mercredi, 25 août 2010
Les premiers châteaux de l'automne
Ici, l’automne entame à l’horizon sa chasse, à chaque soir qu’un peu plus vite la lumière brusquement laiteuse éclipse tout rivage du corps liquide au corps sableux. Là, les petits des hommes s’exalteraient encore, criards pires que des mouettes, à la consolidation de leurs châteaux de sable sur lesquels l’écume à foison finalement se déverse. De petites mains tentent un instant de protéger ces frêles acquis, frêles abris d’imaginaire, mais à quoi bon ? On rentre, s’impatientent les parents, du ton sec de l’hiver, et du pas qui va.
En ce début d’automne, la vague n’est plus la même. Pressent-elle que ces précaires constructions figureront parmi les derniers remparts que la saison touristique tendra à sa routinière marée ? Pourquoi hésite-t-elle une brève seconde à les abattre ? C’est bien là que l’été s’achève, dans ces ultimes éboulements gracieux et lents, et, sur le sable lourd, à la lisière de ces multiples traces de pas dissociés jusqu’à la route goudronnée, où se profilent l’hôtel, les commerces, le casino et, un peu derrière, les péages d’autoroute.
12:56 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : littérature, poésie, automne, sète |
Commentaires
Amitié
* Exception faite sans doute à ce qui parait "Au temps qu'il fait", c'est bien le moins!
Écrit par : Tanguy | mercredi, 25 août 2010
Écrit par : solko | jeudi, 26 août 2010
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