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lundi, 29 décembre 2014

Zlatan, Samaras, nous autres, rien devant Hölderlin...

Il y avait jadis la chasse des tsars, aujourd’hui il y a la chasse des Zlatan.  A chaque fois que j’entends un pauvre mec à l’écran parler de « zlatan » comme s’ils avaient poussé le ballon ensemble sous le même préau d’école, je ressens le même dégoût. Le peuple est bête, oui, pour se choisir de telles idoles et applaudir à leurs exploits : « un élan de 500 kgs abattu d’un premier coup» titre un journal suédois, et il y a des gens prompts à s’esbaudir devant les exploits de chasse du footballeur multi milliardaire, un nain inculte, un idiot, leur miroir obligeamment tendu par les chaînes de foot.

 

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Capture d'écran de la une du journal suédois Expressen du samedi 28 décembre 2014, consacrée à la partie de chasse de Zlatan Ibrahimovic. - Capture d'écran 20 Minutes

Si tu laisses aller ce dégoût, ce qu’il te montre au spectacle de ces files de voitures immobilisées dans la neige de Savoie, des citadins partis avec leurs skis, leurs gosses et leur barda tester la poudreuse, comme ils disent, et saisis par le froid, la nuit, en troupeaux d’impuissants, tu prends presque peur de tous ces électeurs normaux qui t’ont foutu à l’Elysée cet autre guignol, lequel ne songe déjà qu’à y renouveler son bail de tournée en tournée au frais du contribuable, alors que le pays s’enfonce dans le malheur. Entendre ce Samaras franchouillard parler de « fraternité » l’autre jour, à propos du jeune nantais écrabouillé par le « déséquilibré » du marché de Noël, parce qu’il avait fait don de ses organes [éparpillés ses organes à présent, passeront le réveillon chez les uns, chez les autres, c’est ça, le socialisme des organes, Seigneur !] – non, entendre ce Samaras mal cravaté s’émerveiller là-devant, ça a fini de m’en dégoûter à jamais de ce type, et regardez cette tronche au milieu de ces gamins, « même qu’il donnerait sa chemise à des pauvres gens heureux » chantait Brel à propos de ces gens-là. 

 

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Un pervers, me dit ma femme. Un pervers narcissique... Elle a sans doute raison;;;

Et l’autre morveux, son vizir catalan, la bouche en cul de pintade et l’œil torve louchant déjà sur le fauteuil élyséen, parti chez les Ibères se faire élire homme de l'année faute de l'être ici en France, qui annonce que les Français, justement, allaient en chier encore pendant deux ans, quel désastre, ce gouvernement, non quel désastre cette élection de 2012 ! Existe-t-il quelque part un pays sans état, sans état crapuleux me demandai-je hier soir en faisant mes commissions, et en songeant aux impôts levés depuis deux ans par ces gens-là  ?

Rien par rapport à la Grèce, évidemment, pauvre patrie d’Homère jetée à l’encan des spéculateurs internationaux. Leur Hollande à eux a enfin fait naufrage et le FMI leur coupe l'herbe sous les pieds.

« Je rentre sans nulle gloire et seul dans ma patrie, condamné à y errer comme dans un immense cimetière, où ne m’attend plus peut-être que le couteau du chasseur pour qui nous autres Grecs somme une proie aussi tentant que le gibier des forêts. Pourtant tu brilles encore, soleil du ciel ! Terre sacrée, tu ne cesses point de verdir ! Les fleuves courent encore  à la mer, et les arbres qui donnent l’ombre murmurent toujours à midi.  La cantilène du printemps berce mes mortelles pensées, et la plénitude du monde vivant revient enivrer ma détresse (…) Bienheureuse Nature ! Ce que je ressens, quand je lève les yeux sur ta beauté, je ne saurais le dire, mais tout le bonheur du ciel habite les larmes que je pleure devant toi, la mieux aimée  (…)« Tout est fini, Diotima. Nos gens ont pillé, massacré sans discrimination : nos frères même, les Grecs de Mistra, ont péri ou errent désespérés, leur pauvre et douloureux visage invoquant ciel et terre pour qu’ils les vengent des Barbares à la tête de qui j’étais. » 

C’est en effet une belle ironie du sort, que l’ermite de la Grèce fût un Allemand. Remarquez, ce qu’Hölderlin écrivait des Allemands en 1796, on pourrait bien l’écrire de nous Français, pauvres de nous abrutis de consommation, etranglés de normalité :

« Des barbares de longue date, rendus plus barbares encore par leur zèle, leur science et leur religion même, profondément incapables de sentir le Divin, trop corrompus pour comprendre le bonheur des Grâces sacrées aussi offensants pour une âme délicate par leurs  excès que par leurs insuffisances, creux et discords comme les débris d’un vase jetés au rebut.  On ne peut concevoir de peuple plus déchiré que les Allemands. Tu trouveras parmi eux des ouvriers, des penseurs, des prêtres, des maîtres et des serviteurs, des jeunes gens et des adultes, certes : mais pas un homme. On croirait voir un champ de bataille couvert de bras, de mains, de membres pêle mêle, où le sang de la vie se perd lentement dans les sables… »

Quelle fin d'année réfrigérée !

22:37 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : samaras, grèce, zlatan, élan, valls, homme de l'année, hypérion, holderlin | | |

Commentaires

Le bon sens réunit la majorité des gens mais contre lui...Il est la forme la plus répandue d'aliénation..La bêtise est insondable, chacun en a une part...Comme le disait W Churchill "La démocratie est le pire système de gouvernement à l'exception de tous les autres..." . Qui sommes nous pour juger? Nous sommes contraints à une humilité morose , à moins de nous assumer tels que nous sommes, sans prétention à être des modèles ni esprit de prosélytisme, en nous préservant de la connerie de masse en restant cons anonymement...Vaste programme!!!

Écrit par : patrick.verroustp | mardi, 30 décembre 2014

Qui sommes-nous pour juger ? Mais, les héritiers de Montaigne, tout simplement, qui disait que le jugement est un outil bon pour tous les sujets. Quand je vois toutes ces milliasses d'hommes englués dans la neige des vacances, ces autres milliasses applaudissant aux chasses d'un milliardaire inculte qui se fout de leur gueule en tapant dans un ballon, et toutes ces milliasses d'autres fières d'être des électeurs, quand je vois enfin l'extrême veulerie des dirigeants qu'ils se choisissent au sein de la pseudo démocratie qui garrotte notre pays, je me dis même qu'il serait criminel de ne pas exercer notre jugement, tant sur un plan éthique, esthétique, pragmatique que rationnel.
Au nom de slogans égalitaristes tout juste bons pour les soldes d'hivers, l'état totalitaire inhibe le sens critique des masses, par le spectacle, l'infantilisation, la consommation et la propagande égalitaire. Quant à Churchill, ce qu'il dit de la démocratie n'est qu'une formule, vous savez, et ce maçon anglais et grand amateur de cigares ne constitue en rien une autorité. Platon disait que la meilleure façon de se choisir des chefs, si on renonçait au prince éduqué dès sa jeunesse au gouvernement, restait encore de les tirer aux dés. Je ne suis pas loin de croire que c'est lui qui avait raison...

Écrit par : solko | mardi, 30 décembre 2014

Dans la forêt autour de ma maison, sont des élans magnifiques, au port altier. Dommage que ce Zlatan Ibrahimovic ne vienne les taquiner :
Car je me ferais peut-être chasseur à mon tour. Qui sait ? Hé hé hé

Écrit par : Bertrand | mercredi, 31 décembre 2014

Je vous accompagnerais avec plaisir. Nous deviserions littérature tout en guettant la venue de notre proie. Et faute de trophée somptueusement cornu, nous ramènerions un beau sclap d'imbécile...
Peut-être qu'auprès de certains fanatiques, on en tirerait un prix d'or, de quoi traduire tout Kraszewski, dans toutes les langues du monde, même le basque, le yakoute et le sanskrit...

Écrit par : solko | mercredi, 31 décembre 2014

Les Américains sont bien tous armés, pourquoi ne pas autoriser le port d'armes chez les élans ?

Écrit par : Feuilly | mercredi, 31 décembre 2014

Qui sommes-nous pour juger ?
Des citoyens.
Le bulletin de vote n'est-il pas un jugement ?

Écrit par : tamet de bayle | jeudi, 01 janvier 2015

Si un matin un élan tuait un foot-balleur, je ne verserais pas un pleur. Comme il me dégoute, ce mec, et comme me dégoutent et me font pitié ceux qui l'admirent, lui et les autres pousseurs de baballe.

Écrit par : Julie | jeudi, 01 janvier 2015

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