques nocturnes était déjà trop. Qu'il soit puni par là où il a péché, tant pis, je m'en fiche.
Bref, tout ceci est pitoyable, bien que pas nouveau (souvenons-nous de Félix Faure et de sa "connaissance" fatale), et surtout ridicule. Et c'est ça, moi, qui me démoralise : le ridicule dans lequel les fonctions les plus hautes sont désormais tombées. J'en ai marre que notre pays devienne, progressivement, une caricature de lui-même, une pièce de théâtre avec portes qui claquent. Or, entre les lois mal fichues des unes, les diatribes idiotes des autres, les renoncements, les allers et retours, les hésitations, les maladresses et ce type de bêtises, j'ai l'impression d'assister, contrainte et forcée, à une mauvaise pièce à tiroirs, sans tête, sans cœur et sans pudeur.

Écrit par : Sophie K. | jeudi, 04 septembre 2014

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