mercredi, 26 décembre 2012
Face à un certain profil
Il ne croyait ni aux franches unions, ni aux ruptures définitives. Peut-être à cause de la séparation de ses parents, qui n’avaient jamais divorcé. Sans qu’il s’en rendît compte, cela faisait de lui un être bizarre, habitué à conserver les êtres dans son cœur malgré eux, comme par exemple il avait dû conserver son père de l’âge de 3 mois à celui de dix-sept ans.
Un certain détail, un certain relief de la relation lui avait toujours échappé. Il s’était toujours étonné de voir à quel point la plupart de ses semblables confondaient les épisodes et la durée, et n’aimaient pas leur propre solitude. Il n’avait jamais vécu la sienne, en tout cas, comme une malédiction ou un fardeau. Elle était une sorte de recueil sur les pages duquel se gravaient la figure des absents.
Les gens normaux l’avaient toujours excédé. Leurs paroles, leurs gestes, leurs chaussures. Il n’avait guère eu l’occasion de se faire beaucoup d’amis parmi eux, comme si ce qu’ils étaient n'était fait que de sable ou bien de vent. Il évitait soigneusement qu'on le prît en photo. Ce qu'il aurait voulu, c'est être peint par Modi.
Modigliani : Leopold Zborowski à la canne
21:16 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : modigliani, littérature, poésie |
Commentaires
Écrit par : Michèle | mercredi, 26 décembre 2012
Écrit par : Sophie K. | jeudi, 27 décembre 2012
Écrit par : patrick verroust | samedi, 29 décembre 2012
Je n'ai pas osé insister sur la fascination à lire ce texte de Solko, c'est toujours délicat les compliments, je profite cependant de l'occasion offerte pour dire qu'il fait partie de ces textes dont chaque phrase provoque l'étonnement et ça c'est précieux...
Écrit par : Michèle | samedi, 29 décembre 2012
Merci à vous d'apprécier ce texte. A propos de romancier, je me remets à la besogne quand j'ai du temps. Mais c'est long.
Je crois qu'en matière de roman, il faut admettre une autre exigence narrative. On ne peut pas fabriquer de l’étonnement, comme le dit Michèle, sur une telle durée.
Pour moi, le roman ne vaut ni le théâtre ni le poème court.... J'ai toujours eu un problème avec ça. Ne sais pas si j'arriverai à le résoudre.
Écrit par : solko | samedi, 29 décembre 2012
Écrit par : patrick verroust | samedi, 29 décembre 2012
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