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mercredi, 26 mai 2010

Mai pourri

La fenêtre est ouverte. Super, cette pluie, vraiment ! D’habitude, toujours les mêmes stations de poivrots gueulards, pseudo anars, pseudos libertaires, pour confondre sous nos fenêtres espace publique et espace privé, gens devenus depuis lurette adeptes de l’alcoolisme municipalement organisé. Ah la politique culturelle des municipalités fauchées françaises, d'un parti comme de l'autre, vraiment.  Super, cette pluie !

Au lieu de les entendre brailler, là, c’est calme. On respire la fraîcheur, la jeune verdure des platanes, le silence des flèches d’eau -  Car la pluie qui tombe passe, désormais, pour du silence dans nos villes vacarmeuses.. Les flaques et les rigoles luisent sur le sable. Il pleut. Quel beau mois de mai pourri, vraiment.

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22:04 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : pluie, actualité, printemps | | |

dimanche, 21 mars 2010

Aujourd'hui, 1er de Germinal...

Aujourd’hui, 1er du mois de Germinal, mois de la germination, fut placé par le Comité de Salut Public sous le signe de la primevère. Demain sera sous le signe du platane, et après-demain de l’asperge. C’est Charles Gilbert ROMME (1750-1795) qui lut à la Convention, le 20 septembre, ce projet de calendrier censé réguler la nouvelle ère des Français,  qui fut adopté le 5 octobre.

germinal.jpgA ce moment là, le mois débutant le 21 mars devait porter le nom quelque peu rébarbatif de Régénération. Le 18 octobre, Favre d’Eglantine (1750-1794), le saltimbanque auteur de Il pleut Bergère, fut chargé d’amener un peu de « poésie » dans cet austère décompte des mois. Il s’inspira de l’économie rurale pour nommer les mois d’après les récoltes et les saisons, puisant dans l’agriculture « le livre le plus usuel de tous » l’inspiration pour renommer les mois, toujours dans le hautain souci d’éduquer le peuple : «nous avons imaginé de donner à chacun des mois de l'année un nom caractéristique qui exprimât la température qui lui est propre, le genre de production actuel de la terre, et qui tout à la fois fit sentir le genre de saison où il se trouve dans les quatre dont se compose l'année. [...] de telle manière que les noms des mois qui composent l'automne ont un son grave et une mesure moyenne, ceux de l'hiver un son lourd et une mesure longue, ceux du printemps un son gai et une mesure brève et ceux de l'été un son sonore et une mesure large. »

Pour la saison printanière qui débute aujourd’hui, donc, germinal, floréal, prairial.

Chaque jour, dans cette même logique de retour aux sources et d’abolition des saints-patrons du christianisme, est arbitrairement placé sous le signe d’une plante, d’un animal ou d’un outil :

Après le primevère (1), le platane (2), l’asperge (3), voici donc la tulipe (4), le Coq (5), la Bette ou Blette (6), le bouleau (7à, la jonquille (8), l’aulne (9), le greffoir (10), la pervenche (11), le charme (12), la morille (1 »), le hêtre (14), la poule (15), la laitue (16), le mélèze (17), la cigüe (18), le radis (19), la ruche (20) le gainier (21), la romaine (22), le marronnier (23), la roquette (24), le pigeon (25), le lilas (26), l’anémone (27), la pensée (28), la myrtille (29), le couvoir (30)…

Assurément, ces gens si persuadés d’agir selon la Raison étaient, dans leur volonté frénétique de renommer et de refonder toute chose, saisis d’un furieux grain. On sait que Napoléon Ier rétablit le 1er janvier 1806, après treize années, ce calendrier républicain à l’ambition aussi excentrique que vertigineuse, aussi fascinante que déraisonnable dont, pourtant, dans les maisons communes de nos provinces, de vieux registres d’état-civil gardent  trace manuscrite puisque, sous ce calendrier-là comme sous un autre, on continua ingénument durant ces années-là de naître, de se marier, de mourir.

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