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lundi, 21 juillet 2014

Deux poids, mille mesures

Au moment où Israël « passe la barre des 500 morts » (1) Cazeneuve juge « intolérable » ce qui s’est déroulé à Sarcelles. Le ministre de l’intérieur et son gouvernement feraient bien mieux de juger « intolérable » ce qui continue de se passer à Gaza, et que les images qui défilent en boucle sur les écrans des banlieues françaises, images d'immeubles calcinés, de voitures incendiées, de cadavres d'enfants dans les gravas, laissent augurer. Drôle de pays, vraiment, où dans la bouche des gouvernants, la dénonciation des crimes d’hier sert de paravent au mutisme sur ceux d’aujourd’hui. 

Sur les écrans, un manichéisme sans vergogne oppose un peu partout les bons et les mauvais, le méchant Poutine et le gentil Obama. Mais il n’y a ni bons ni méchants, il n’y a que des gouvernements soumis aux intérêts financiers de leurs élites. Et les élites mondialisées, qui s’enrichissent et survolent de capitale en capitale le sale business de la planète en fureur, voudraient que les pauvres, qui ne quittent jamais leurs faubourgs, aient du monde, la même vision, béatement universaliste qu’eux ! 

La schizophrénie de ces gouvernants est terrible : ils ont rêvé de mondialiser le commerce, le tourisme, l’information, la culture. Ils ont voulu la libre circulation des biens et des personnes, et s’étonnent de récolter au passage celle des conflits. Mais un enfant de sept ans aurait pu leur expliquer qu’elle était inévitable. Comment, donc, douter qu'organiser partout le chaos était parfaitement pensé de leur part ?  Et j’ai bien peur qu’ils ne fassent que commencer à récolter que ce qu’ils ont semé parmi nous…

On parle beaucoup de l’exode des Palestiniens devant les Juifs,  celui des Chrétiens devant les Islamistes en Irak passe du coup étrangement inaperçu dans les medias occidentaux. L’évêché de Mossoul a été incendié. Imagine-t-on la mosquée Sainte Sophie à Istanbul, ou la synagogue Aben Danan à Fes subissant un tel traitement dans une indifférence générale ? Il y a dix ans, dix mille Chrétiens vivaient là, dans ce qu’on considérait comme la capitale du christianisme en Irak. Il n’en reste que 200 aujourd’hui. Sur leurs maisons on grave le « N », qui signifie Nazaréens : à ses côtés, une inscription en arabe : « bien immobilier, propriété de l’Etat Islamique ». 

Ici, l’exode des Palestiniens devant les Juifs, là, celui des Chrétiens devant les Islamistes. Partout les mêmes exactions. Les mêmes folies. Sauf chez ceux qui détiennent et le pouvoir et l’argent. Des bons d'un côté ?  Des méchants de l'autre ?Cherchez l'erreur...

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Mossoul, évêché en feu

 

 (1)   Langage cynique des journalistes entendu sur BFM

10:18 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : cazeneuve, sarcelles, gaza, israél, poutine, obama, mossoul, conflits, christianisme, judaïsme, islam, guerre | | |