vendredi, 20 mars 2009
Polémique papale
« Si on n'y met pas l'âme, si on n'aide pas les Africains, on ne peut pas résoudre ce fléau par la distribution de préservatifs : au contraire, le risque est d'augmenter le problème. » Première version : « au contraire on augmente le problème).
Dans les deux cas, si je sais lire, cela signifie : on ne peut réduire la lutte contre le Sida à la distribution des préservatifs. La proposition conditionnelle marquant clairement que l'extinction du fléau ne saurait être réduit à un seul geste technique (« si on n'y met pas de l'âme... »). Ceux qui attendent que le garant d'un dogme séculaire se plie à une idéologie actuelle évidemment l'entendent d'une autre oreille. Mais aucun pape ne peut ouvertement parler comme le chef d'une ONG ou d'un service sanitaire.
On comprend pourquoi Nicolas, Ségolène et autres consorts réduisent leurs déclarations à des propos type sujet/verbe/complément..., à une syntaxe et à un vocabulaire indigents, n'emploient plus ni conditionnel, ni subjonctif, etc... « Tous ensemble, tous ensemble », au moins, tout le monde comprend... Même si ça ne veut plus rien dire.
De l'aveuglement syntaxique à la mauvaise foi idéologique, il n'y a qu'un pas !

10:28 Publié dans Des nuits et des jours... | Lien permanent | Commentaires (35) | Tags : sida, religion, benoit xvi, christianisme |
Commentaires
Si j'ai bien lu le copié/collé de Zabou dans la note sur L'ordre de la décadence, le seul autre soutien serait, du point de vue de l'Eglise que représente le pape, de rester près de ceux qui souffrent et compatir.
L'intervention médicale urgente, l'aide financière indispensable, l'éducation, l'éradication de la misère, si ce n'est pas à l'Eglise de le faire, ne peut-elle au moins le réclamer ?
Ne me répondez pas Solko que ce n'est pas son rôle. Une Eglise à ce point hors de la société pourrait alors mettre ses biens à la disposition des pauvres, à tout le moins les partager.
Écrit par : michèle pambrun | vendredi, 20 mars 2009
Écrit par : solko | vendredi, 20 mars 2009
D'abord, vous avez raison sur ce point : pourquoi arrêter une discussion où visiblement nous ne sommes pas vraiment en phase, c'est le moins qu'on puisse dire ?
Comprenez-moi bien : Je me fous pas mal de cet obscur Joseph Alois Ratzinger, enfin parvenu, à coups de coups politiques sournois dans les couloirs feutrés du Vatican, souverain pontife !
En revanche, ma haine de son Institution est incoercible. Pas viscéralement. Les curés ne m'ont jamais empoisonné la vie, je ne les ai jamais fréquentés, je ne suis pas même pas baptisé.
J'avais une mère assez intelligente, pour son époque...
Mais je connais, j'ai vu et j'ai vécu à mes dépens l'incommensurable hypocrisie des ouailles et des bien-pensants !
Je vis en Pologne : je sais aussi de quoi je cause...Bref...
Cette institution est honteuse de contradictions, de faussetés, d'engagements extrêmistes, de mensonges...Relire ma note qui, pourtant, est loin d'être exhaustive.
Alors je m'en prends aux déclarations scandaleuses de ce Josef XVI parce que sa parole est la parole de l'Eglise. C'est bien pour cela qu'il est là, non ? C'est bien pour cela que l'Eglise est minutieusement hiérarchisée ?
Et je vais vous poser une question déconcertante de naiveté, simple, puérile, presque troublante tant elle est squelettique. C'est de la fiction....
Si les Nazis étaient sortis victorieux, s'ils avaient instauré leur régime partout en Europe (je vous rappelle que la chrétienté n'est que la victoire d'une secte sur le paganisme), seraient -ils comptables de leurs crimes ?
Moi, je dis oui. Et je dis que L'Eglise, par qui qu'elle soit représentée aujourd'hui, est comptable des crimes et du sang dont sa route est jalonnée.
Écrit par : Redonnet.B | vendredi, 20 mars 2009
il est plutôt facile pour un membre d'une organisation responsable de plus de 3 milliards de morts de se moquer des sous-fifres en la matière; vous remarquerez que cette attitude se retrouve dans toutes les cultures dominantes.... avant leur effondrement^^.
Écrit par : gmc | vendredi, 20 mars 2009
de le faire = de les nourrir, plutôt distrait aujourd'hui
Écrit par : gmc | vendredi, 20 mars 2009
Je vous trouve passablement cavalier, GMC !
Qu'en savez-vous ? Hein ? Qu'en savez-vous ? Rien, que vous savez ! Vous supposez, vous généralisez, vous raccourcissez, vous " myopisez" votre propre collaboration, peut-être, j'en sais rien...
Et l'affrontement direct avec l'ordre établi comporte des risques que votre passivité ignore sans doute..
Alors foutez-moi la paix avec vos arguments réducteurs jusqu'aux mensonges de l'impuissance érigée en vérité définitive !
Écrit par : Redonnet | vendredi, 20 mars 2009
quel ordre établi? et par qui? quels risques?
qui parle d'affronter, d'abord?
vous êtes terriblement en colère, monsieur redonnet, colère qui ne doit rien ni à solko, ni à son billet, ni à celui qui vous adresse ces lignes.
Écrit par : gmc | vendredi, 20 mars 2009
Pas très fin, alors :
"quel ordre établi? et par qui? quels risques?
qui parle d'affronter, d'abord?"
Des questions comme les choux : sans queue ni tête...
Écrit par : Bertrand Redonnet | vendredi, 20 mars 2009
je serai psychologue quand j'en aurai rencontré un capable de me dire ce qu'est la conscience, ce qui ne risque pas d'arriver demain
Écrit par : gmc | vendredi, 20 mars 2009
Notamment une chose : "Mais je connais, j'ai vu et j'ai vécu à mes dépens l'incommensurable hypocrisie des ouailles et des bien-pensants !" qui a jamais prétendu être parfait ici-bas ? Qui vous dit que ces gens ne sont pas sur une voie d'amélioration personnelle ? L'Eglise n'est pas faite de saints, elle est faite d'humains, faillibles, comme vous et moi. C'est peut-être même là l'une de ses beautés selon moi : se risquer avec tant d'imperfections !
Avec un beau but, peut-être raté selon vous, mais qui est ou devrait être celui de tout chrétien : la Charité (dans son acception étymologique agapê, hein, nullement le sens dépravé et condescendant qu'on pourrait lui donner !)
Excusez-moi de ce commentaire lapidaire, je tâcherai de répondre plus longuement ce soir car c'est bien léger mais je me trouve en bibliothèque avec un mini-mémoire à rédiger !
Écrit par : Zabou | vendredi, 20 mars 2009
Et je persiste à penser qu'il y a derrière ce haro sur le pape tout une série d'intérêts divers, réseaux bien organisés et de personnages tout aussi hypocrites que les gens d'église. Cela dit, j'entends votre colère, je la juge quelque peu exagérée par rapport aux faits. Mais de la même manière que rien n'est plus triste qu'une église transformée en centre culturel, rien ne serait plus épouvantable qu'un pape transformé en Bernard Kouchner du Vatican.
Écrit par : solko | vendredi, 20 mars 2009
Écrit par : solko | vendredi, 20 mars 2009
je m'en suis rendu compte le jour où j'ai voulu intituler un texte avec ce mot, cela dit je l'ai quand même appelé ainsi:
COLLABO
Dans les sentiers solitaires qui mènent à la gare, je ne suis que le collaborateur du feu. De son regard, je suis l'étrave verte à la proue et mes bras immobiles sont ses tisonniers caressants. Tel un brise-glace imperturbable, je tranche dans les fils rouges de la soie tendre pour écorcher les ombres jaunes d'un joyeux rire sauvage. Je ne suis que resplendissante misère noyée dans l'absence d'étanchéité, j'ai perdu mes limites éthiques dans un trou noir aventureux, ne reste qu'une molle armature traversée par un bel océan de pluie tropicale. Le sourire qui m'habite s'épanouit dans les merveilleuses contorsions de l'amertume onctueuse, il est de cristal comme il sied à l'obscure transparence, son charme n'est pas une matière minérale mais un parfum inodore dont la saveur atomique dissout les phénomènes délictueux.
Écrit par : gmc | vendredi, 20 mars 2009
Écrit par : gmc | vendredi, 20 mars 2009
Je disais que vous sembliez mélanger plusieurs choses dans votre commentaire coup de gueule et précédents. Vous mélangez cette récente histoire du pape, avec l’Eglise comme institution et l’histoire de l’Eglise alors que je pense que ce sont trois points bien différents.
- Pour la récente affaire du pape, sur la forme, les médias qui transmettent mal comme d’habitude, n’y revenons pas. Ceci étant, je pense aussi que l’Eglise a un réel effort de communication à faire : tout le monde n’allant pas chercher ce qui a réellement été dit ni le sens profond des phrases. C’est bien dommage mais il faut en tenir compte comme, également, la formidable rapidité d’internet dans la diffusion des informations, ce qu’elle paraît encore trop sous-estimer. Sur le fond, rien de bien neuf par rapport à Jean-Paul II, sinon que Benoît XVI a explicitement cité le préservatif : il est dans son rôle de pape, à ne pas dire « baisouillez comme des lapins avec ma bénédiction ! ». Après, il y a manière et manière de le dire, certes, mais c’est le rôle d’un pape, selon moi, de proposer un idéal de vie chrétienne (et, je me répète, mais je tiens bien à préciser que je ne suis pas du tout une membre du fan club de Benoît XVI !!!). Il n’est d’ailleurs pas « parole de l’Eglise » quand il s’exprime en dehors d’un cadre doctrinal, il en est le représentant principal, c’est tout, même pas « infaillible » dans ce cas-là !
- Ensuite, certes, l’Eglise a certes commis d’énormes bêtises tout au long de son histoire mais elle a aussi fait des choses belles et bonnes. Je crois que c’est adopter un point de vue très partial que choisir de ne regarder que ses heures sombres, pour lesquelles elle a demandé pardon, à plusieurs reprises. Cela n’enlève rien à la faute mais est-ce la faute de ces quelques-uns (dont on trouve l’équivalent dans n’importe quelle institution, comme le souligne Solko) qui doit empêcher les autres de vivre ? Le catholique doit-il sans cesse battre sa coulpe avec misérabilisme pour se faire pardonner les autres d’être chrétien alors que c’est sa Foi qui le fait se proclamer comme tel ? Je pense que rares sont ceux, en dehors des milieux traditionalistes, qui croient seulement pour appartenir à cette institution établie. Quand on se « convertit », si vous saviez combien cette dernière semble parfois étriquée ! Mais il y a plus profond, et c’est ce qui compte.
Car je n’ai pas eu le temps de développer tout à l’heure mais, vous voyez, moi, quand je lis la Bible, je vois que Jésus a confié l’Eglise à un type comme Pierre, celui-là même qui va le renier trois fois, un pauvre mec, un pê(é)cheur. Pourtant Jésus savait bien ce qu’il faisait. Car c’est aussi ce même Pierre qui, par trois fois, va redire au Christ : « Seigneur, tu sais bien que je t’aime », amour de Dieu qui est faux s’il n’est pas vécu dans sa dimension horizontale humaine (Il y a quelque chose dans ce genre-là dans une épître de Jean mais pas trop le temps de vérifier l’exactitude de la citation : « Si quelqu’un dit qu’il aime Dieu sans aimer son frère, c’est un menteur »). Et j’y vois vraiment un lien avec l’Eglise d’aujourd’hui, des gens qui ratent, qui se plantent complètement, mais qui s’efforcent de vivre le primat de l’Amour.
Je suis peut-être trop bien-pensante, voire hypocrite, mais cette religion n’exclut personne alors j’en profite vous voyez ;-) ! Plus sérieusement, je connais, moi aussi, cette insupportable ambiance de sortie de messe, de ces interminables conseils paroissiaux où l’on se félicite de ce que l’on est, de cescroyants guindés dans leurs attitudes mais… je ne m’estime pas meilleure, alors je tente de mener mon simple petit bonhomme de chemin de croyante.
@ Solko : choc, votre dernière phrase ! Je me permets de vous la piquer pour ma prochaine réunion d’aumônerie.
Zabou
Écrit par : Zabou | vendredi, 20 mars 2009
Et pourtant l'entreprise en a plein la bouche, de ce mot : collaborateur par-ci, collaborateur par-là... J'aime bien cette idée de limites éthiques, perdues dans un trou noir aventureux. C'est bien par ce trou noir, donc, que nous collaborons depuis l'âge de deux ans...
Écrit par : solko | vendredi, 20 mars 2009
Écrit par : Rosa | vendredi, 20 mars 2009
L'Eglise catholique, oui c'est une institution du Moyen-Âge, même les médias chrétiens le reconnaissent (magazine "La Vie")
et la Curie romaine fonctionne comme une Cour de l'Ancien Régime.
Le problème est aujourd'hui aggravé par le fait que Benoît XVI, grand intellectuel et grand théologien, n'a aucun goût pour gérer cette institution.
C'est un penseur solitaire, ce qui est en effet un grave handicap pour un dirigeant.
Mais je voudrais mettre l'accent sur la caisse de résonance que jouent les médias.
Ils n'amplifient les propos des papes que lorsque ceux-ci parlent de sexualité.
Jamais quand l'un d'entre eux dénonce l'exploitation de l'homme, les problèmes économiques.
Il en va tout autrement pour le Dalaï-Lama, icône de tous ceux qui sont en mal de religion sans vouloir la reconnaître.
Le DL a EXACTEMENT les mêmes idées que le pape en matière d'éthique sexuelle, mais qui le sait, en-dehors des Évangélistes conservateurs devant les quels il s'exprime ?
à lui l'image de la paix qui en fait un saint universel;
Dernier point :
j'ai lu récemment, dans un article sérieux qui d'ailleurs ne parlait pas de religion
"enfant de coeur", écrit sans "h" mais avec le sens "ce n'est pas un enfant de choeur".
N'est-il pas là le problème ?
Le coeur remplace le choeur.
Bertrand, en revanche, je vous comprends.
Même croyante catholique je ne pourrais supporter le catholicisme polonais.
Mais gardez-vous de juger à cette aulne !
Écrit par : Rosa | samedi, 21 mars 2009
J'étais restée sur une blessure très vive de ce qui s'est écrit à la suite de ce billet. Ces polémiques sont indignes de l'intelligence ; et de l'écoute que j'ai perçue ici, le peu de temps que je suis passée.
Pour être honnête, j'ai encore moins bien supporté que soit dénigrée la force d'opposition à un gouvernement inique, même si elle est imparfaite. Je pense que je ne reviendrai pas. Dommage pour moi. J'y perds beaucoup.
Merci Solko pour la rencontre avec Béraud et beaucoup d'autres choses. J'e n'oublierai pas.
Bien à vous.
Écrit par : michèle pambrun | samedi, 21 mars 2009
???
J'avoue que j'ai du mal à comprendre votre raisonnement.
Pour moi, c'est la manière dont les médias ont enclenché la polémique contre le pape qui, comme le souligne Rosa au-dessus, est indigne de l'intelligence. Quant aux chefs de file des syndicats ... Vous remarquerez que sur la photo de l'autre billet, on ne voit que des leaders syndicaux, pas de gens "normaux". Dire que ces gens-là sont de finauds politiques ainsi que d'authentiques manipulateurs ne me parait pas non plus aller contre l'intelligence. Chacun, vous comme moi est bien libre de penser ce qu'il veut. De là à ne parler que lorsqu'on "se comprend'...
Je vous dirais ce que j'ai dit à Bertrand : "un monde où seuls les gens qui pensent la même chose sont encore capable de discuter est un monde perdu."
En tous cas, je ne vous "ferme" (quelle expression horrible!) pas plus la porte de ces commentaires que je ne les lui ferme, évidemment !
Écrit par : solko | samedi, 21 mars 2009
Écrit par : Sophie L.L | samedi, 21 mars 2009
Bon je me sens un peu ridicule, mais je préfère être ridicule et être là, que m'en tenir à ce que j'ai dit ce matin et me priver à jamais (tout de suite les grands mots) du plaisir des textes et des échanges sur ce site.
Du plaisir aussi, de ce que me dit Sophie. Merci Sophie.
Vous avez raison Solko, à quoi bon s'affronter au "même" ?
Si l'on ne devait discuter que lorsqu'on se "comprend" d'emblée... Heurtons donc dialectiquement nos idées !
Merci de votre réaction. Veuillez accepter mes excuses.
Écrit par : michèle pambrun | samedi, 21 mars 2009
De fait, j'ai abordé sur ce blog et coup sur coup des questions visiblement brûlantes pour beaucoup d'entre nous :
L'autorité (pas d'autorité trop forte ?). Je suis sensible à cette question à cause du métier que j'exerce, mais aussi en tant que citoyen. Car je vois bien que mis à part le spectacle et l'argent, valeurs ou idéaux (le premier mot fait trop à droite, le second trop à gauche) n'ont plus guère d'autorité effective autour de moi.
Le sida et le pape. J'en suis même à me demander si "Le Monde" et consorts ne se servent pas de cette occasion inespérée pour se retaper financièrement, c'est vous dire ! Que d'amalgames ineptes j'ai lu ça et là !
Quant aux syndicats : si vous voulez le fond de ma pensée, le voici : comment se fait-ils qu'ils soient à ce point impuissants à se mobiliser de façon européenne ? Si je prends l'exemple de l'Education, chacun sait que cette réforme, qui n'est que le prolongement de celle d'Allègre, est pilotée par l'OCDE. Si cette mobilisation nationale et tout ce qu'elle entraine n'a pour but que l'alternance de 2012, sans moi, sans moi... Je ne suis ni "sarkozyste", ni ségoléniste, les deux sont aussi sombres et masqués, et les deux seront aussi impossibles à "déloger". Alors sans moi, encore une fois. En revanche, le jour où l'on me proposera un mouvement qui ait réellement une chance d'aboutir, et je sais que ce sera forcément un mouvement long et concerté, malgré mon humeur, j'irais peut-être de nouveau sous les ballons... A condition qu'on en ait fini avec cette insupportable "ambiance bon enfant" et les chansons de colonies de vacances...
Ceci dit, je suis très content de vous relire et je vous dis à bientôt.
@ Sophie : Merci pour le mot "précieux". Grâce à vous, je me suis remis pendant une heure à relire du Péguy. Occasion d'un billet, plus tard.
Merci à vous deux.
Écrit par : solko | samedi, 21 mars 2009
Bien que me rangeant explicitement du côté de ces affreux "obscurantistes" qui en révulsent un certain nombre, cela ne m'empêche nullement de partager une partie des points de vue exprimés par les uns ou les autres. Y compris Redonnet B. qui n'est pas le moins virulent :
"Si les Nazis étaient sortis victorieux, s'ils avaient instauré leur régime partout en Europe (je vous rappelle que la chrétienté n'est que la victoire d'une secte sur le paganisme), seraient -ils comptables de leurs crimes ?
Moi, je dis oui." Et ma foi, je ne suis pas loin de dire oui aussi. C'est là un constat qui n'est pas nouveau, et que déplorait d'ailleurs quelqu'un comme Gustave Thibon, soulignant ces invraisemblables compromissions du spirituel dans le temporel : soumissions du clergé aux pouvoirs en place, quelle que soit leur teinte. Ce qui engendre naturellement d'énormes contradictions d'une génération sur l'autre, brûlant un jour ce qu'on a adoré la veille et vice-versa. Cela dit, le nazisme a tout de même rencontré de très fortes oppositions cléricales, y compris en Allemagne. Ces oppositions se seraient-elles gommées avec le temps si le nazisme s'était durablement établi ? Après tout, c'est bien possible... et il est à craindre que notre gallicanisme français aurait sans doute accéléré le phénomène. Quoi qu'il en soit, ce n'est là qu'une hypothèse : on ne va pas refaire l'Histoire !
"Mais je connais, j'ai vu et j'ai vécu à mes dépens l'incommensurable hypocrisie des ouailles et des bien-pensants !" Ça, je connais aussi... et cela m'agace très très fort. Et je tape là-dessus de plus en plus fort. Sans plus d'illusions que les autres, sur le fait que là où deux ou trois se réunissent au nom de quelque "bien-pensance" l'hypocrisie n'est pas loin derrière. Faut-il alors promouvoir l'arrêt de toute pensée ? Ce serait l'horreur, non ? C'est surtout un risque à courir, ici et ailleurs... avec les ouïes grandes ouvertes sur l'éventuel retour de flamme porté sur sa propre "bien-pensance" : pas toujours bon pour le moral, mais excellent pour contrer toute hypertrophie entre les deux oreilles !...
Cela exprimé -et concernant le sujet de cette note- si l'on voulait faire un barbecue avec le retour de flamme qu'il suscite, il est à craindre que les saucisses (de Lyon ou d'ailleurs !) n'en ressortent à l'état de carbone pur. À "l'incommensurable", sachons donc garder une certaine mesure : les saucisses n'en seront que meilleures !
Pour le reste, d'accord avec Solko : quel qu'il soit, un pape n'est pas un Kouchner romain mais un pape. Si on ne supporte pas des mots de pape émanant de la bouche d'un pape, on éteint le poste ou on change de chaîne, on ferme son journal ou on passe directement aux mots croisés pour se détendre. Cela s'appelle se préserver : pile-poil dans l'air du temps ! Promis : on ne vous lâchera pas une armée de gardes suisses afin de vous en dissuader. En revanche, il semble que lorsqu'on ne supportait pas des mots de Führer (entre autres), éteindre le poste ou fermer son journal n'y suffisait guère...
Pour aller dans le sens de Zabou, bien sûr qu'il faut relier l'horizontal au vertical. (Ce qui donne une forme de quoi, déjà ?...) Et c'est bien quand ce lien est distendu que les problèmes commencent. Le vertical tout seul, cela fait un peu trop gibet... et l'horizontal tout seul, poutre dans l'œil. Ce qui n'est pas une paille !
Ah, un dernier mot à l'attention de gmc : "je serai psychologue quand j'en aurai rencontré un capable de me dire ce qu'est la conscience, ce qui ne risque pas d'arriver demain". Si jamais vous faites cette rencontre (du troisième type ?), faites-le moi savoir ! Je brûle de connaître à quoi cela pourrait bien ressembler. À l'intention des générations futures -et afin de leur faire assez peur pour les dissuader de reproduire les avatars de leurs aïeux...-, je prépare d'ores et déjà un gros bocal de formol !...
Écrit par : Michel | dimanche, 22 mars 2009
Écrit par : solko | dimanche, 22 mars 2009
Écrit par : S.Jobert | dimanche, 22 mars 2009
Écrit par : solko | dimanche, 22 mars 2009
Beaucoup de malentendus inévitables car je suis certain que les une(es) les autres ne peuvent se rencontrer parce que les positions sont, justement, profondément viscérales, ancrées en nous et que ces convictions, par-delà l'intellect, résistent au feu des arguments des uns (es) et des autres...
Ce sont là, presque, des sujets d'intimité spirituelle plus que de conscience historique, même s'ils tentent de se présenter comme tels...
Mais en dépit des fossés qui nous séparent, il se dit aussi des choses (Zabou, Michel, Solko, Michèle, Rosa etc...) avec la modération, feinte ou réelle, de l'intelligence et le désir de comprendre.
Personnellement, je suis d'abord passionné et mets parfois et souvent les ronds de jambes de la bienséance après l'expression spontanée...
Pour "répondre" aux divers "reproches" qui me sont faits ici et là, peut-être écrirais une note sur mon blog. Je n'en sais rien...L'envie, le temps....
In cauda venenum, quand même, Solko, je vous dénie le droit de dire que je refais l'histoire (ne prenez mes propres colères pour les retourner contre moi)..Ou alors accordez- moi que vous, de cette histoire, vous ne retenez que ce qui alimente votre moulin intérieur et vous herissez le poil quand vos icônes profondes sont touchées. Ce dont je vous accorde bien volontiers le droit.
Cordialement quand même...Car l' Eglise et ses saloperies, la fumisterie mensongère des politiques, des gouvernants, partis et autres syndicats, l'hypocrisie destructrice des valets et manants, nous survivront longtemps.
Restons humbles, surtout nous autres, obscurs, qui n'attendons rien du dernier soupir...
Écrit par : Bertrand Redonnet | lundi, 23 mars 2009
Comme vous dites, il s'agit de convictions intimes sur lesquelles il est impossible de s'entendre. Mais il faut reconnaître à Solko le courage d'aller à contre-courant. Même si, à moi aussi, parfois il me hérisse le poil ! Il obtient le consensus quand il va à contre-courant dans le domaine littéraire et intellectuel, donc pourquoi pas dans le spirituel ou sur le politique ?
chacun son épiderme culturel. c'est le risque des blogues de l'exposer. Et parfois c'est dur.
Bertrand, comme je l'ai dit une fois chez Feuilly, bien que croyante je suis plus proche des athées intelligents (ce qui exclut Onfray) que des croyants bornés (ce qui en exclut beaucoup).
Amicalement, j'espère que vous continuerez de venir ici apporter une contradiction salutaire pour tous.
Écrit par : Rosa | lundi, 23 mars 2009
Nous survivront inévitablement... Nous nous sommes découvert un différend, quand sur bien des points nous étions souvent d'accord. Cela ne me fait pas déprécier ni la beauté de vos descriptions, ni la justesse de beaucoup de vos anlyses, ni votre humour, ni l'écho de votre écriture. Sans doute prendrais-je aussi le temps, moi aussi, d'expliquer un jour pourquoi je défends l'Eglise et quel ressenti profond j'ai avec elle. Une histoire qui n'a rien de politique, rien du tout.
Là sans doute réside notre désaccord. Qu'il n'affecte pas, par ailleurs nos échanges. Cordialement
Écrit par : solko | lundi, 23 mars 2009
Écrit par : solko | lundi, 23 mars 2009
En tout cas vos lecteurs qui ont participé à ce débat ont fait preuve d'intelligence et de clarté dans la controverse, même si je n"hadère pas à leur sensibilité.
Vous le dîtes très bien et je vous en remercie : que ceci, même quasiment constitutif de notre approche du monde, n'empêche pas de nous lire l'un et l'autre.
Pour ma part, les premiers mouvements d'humeur passés, (incorrigible !) je ne me priverai pas de venir lire vos textes, dequels je retire toujours un délicat plaisir.
Cordialement itou
Écrit par : Bertrand Redonnet | lundi, 23 mars 2009
Les croyants bornés ? Beaucoup de jeunes hélas...qui n'ont pas connu l'avant Vatican II et font un retour en arrière.
Écrit par : Rosa | lundi, 23 mars 2009
Vive la discussion entre gens qui ont des convictions, capables de s’écharper mais assez intelligents… pour continuer à le faire ? ;-)
@ Rosa : c’est assez vrai pour pas mal de jeunes de ma génération ce que vous racontez, une certaine peur du monde, un désir d’être « entre soi » mais je crois justement que le contact avec le monde, parfois un peu rugueux, ne cessera aussi de nous former et d’adoucir les angles tranchants. Tout au moins, je l’espère !
Écrit par : Zabou | mardi, 24 mars 2009
Écrit par : Rosa | mardi, 24 mars 2009
Les commentaires sont fermés.