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jeudi, 30 décembre 2010

Veille de 31

Drôle de moment, drôle de jour que ce 30 décembre, qui n’est déjà presque plus 2010 mais qui n’est pas encore le 31. Demain,  31, il est déjà écrit que tout le monde va être festif, le champagne devra couler à flots et les klaxons et les pétards résonner partout. Tous les grands shows télé sont déjà préenregistrés. Il faudra en les regardant être quand même sur son 31, même si le proverbe n’a rien à voir avec le réveillon lui-même. A minuit, le record de SMS devra être battu. Etc. Etc…

Mais ce 30 décembre, par contraste, est le dernier jour ordinaire de l’année. Tout le monde sait que le 31, c’est la Saint-Sylvestre ; mais qui sait que le 30, c’est la saint Roger et la saint Timon ?

Un jour sans autre connotation que lui-même et les vingt quatre heures qu’il égrène au même rythme que tous les autres. Un simple jour, comme tous les autres, avant le suivant... 

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14:33 Publié dans Lieux communs | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : actualité, société, réveillon, fin d'année | | |

lundi, 31 décembre 2007

Tables d'antan

 

Dans ses Oisivetés du sieur Puitspelu, Clair Tisseur inaugure un genre de littérature fort spéciale, la littérature gastronomique. Manger, affirme-t-il, est une chose d’esprit par laquelle l’homme se distingue de l’animal. :

« Car ne soyez point assez sots de croire qu’un bon morceau se goûte seulement avec le palais ; il se goûte bien plus avec l’esprit. Le palais n’est qu’un agent de transmission. C’est comme si vous disiez d’un Raphaël ou qu’un Ruysdaël qu’il se juge avec les yeux. Apprenez que vous jugez d’un plat exactement avec les mêmes facultés de comparaison, de réflexion, de généralisation, qui vous font juger d’une pièce de vers, d’un tableau ou d’un opéra. »

C’est pourquoi il n’est de bon repas qui ne se fasse sans commentaire :

« Car, si vous visitiez un musée en compagnie d’artistes amis, ne vous éclaireriez-vous point de vos impressions et de vos idées respectives ? Et ne croyez point qu’un bon repas ne soit pas le meilleur des tableaux ? Manger d’une bonne chose sans en parler, autant dire que les caresses entre amoureux se peuvent échanger sans doux propos »

Le repas pris en commun, voilà ce qui le rend savoureux :

« C’est grand heur que de manger bien et bon, et boire d’autant, mais qui n’existe qu’à condition d’avoir en face de soi des visages amis ».

Ayant défini ainsi les conditions de la bonne table, Puitspelu affirme que « les dîners lyonnais ont plus que tous les autres en partage ce parfum de  la cordialité. »

Quelques années plus tard, Vingtrinier prolonge la chanson un peu sur le même air, avec trois chapitres entiers consacrés, dans La Vie Lyonnaise,  au « Ventre de Lyon »,  à « Lyon à table »,  au « Gosier de Lyon ».  Dans la lignée de Nizier de Puitspelu, il cite avec une sorte de mélancolie admirative les immenses plats chargés de viande, de poissons et de légumes qu’on dévorait sous l’Ancien Régime. Énumérations à la Rabelais de volailles  (chapons, poules, poulets, coqs d’Inde, canards, oies, pigeons et paons...), de gibiers à plumes (cigognes, hérons, aigrettes, cygnes, grues, perdrix, cailles, ramiers, tourterelles, faisans, merles et mauviettes, bécasses, becfigues, ortolans, gélinotte de bois, poules d’eau, sarcelles, canetons sauvages, outardes, râles) ou à poils (lièvres, lapins, daims, faons) et de poissons d’eau douce (ablettes, anguilles, barbeaux, brochets, carpes, chatouilles, écrevisses, goujons, lancerons, perches, tanches, truites, ombres...). De quoi se désoler du manque d’opulence des tables démocratiques, conclut-il, «  la Révolution ayant coupé l’appétit à ceux dont elle avait épargné la tête. ».

Pouvoir d'achat en berne, moral, dit-on, dans les chaussettes, les Français termineraient mal l'année 2007 ? Tsss tsss... On a, il est vrai, l'impression qu'une majorité parmi eux se réjouissent avec Sarkozy d'avoir échappé à Royal, tandis que l'inverse aurait pu tout aussi bien arriver. Souhaitons-nous une année 2008 pleine de santé, prospérité, bonheur, paix et bonne chère, si les uns veulent bien aller de pair avec les autres. Joyeuses fêtes à toutes et tous.

20:20 Publié dans Des nuits et des jours... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, société, lyon, gastronomie, culture, reveillon, sarkozy | | |