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mercredi, 25 octobre 2017

Terre sainte

Que sur cette boule malmenée, surpeuplée, incandescente, put exister une terre sainte relève incontestablement du merveilleux. Pas étonnant dès lors que trois religions (pour dire bref) s’en disputent la surface. Et cependant, seuls les pas du Christ et ceux de sa Mère, qui l'auront, cette terre, réellement sanctifié comptent.

Dans quarante-huit heures, je poserai le pied sur le sol de Jordanie pour un pèlerinage de plusieurs jours dont je tenterai de tenir ici même le journal.

Le pèlerinage débute à Mādabā, au sud d'Amman, devant cette carte que quelques moines grecs découvrirent fortuitement en 1884, et qui s’étend du Liban au nord jusqu'au delta du Nil au Sud, de la Méditerranée aux déserts orientaux. On construisit alors l'église saint-Georges de Mādabā pour l'accueillir. C'est un document précieux qui peut se lire comme un plan, tant chaque représentation est minutieuse et détaillée.

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Cette carte, la plus ancienne de Palestine, date vraisemblablement de la fin du VIe siècle, en raison des langues utilisées dans les inscriptions, des bâtiments qu'elle cite, édifiés sous Justinien (527-565). Toute la Palestine s'y découvre à vol d'oiseau, d'ouest en est. L’artiste a pu souvent puiser dans l’ouvrage de l’évêque Eusèbe de Césarée, (Onomasticon) premier grand ouvrage de topographie de Palestine daté du milieu du IVe siècle, son inspiration. Pas moins de quarante teintes différentes de tessères (petits cubes) composent la mosaïque) où les villes les plus importantes ceintes de rempart figurent aux côtés de lieux plus modestes, mais porteurs de souvenirs bibliques.

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L’église Saint George qui abrite la carte, en 1902

La mosaïque propose  par ailleurs l'unique représentation d’époque du plan des bâtiments du Saint Sépulcre à Jérusalem. La ville est figurée de manière schématique, mais l'église se repère en son centre grâce à sa taille démesurée, et sa colonnade majestueuse.  On voit son escalier, ses trois portes, sa basilique et sa coupole, au coeur de la vieille ville cernée de remparts.. 

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 Je n'ai jamais abordé un voyage dans de telles dispositions. Je me sens habité d'un sourire et d'une joie authentique, calme. En moi nulle excitation, pas même de la curiosité au sens touristique du terme. J'ai longuement prié par trois fois le chapelet des 33 Notre Père devant une petite photo du saint suaire, mesurant toute la chance qui m'était donnée de visiter un à un tous les lieux dont les Exercices Spirituels de saint Ignace demandent la composition, tous les lieux sur lesquels Dieu lui-même posa ses pas . "Je viendrai comme un voleur", a dit le Christ... "Bienheureux celui qui veille et qui garde ses vetements, afin qu'il ne marche pas nu et qu'on ne voie pas sa honte."(1) Ne pas montrer sa honte d'être né en se drappant pour le voyage des manteaux de la miséricorde qui tombent du Ciel : prière et pélerinage débutent par la même lettre, celle du Père... 

(à suivre)

(1) Luc, 12, 39-40 ; Mt, 24, 43-44 ; Apocalypse 16-15)

 

21:33 Publié dans Là où la paix réside | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : mādabā, eusèbe de césarée | | |