lundi, 11 novembre 2013
En TGV
Quelques heures dans un TGV bondé : presque autant d’écrans que de visages, des écrans pour tous les âges : ordinateurs portables, tablettes, smartphones… Une sorte de silence règne dans la voiture (on ne dit plus wagon, ça doit faire trop bestiaux). Pourtant, que d’échanges en tous sens, que de zigzags dans la communication… Un voyageur monté à une gare s’est assis en vis-à-vis de moi, il a placé son ordinateur devant lui et, sans prendre le temps de l’ouvrir, s’est endormi. Il n’est pas le seul. Beaucoup dorment, bouches entrouvertes et ronflements plus ou moins discrets devant ces écrans allumés. Ceux qui ne dorment pas sont intégralement absorbés. Là un père et son jeune fils, monté dans la même gare, chacun dans le sien. Là une famille entière, les deux gosses dans des jeux vidéos, le père dans un ordi, la mère dans un smartphone. Et à mes côtés une jeune fille qui regarde un film… Je finis par me dire qu’il ne reste que deux bonnes postures, face cette technologie à ce point omniprésente : celle de l’animal ou du nourrisson, qui l’ignorent avec une superbe constance. Celle de l’ingénieur en amont qui (on l’espère) la maîtrise. Entre les deux, cette humanité captive, somnolente et saturée, drôle de spectacle sur lequel il faut peut-être cesser de s’attarder et plongeant son regard, soi itou, dans un écran.
22:31 | Lien permanent | Commentaires (10) |






Commentaires
Écrit par : Julie des hauts | mardi, 12 novembre 2013
Écrit par : Sophie | mardi, 12 novembre 2013
"Humanité captive", pourquoi? Je peux lire Ronsard sur une tablette. (Enfin, j'aimerais bien, je n'en ai pas !)Bon, souvent je crois que les gens lisent Ronsard, je jette un oeil et je vois qu'ils jouent à des jeux idiots avec des légumes de différentes couleurs qu'il faut mettre en ligne ! Mais bon, s'ils ne faisaient pas ça, ils feraient des sudoku aussi débiles ou auraient des pensées d'andouilles. Qu'est ce que ça change ? (à part la "dangerosité" éventuelle des matériaux pour fabriquer les écrans ou celle à les utiliser)
Écrit par : Sophie | mardi, 12 novembre 2013
Écrit par : Julie des hauts | mercredi, 13 novembre 2013
Captive en ce sens que, s'il était encore facile pour le pékin moyen de savoir comment marche un moteur, comprendre le fonctionnement d'un microprocesseur est déjà beaucoup moins à sa portée.
Captive donc, dans un état de non compréhension du fonctionnement interne de cette technologie, des enjeux politiques qui la portent, des effets secondaires qu'elle génère.
Captive dans la seule jouissance et le seul consumérisme de ce qu'elle offre. Une forme extrême et quasi inédite d'inconscience.
Écrit par : solko | mardi, 12 novembre 2013
Écrit par : Sophie | mardi, 12 novembre 2013
Écrit par : solko | mardi, 12 novembre 2013
Écrit par : Un écran | mardi, 12 novembre 2013
Écrit par : Sophie K. | mercredi, 13 novembre 2013
Moi aussi.
La fascination pour les outils demeure. La fenêtre en est un.
Stradivarius était amoureux de ses gouges.
Paganini accrocha des ailes à ses archets.
Et par la fenêtre du train qui entre dans Domodossola, je contemple un mendiant qui racle son violon.
L'Italie s'est annoncée.
C'est le coeur de la vieille Europe, Solko, qui bat.
Écrit par : Tamet de Bayle | mercredi, 13 novembre 2013
Les commentaires sont fermés.