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mardi, 23 novembre 2010

Louis Carrand

 

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Louis Carrand, Chemin du vieux Collonges

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Louis Carrand, Travaux des champs

 

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Louis Carrand, Bordure d'étang


Louis Carrand est, en compagnie de François Vernay et d’Auguste Ravier, le peintre qui, figea le plus suavement le charme des petites montagnes cernant Lyon (qu’on appelle des monts, « d’Or », « du Lyonnais ») la joliesse mélancolique de cette campagne, que le vingtième siècle dévastaateur a presque entièrement laissé filer. Cohéritier avec son frère d’une fortune considérable, il naquit le 23 août 1821 sur le quai Saint-Clair, devenu quai Lassagne, d’une famille de soyeux, et fit ses études au Collège Royal. Dans la première partie de sa vie, il voyagea beaucoup, en Algérie, en Italie, avant de se fixer à Lyon et de fréquenter le milieu artistique. C’est l’époque que par paresse on nomme « le pré-impressionnisme », pour épingler tous ces peintres qui s'adonnent encore au figuratif, tout en délaissant les ateliers, aventuriers joyeux de de la vive ou de la terne lumière, de l’espace, du mouvement, du relief, de l’indéterminé.

Louis Carrand va donc jeter sur ses toiles tous ces lieux qui, depuis, se sont métamorphosés en l’hideuse banlieue : Champs et vergers de Collonges, haies du Mont-Cindre, chemins de terre, troupeaux de vaches, bords d’étangs, de mares, de rivières…  Peu de personnages, mais des reliefs, des climats, des nuages dans les cieux : le passage frêle d’un moment, dans les tracés de la pâte coloré de Carrand.

 « Au physique, nous apprend Béraud, c’était un homme replet, court et sanguin, l’air d’un hobereau flamand. Le crâne chauve, la moustache roussâtre, encerclant une bouche sensuelle et souriante, un menton gras comme celui d’un membre des Epicuriens lyonnais donnaient à cet insurgé un air bon enfant, ingénu et placide ».

Carrand, rajoute Béraud, vécut avec simplicité et mourut inconnu ».

A partir de 1846, Louis Carrand a exposé à Lyon, à Paris (1849). En partie ruiné en raison des indélicatesses de son frère, il dut se résoudre à effectuer des petits emplois  (commis d’un marchand de vin, employé dans un hôtel des ventes, secrétaire au théâtre Bellecour jusqu’à la fermeture de ce dernier en 1892) et mourut le 13 novembre 1892 au n° 3 place Carnot.

« A force de gratter ses tableaux, de les poncer jusqu’à révéler l’enduit de fond, de les ré empâter – comme s’il balançait entre deux tentations : accumuler les strate sou passer à travers - , Louis Carrand obtient des paysages  d’usure transfigurés par ces récurages et ces reprises et suspendus entre la naissance des formes et leur abolition, l’être et le non-être. Une lumière veille dans de telles palettes géologiques. Elle semble venir du dedans. »

Jean Jacques Lerrant, « Ravier, Carrand, Vernay et la modernité »

 

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 Terrasse du peintre à Collonges 

18:43 Publié dans Bouffez du Lyon | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : lyon, peinture, louis carrand, collonges, école lyonnaise, béraud | | |

Commentaires

Dévastaateur ? joli jeu de mots, probablement involontaire mais qu'apprécieront les germanistes :)

Écrit par : Le Photon | mardi, 23 novembre 2010

Je suis (un peu) germaniste et j'apprécie... Hum, pourquoi pas sinon : "dévastadteur" ? Mais là, n'allez plus faire croire à la faute de frappe !

Écrit par : Benoit | mardi, 23 novembre 2010

Merci à tous deux de votre commentaire : je laisse donc cette non-faute de frappe.

Écrit par : solko | mercredi, 24 novembre 2010

En effet Louis-Hilaire CARRAND est un très bel artiste, encore assez méconnu malheureusement; il faut dire que sur le marché on trouve pas mal de "faux", brossés par son principal copieur GOBIN. Jusque vers la fin 2008, nous avions un expert qui faisait autorité pour l'oeuvre de CARRAND, c'était Pierre Monteillet; mais maintenant il va falloir être très vigilant car je connais des gens peu scrupuleux qui possèdent des malles entières de "faux",peints "à la manière de" CARRAND!
J'aurais aimé voir dans ce papier, bel hommage à CARRAND, la très belle scène d'hiver vendu en salle à Lyon lundi soir, intitulée "La place Bellecour" mais qui représentait en fait "Une scène de marché en hiver probablement en bord de Saône sur le quai St Antoine.On retrouve un modernisme dans le traitement de ce tableau , digne des plus grands paysagistes français de la dernière partie du 19 é siècle.

Écrit par : STEFFAN Patrice | mercredi, 24 novembre 2010

@ Patrice Steffan : La "scène de marché" sera publiée à l'occasion d'un autre billet sans doute, en compagnie d'autres scènes de rues. Il me paraît important en effet de faire exister sur le net ces peintres dont trop peu de gens connaissent et apprécient l'oeuvre.

Écrit par : solko | mercredi, 24 novembre 2010

Bonjour
Il y a au Musée des Beaux-Arts de Lyon, une très belle toile
de Louis Carrand intitulée "L'Albarine" !
Croyez-moi, on se sent vraiment bien auprès de l'Albarine !
Elisabeth Hamon

Écrit par : Elisabeth Hamon | vendredi, 03 août 2012

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