mercredi, 27 août 2014
Pourquoi l'école est foutue
Parce que depuis des années, au lieu d’apprendre aux gens les fondamentaux, on passe son temps à se demander comment l’école peut régler les fameux problèmes de société et accoucher d'un nouveau citoyen. Ah les colloques ! Ils en auront produits, des colloques inutiles, les pédagogues, les socio-psychologues, les spécialistes de la petite enfance, des adolescents difficiles, des quartiers, de la diversité, et – à présent – de l’égalité des sexes… Ils en auront coûté du pognon aux contribuables, et généré du blabla …
Savez vous qu’aujourd’hui, parmi les 10 compétences requises pour devenir prof (1), la « maîtrise de sa discipline » n’arrive qu’en troisième position ? Et que la première, dite « agir en fonctionnaire de l’Etat de façon éthique et responsable », consiste entre autres à « faire comprendre et partager les valeurs de la République ». Avant même la compétence numéro deux, « maîtriser la langue française pour enseigner et communiquer »
Ainsi, ce qui allait de soi il n’y a pas encore si longtemps s’est grippé. A quel moment ? A qui la faute ? Les gens de gauche parlent toujours de manques de moyens, ce qui est faux. Des moyens, il y en a eus. Et du gaspillage à foison. C’est plutôt le déplacement des objectifs fondamentaux qui est en cause. Un déplacement délibéré. Et criminel. En 1989 déjà, un éminent professeur de Jussieu me disait : « L’objectif que le politique assigne à l’école n’est plus la transmission de la culture, comme les discours de surface le prétendent. Ni même la formation à la vie professionnelle, car nous entrons pour longtemps dans une société basée sur le chômage de masse. Non. L’objectif premier est le maintien de la paix civile. Il n’y en a aucun autre. »
D’où la nécessité de former, comme ils disent, les nouveaux professeurs à toute autre chose qu’à leurs matières. C’est le rôle des IUFM, de véritables salles d'endoctrinement, que Sarkozy avait heureusement abolis, et que les socialistes se sont empressés de restaurer. Apprendre à enseigner, ha ha ! C’est là qu’on apprend aux malheureux étudiants qui préparent un CAPES ou une Agrégation à transmettre les fameuses valeurs de la République, catéchisme creux fait de lieux communs comprenant l’égalité, l’anti racisme, la citoyenneté, dorénavant l’égalité des sexes et bientôt la théorie du genre.
L'homme, dans tout ça ? La culture, dans un tel contexte ? Elle n’est plus, comme, au temps des humanités d’autrefois, transmise pour fonder une identité individuelle et organiser une vie sociale, non. Elle est réduite à l’état de savoir mort, un savoir parmi d’autres, une matière qu’on dit d’ailleurs générale…
La culture véritable vous diront les dirigeants actuels, c'est une série de valeurs. Un peu comme la santé est un capital. Ou un gouvernement, une équipe, un choix politique, une feuille de route. La culture, donc, c’est d’une part la culture d’entreprise, avec le multiculturalisme et la création européenne en toile de fond. Et d’autre part, la citoyenneté, l’anti-racisme et l’égalité des sexes. C'est-à-dire un formatage des jeunes individus à la soumission sans condition au monde contemporain tel qu'on le veut. Si vous vous demandez ce que le petit soldat Vallaud Belkacem vient faire à l’Education nationale, vous avez la réponse. Et pendant ce temps là :
Oui vous avez bien lu, rentré scolaire. La voilà donc, la raison pour laquelle l’école est foutue. Parce qu’on vous dira à présent que le problème de l’école est l’égalité des filles et des garçons (quand la mixité est acquise depuis un demi siècle), ou bien la violence, ou bien les programmes trop élitistes, et tout ce blabla dont les ministres successifs se sont repus, laissant filer tous en chœur l’apprentissage des fondamentaux, et la transmission de la culture heureuse, du loisir studieux, comme disaient les Romains. Dans la société du divertissement low coast, il est évident que le loisir ne peut - ne doit - être studieux.
Aujourd’hui, c’est mort et nous touchons le fond, avec les derniers coups de butoir auxquels il faut s'attendre dans les mois prochains avec cette souriante ministre. C'est mort, et ce ne sera pas faute de s’être battu.
(1) J’ai horreur de cette abréviation. Dit-on av’ pour avocat, med’ pour médecin, com' pour commerçant, min’ pour ministre ?
00:01 Publié dans Aventures post-mortem de la langue française | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : hamon, vallaud belkacem, éducation nationale |
Commentaires
Vos propos, aussi abusifs que récurrents, sur la politique de notre gouvernement en matière d'éducation, m'obligent à intervenir ici, et ce, quoiqu'il puisse m'en coûter personnellement.
Je suis, en tant que Ministre de l'éducation Nationale, votre supérieur hiérarchique. Je vous rappelle donc qu'aux termes de la Loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, vous êtes tenu au devoir de réserve et à une loyauté sans faille envers votre employeur.
Je vous saurais donc gré de cesser vos diatribes publiques et vos inacceptables attaques "ad hominem", régulièrement lancées en direction des plus hauts responsables de L’État.
Il va sans dire que je m'assurerai personnellement que vous avez bien pris en compte tout le sérieux de ce qui ne constitue, pour l'heure, qu'un simple avertissement de principe.
Veuillez agréer, Monsieur,l'expression de mes salutations distinguées.
Madame Najat Vallaud-Belkacem
Ministre de l’Éducation, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche
Écrit par : Najat Vallaud-Belkacem | jeudi, 28 août 2014
Je cesserais volontiers mes attaques "ad hominem", "régulièrement lancées en direction des plus hauts responsables de l’État". Car nous avons tous besoin de vivre dans un climat apaisé, n'est-ce pas ? Il faudrait pour cela que les les plus hauts responsables de l’État fassent un effort pour cesser de prendre les pékins que nous sommes dans la France d'en Bas (selon une célèbre raffarinade), pour des manches de pioches.
En attendant, je vous prie de recevoir, Madame la Ministre, l'expression de mes salutations respectueuses et je vous souhaite une "bonne rentré"
Écrit par : solko | jeudi, 28 août 2014
Écrit par : Jérémie S. | jeudi, 28 août 2014
Allez dire aux militants socialistes actuellement à La Rochelle, qu'ils doivent avoir une allégeance sans faille et un devoir de réserve envers leur parti et ses dirigeants. Ca sent le brûlé, comme partout en France aussi bien dans le public comme dans le privé.
Écrit par : Anne.D | vendredi, 29 août 2014
Écrit par : Porky | dimanche, 31 août 2014
Écrit par : solko | dimanche, 31 août 2014
Écrit par : Jérémie S. | lundi, 01 septembre 2014
Hollande voulait faire mieux que son prédécesseur : il a réussi en moins de deux ans à être minoritaire dans le pays.
Ces gens-là n'ont jamais eu besoin de travailler pour vivre : ils sont nés avec une cuillère d'argent dans la bouche... NVB et Fleur Pellerin sont les vivants exemple de cette gauche caviar complètement déconnectée des réalités de la France d'en-bas.
Écrit par : Jérémie S. | lundi, 01 septembre 2014
http://www.lefigaro.fr/vox/histoire/2014/03/20/31005-20140320ARTFIG00138-etre-republicain-qu-est-ce-que-ca-veut-dire.php
Écrit par : Jérémie S. | lundi, 01 septembre 2014
Tiens, voilà un article excellent et drôle qui abonde dans ton sens.
http://www.contrepoints.org/2014/09/02/179360-lecole-a-rythme-force-et-pas-cadence
Quant à cette missive ministérielle absurde, je pense à une blague, enfin je l'espère... Si ce n'en est pas une, c'est navrant ! Que les services d'un ministère se mettent à menacer l'expression, censée être libre dans ce pays, de l'opinion d'un citoyen, ça flanque des frissons. N'ont-ils que ça à faire ? Si oui, le totalitarisme n'est décidément pas loin. Tu n'es pas un militaire, que je sache, si ?
Écrit par : Sophie K. | mercredi, 03 septembre 2014
Écrit par : solko | jeudi, 04 septembre 2014
Écrit par : Sophie K. | jeudi, 04 septembre 2014
Écrit par : Michèle | mercredi, 03 septembre 2014
Écrit par : Sophie K. | jeudi, 04 septembre 2014
Écrit par : solko | jeudi, 04 septembre 2014
Ouf !
Elle exaspérait le Gégé, du temps qu'elle lyonniaisait.
Elle fait tout ce qu'elle peut pour ridiculiser un peu plus le petit de l'Elysée.
Mais la blague sonne juste : l'obsession d'autorité la tourmente, la gamine !
La gauche, quoi !
Écrit par : tamet de bayle | jeudi, 04 septembre 2014
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