lundi, 19 mai 2014
Les escrocs devant leur miroir
Escrocs : Quel est le comportement commun à tous les escrocs, le point commun entre toutes leurs forfaitures, qu'ils finissent seuls et corrompus sous les toits dorés des palais ou sous ceux, en contreplaqué, des prisons ? Comme les cons, ils osent tout, et c'est à cela qu'on les reconnait. Ils osent tout et ça marche, jusqu'à un certain point, toujours. Ils recherchent le même enivrement, la même gloire passagère, hantés qu'ils sont probablement du même vide, de la même nullité. On ne saurait dire a priori quel escroc, de Kerviel ou de Hollande, sera jugé par l'Histoire comme le plus représentatif du pus le plus pur, de l'excrément le plus sordide de son temps - qui est aussi, hélas, le nôtre - Il faudrait pouvoir établir devant une Justice Loyale qui n'existera jamais lequel aura dupé le plus de gens. Ils auront cédé dans leur médiocrité respective aux mêmes sirènes passagères et sombreront de toute façon un jour dans un même oubli... Ils sont les doubles inversés d'un même reflet de la laideur du monde dans la glace. En attente de leurs biopics, ils occupent, comme on dit en temps de guerre, le même terrain, et au prix du mètre carré, c'est aussi abject dans un cas que dans l'autre.
Les escrocs devant le miroir
00:00 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : kerviel, hollande, france, politique, faits-divers, escrocs |
Commentaires
"Escroc" ? Eh bien donc, vous voilà d'accord avec Michel Sapin !
Non ! Au-delà des mots,la seule comparaison possible, c'est celle des photographes sur ces deux photos. Et donc ce n'est pas parce qu'ils sont tous les deux photographiés, scrutés, que Hollande et Kerviel sont les mêmes, ou des doubles inversés,(à moins que toute personne photographiée = toute autre photographiée. Mais alors le pape= Didier Deschamp?)et je pense vraiment inexact de croire qu'ils sont mus par l'envie de gloire.(Pour le Kerviel d'"avant" c'était même tout le contraire). D'ailleurs les escrocs ne recherchent pas spécialement la lumière!
Pour ma part si je vois une similitude, c'est celle de deux histoires qui ont très mal tourné. A Kerviel je donne le bénéfice du doute. Je pense qu'il est sincère dans sa "rédemption". Je n'en mets pas ma main au feu bien sûr, mais je le pense. Pourquoi n'aurait-il pas réfléchi? Et pourquoi n'aurait-il pas découvert en marchant une nouvelle vie?
Et surtout, en quoi ça nous dérange?
Kerviel est un homme seul.
Hollande, non.
Écrit par : Sophie | lundi, 19 mai 2014
Maintenant, il est sans doute vrai que Kerviel est moins malhonnête que Hollande. Quant au pape, ce n'est pas à mon avis (et contrairement à ce que les medias -encore eux- racontent) le plus sympathique que nous ayons connus. Benoit XVI avait les yeux inondés de plus de lumière. Drôle d'époque, durant laquelle les vrais acteurs jouent (comme ils le disent) de plus en plus "naturels", et où ceux qui ne sont pas censés jouer donnent de plus en plus dans la théâtralité.
Écrit par : solko | lundi, 19 mai 2014
Les médias sont des molochs auxquels on n'échappe pas. Dans les matchs truqués dont ils se repaissent, tentés de les instrumentaliser au profit de ses enjeux est de bonne guerre.....
Écrit par : patrick verroust | lundi, 19 mai 2014
Écrit par : solko | lundi, 19 mai 2014
Kerviel n'est peut être pas à plaindre, mais les véritables "escrocs" (comme aime à les dénoncer Sapin) ce sont les socialos et leurs magouilles depuis Mitt'rand l'Arsouille (dixit de Gaulle).
Entendre le porte-flingue de Hollande, le triste Sapin, avec sa gueule dédaigneuse, répandre la parole de son maître est autrement plus écœurant... quand on sait qu'il ment à longueur de journée.
Enfin, quant à savoir lequel des deux papes est le plus sympathique... l'Histoire jugera peut-être. Mais, pour l'instant, le satisfecit en terme de réformes, c'est François qui l'obtient.
Prêcher la bonne parole c'est une chose, la mettre en musique, c'est autrement plus difficile. Une chose est sûre, si Jésus revenait...
Écrit par : Jérémie S. | lundi, 19 mai 2014
Je suis tombée il n'y a pas longtemps sur un interview de Deleuze en 77, pour un supplément de la revue Minuit, distribué gratuitement. Il y était question des nouveaux philosophes, de la nullité de leur pensée et de la nécessité qu'il y avait pour eux à ce que la presse cache leur vide. C'est-à-dire qu'ils avaient en quelque sorte inventé le marketing philosophique, comme on a ici le marketing politique.
Pour restaurer une fonction vide, il faut créer l'événement et c'est la presse qui fait ce travail.
Deleuze dit :
"C'est un nouveau type de pensée, la pensée-interview, la pensée-entretien, la pensée-minute. On imagine un livre qui porterait sur un article de journal, et non plus l'inverse."
ça n'a pas cessé, ça s'est amplifié...
Écrit par : Michèle | mercredi, 21 mai 2014
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