lundi, 27 juin 2011
2011 MD
Tous les cinq ans, tout le monde dit vouloir s’atteler à refaire, redresser ou refonder ce pays, dans lequel rien ne va jamais. Puis, tout continue comme avant. Cela dure depuis des décennies, quoique depuis peu, le rythme se soit accéléré. Avant, la mascarade, c’était tous les sept ans.
Avec ce système, rien ne va jamais : ni pour la moitié dont le poulain est au pouvoir, ni pour l’autre moitié qui trépigne en attendant que le sien y parvienne. Les premiers sont vite déçus par leur candidat et de pro deviennent anti. Dans les alcôves, tout comme dans une pièce de Shakespeare dont on ne cesserait de répéter l’acte IV, les courtisans d’hier peaufinent donc des stratégies pour lui piquer le siège. Jean Louis, Hervé, Dominique, Rama, Christine et Fadela…
De l’autre côté, ceux qui trépignent devant la porte des palais s’arrachent le cœur, le foie, la rate et les poumons pour faire mine de s'accorder sur le bon prétendant. Là aussi, la finalité n'échappe pas à l'observateur : Faute d’idées et de débats, il ne s'agit que de faire parler de soi à longueur d’antenne. Stratégie d’occupation, on dit de communication dorénavant : Martine, Ségolène, François, Manuel, Arnaud, Jean-Luc…
Nous vivons ainsi dans un étrange climat carnavalesque, pendant que tournent autour de nous des astéroïdes en tous genres. Aujourd’hui, 2011 MD (c’est son petit nom) passera à 12 300 km de nos affaires et de nos divers émois en milieu d'après midi. Pas de risque qu’il fasse de gros dégâts : on se dit que c’est presque dommage, tant après les tsunamis naturels, financiers, sociaux et politique de toutes sortes, notre sens du catastrophisme aurait bien besoin de nourriture céleste. Il n’est même pas certain que ce gaillard là ait de quoi rivaliser avec celui qui inspira au bon Hergé l’Etoile Mystérieuse. Il faisait pourtant aussi chaud qu’aujourd’hui, au tout début de l’album, vous souvenez-vous ?
13:04 Publié dans Des nuits et des jours... | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : 2011md, hergé, astéroïde, primaires socialistes, politique |
Commentaires
Oui bon, je m'appelle pas St John Perse, et je lis bien clairement une forme de regret dans votre bon billet, par contre je me demande si 2011MD ne met pas un voile devant les yeux pour les images. Euh... Ce qui finalement, (vous me direz ;-) ne changera pas des jours habituels, avec ou sans 2011MD, mais moi ça fait me un truc que l'astéroïde passe aussi près de nos petites affaires... Et puis c'est vrai qu'aujourd'hui l'asphalte colle un peu (et peut être plus férocement encore qu'à l'époque où Hergé dessina l'étoile mystérieuse). Tout ça pour remercier son indulgente astéroïde, de nous avoir permis de prendre un peu d'air frais sur une plage super-solkoïenne .
Écrit par : frasby | lundi, 27 juin 2011
Écrit par : frasby | lundi, 27 juin 2011
Si le président, c'est les soldes, est-ce à dire que nous méritons un président soldé ? On peut se poser la question.
Vous me faites penser que Mr Rivière, dans sa montée de l'observance, est muet depuis de bien longs mois. Me demande si, là où il allait, il profite mieux que nous autres d'une quelconque nourriture céleste...
Écrit par : solko | lundi, 27 juin 2011
Oui, cher Solko, c'est du Shakespeare... Il y manque juste les dialogues ciselés et profonds, et la scansion en décasyllabes.
(En attendant, on ne peut toujours pas se baigner dans la Seine...)
Écrit par : Sophie K. | lundi, 27 juin 2011
A propos des dialogues ciselés, on peut espérer peut-être un effort de certains, mais la scansion en décasyllabes, m'est avis qu'elle est perdue pour de bon.
Te baigner dans la Seine ? Malheureuse ! Comme aurait dit ma grand mère, "tu veux donc attraper des boutons ?"
Écrit par : solko | lundi, 27 juin 2011
(Le décasyllabe était déjà perdu du temps des lourdes traduction de François Victor Hugo... On ne dira d'ailleurs jamais assez tout le mal que ses traductions ont fait à Shakespeare.)
Écrit par : Sophie K. | mardi, 28 juin 2011
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