jeudi, 03 décembre 2009
La fosse-langue
Bel exemple de fosse-langue 1.
Le prix Nobel de la Paix a annoncé mardi devant un parterre d'élèves de l'école militaire de West Point, l'envoi rapide de 30 000 soldats supplémentaires en Afghanistan et demandé l'aide de ses alliés.
Saluée par la presse américaine, la décision d'Obama sera-t-elle suivie par les autres membres de l'Otan ? Il est vrai qu’il aurait dit que les soldats en question viennent « porter la paix. »
Bel exemple de fosse-langue 2 :
Daniel Cohn Bendit a déclaré que les plus riches des pays musulmans devraient retirer leur argent des banques suisses, vider les caisses de la Confédération, en riposte au vote sur les minarets.
Les plus riches des pays musulmans seraient donc à ses yeux de parfaits humanistes qui n’auraient, contrairement aux autres riches, pas d’argent sale à blanchir où mettre au frais dans les banques suisses, par pur intérêt personnel ? Des riches sympas, quoi ! Et pourquoi pas des militants écolos ?
Bel exemple de fosse-langue 3 :
Nicolas Sarkozy a déclaré à un syndicaliste qui s’inquiétait de la pérennité des emplois industriels en France : « on n’a laissé tomber personne »
Etc, etc, etc.
Imposture intrinsèque à tout discours politique de quelque bord qu'il soit : faiblesse du militant ou du sympathisant, de songer que de son bord à lui, il n'y aurait ni manip', ni propagande, ni corruption.
Que de la vertu...
07:31 Publié dans Aventures post-mortem de la langue française | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : obama, sarkozy, cohn-bendit |
Commentaires
On peut effectivement dire n'importe quoi, des contre-vérités, des contradictions, des fantasmes quand on est porte-parole dudit spectacle.
Il n'y a plus d'exigence de vérité dans le public citoyen, il y a demande du plausible et du directement "vivable".
Au stade où nous en sommes, la moitié de la population crèverait de honte, si tout cru, on lui balançait la vérité des faits. Le spectacle, dans sa victoire finale, s'est fait humaniste.
Obama propose au monde entier d'aller écraser un pays et d'égorger des hommes..Inassimilable...Suffit de rajouter le mot "paix" et la fausse conscience fait dodo tranquille..Ainsi de suite, dans tous les aspects de la vie quotidienne.
Jean Marc Rouillan pourrit en prison depuis 24 ans bientôt....Inassimilable pour les bonnes consciences chrétiennes, démocrates, de gauche, du centre et de l'écart. Suffit que Sarkozy et Royal déclarent de concert qu'il a été criminel et terroriste...
Point barre. La vengeance prend des allures de justice.
Au fait, De Gaulle aussi était un terroriste...
Écrit par : Bertrand | jeudi, 03 décembre 2009
Tout ceci laisse songeur.
Écrit par : solko | jeudi, 03 décembre 2009
Écrit par : solko | jeudi, 03 décembre 2009
Écrit par : Bertrand | jeudi, 03 décembre 2009
Quant à la presse, elle a eu un rôle non-négligeable dans l'invasion de l'Irak, en soutenant (du moins aux USA et en Angleterre) la thèse des armes de destruction massive. On ne voit pourtant pas beaucoup d'articles aujourd'hui pour dire que cette invasion fut illégale et non fondée. On pourrait pourtant déférer l’ancien président américain devant le TPI, ne serait-ce que pour la pendaison de Sadam Hussein. Bien sûr on dira qu’il n’a rien fait et que c’est le régime irakien (qu’il a mis en place) qui a prononcé la sentence. Bon, on ne va pas verser des larmes sur Sadam, mais enfin que dira le président américain le jour où les Chinois envahiront les USA et viendront le pendre à un croc de boucher en évoquant les «erreurs » de bombardements en Afghanistan qui tuent régulièrement des civils ?
Écrit par : Feuilly | jeudi, 03 décembre 2009
Écrit par : solko | jeudi, 03 décembre 2009
je dis là des poncifs. Volontairement. Parce que ces poncifs falsifiés, intéresses, sont les matériaux avec lesquels se construit la conscience collective, réduite à rien, sinon à l'erreur et à la compromission.
Écrit par : Bertrand | jeudi, 03 décembre 2009
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