samedi, 29 juin 2013
Jean Vilar et Louis Guilloux
C'est assez réjouissant d'écouter Vilar raconter ses tournées dans un pays qui a disparu. Pas d'affiches, mais des parades à l'accordeon pour annoncer les Comédiens de la Roulotte de Paris qui joueront le soir Georges Dandin. Vilar parle de son accent sétois, de son ami André Schlesser, des vaches maigres et des salles pleines. Il porte cravate et cigarette, comme en son temps, prédit un grand avenir à Jean Désailly, et déclare tout de go qu'il n'aimerait pas avoir un théâtre à Paris.
Louis Guilloux parle de Coco Perdu dans ces premières minutes d'Apostrophes. Il parle de morlingue et de coûter bonbon, en vrai homme du XIXème siècle, puisqu'il est né en 1899. Guilloux a cette manière qui n'appartient qu'à lui de faire sentir à Pivot que ses questions sont ...
21:09 | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : théâtre, jean vilar, andré schlesser |
Commentaires
Avant de se remettre au travail demain. Guilloux, ça nourrit. C'est à ça qu'on reconnait que c'est bon.
Écrit par : solko | dimanche, 30 juin 2013
Chez Vilar, qui n'a plus l'accent du midi, résultat je suppose, du travail de la scène - j'adore quand il raconte que dans une rime en "rose" son accent produisait "rase" -, j'ai aimé cette évocation d'un théâtre où les tables d'un bistrot constituaient la scène et où il suffisait de deux projecteurs.
J'ai vu jouer Dandin, non par les Comédiens de la Roulotte de Paris :),
mais par la Compagnie, à l'époque andrestoise, puis tarbaise, des Tréteaux (troupe fédérale de la FOL65).
Écrit par : Michèle | dimanche, 30 juin 2013
Pivot qui suit , imperturbablement, son déroulé de questions pré préparées est ridicule dans son autisme obstiné, son incapacité à écouter.
Écrit par : patrick verroust | dimanche, 30 juin 2013
Ça vaut le coup quand même de télécharger Guilloux qui a une façon inimitable de clore le bec à Pivot et arrive, en plus d'une heure, à dire des choses intéressantes sur son scepticisme à l'égard de la gloire littéraire, le socialisme empli de ferveur de son père, la conscicne de classes, la politique en général, Gide, Sartre et Aragon en particulier. Et son amitié pour Camus ainsi que pour Malraux. Un bel écrivain qui a sa page sur Soko et aussi un très bel être humain, c'est ce qu'on voit dans l'entretien, malgré le rondouillard Pivot
Écrit par : solko | dimanche, 30 juin 2013
Écrit par : Michèle | dimanche, 30 juin 2013
Quand Pivot s'étonne d'une question posée à Coco perdu ou de ce que Coco perdu n'ait pas répondu à la question (de l'évangéliste) : "Êtes-vous content de votre vie ?", Guilloux le regarde comme le ferait un maître d'école : "Qu'est-ce que vous croyez ? c'est une question qui m'a été posée aussi par l'évangéliste !" Et qd Pivot ajoute "Et si je vous la pose moi aussi la question", Guilloux : "Je ne vous répondrai pas plus que je n'ai répondu... d'abord c'est une question indiscrète, ensuite que voulez-vous répondre à une question comme ça ? Une vie est une vie. La mienne a traversé le siècle, deux guerres, des révolutions, des coups de fusils partout, la pauvreté...Est-ce qu'on est content d'une vie comme ça ?"
Il faut voir le regard de Guilloux, sa bonhommie face à ce galopin à qui il tirerait presque les oreilles :)))
Écrit par : Michèle | dimanche, 30 juin 2013
Écrit par : Michèle | dimanche, 30 juin 2013
Et sans renoncement :
ni à la culture, je veux dire que ni l'un ni l'autre ne fait du Patrick Sébastien,
ni à sa classe d'origine, ni l'un ni l'autre ne s’embourgeoise et devient un Montand.
Le Cripure de Guilloux sera d'ailleurs mis en scène par Maréchal dans un esprit proche de Vilar.
Écrit par : solko | dimanche, 30 juin 2013
Écrit par : Michèle | lundi, 01 juillet 2013
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