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vendredi, 18 avril 2008

Pierre Combet Descombes

"Bavard,goguenard,cocasse,intarissable sur les faits divers surprenants et attentif aux fortunes poétiques de la promenade, aux hasards objectifs des rencontres avec les personnages, les objets bizarres que la vie quotidienne suscite à l'avantage de ceux qui savent voir : oui, Combet-Descombes était 772533361.2.jpgpopulaire. Il appartenait à l'air de Lyon"  (Jean Jacques Lerrant, catalogue de l'exposition du musée des beaux-Arts - 1985). Après celle de Vernay, il fallait évoquer la silhouette de Combet Descombes, qui fut d'une certaine façon son continuateur, lui aussi promeneur infatigable par les rues et par les marches des pentes de la Croix-Rousse. De l'hôpital de la Charité, dans lequel il naquit un certain 24 mars 1885, il ne reste, fichtre, rien du tout à présent, que ce malheureux clocher de l'ancienne chapelle, place Antonin-Poncet. Clocher dont le touriste fraîchement débarqué sur le conseil d'un certain classement UNESCO se demande bien à quoi il joue, là, planté tout seul et tout solitaire sur du sable rouge - il ne faut pas craindre la redondance dans un cas pareil  - par-dessus cet étrange "monument "commémorant le génocide arménien, le tout coincé entre un Hôtel des Postes stalinien et une façade d'immeubles bardée de terrasses le plus souvent désertées. Pierre Combet-Descombes, fils d'une couturière de la rue Pizay et d'un professeur qui ne reconnut que très tard sa progéniture, ne quitta Lyon que pour des séjours brefs mais nombreux et variés en France (Bretagne, Marseille, Avignon, Grenoble, Sisteron...). Figure à la fois inspirée et bohême, pauvre et racée, une véritable "gueule" d'artiste, comme il en survécut quelques-unes en tous lieux du pays pour traverser à pas d'éclairs l'ahurissant vingtième siècle. "On peut toujours se passer du nécessaire, mais pas du superflu" : De cette maxime tirée de Cocteau, il avait réellement fait une devise d'existence, au risque de la précarité la plus sévère: "Je suis de plus en plus un prolétaire", affirmait-il à la fin de sa vie. "Il faut 2005074515.jpgsavoir ce qu'est la pauvreté imbécile. Il faut savoir ce qu'elle entraine d'impuissance à se réaliser. Il faut savoir tout cela et bien d'autres choses très évidentes, pour avoir suffisamment d'amertume et de sécheresse au coeur, comme je suis obligé d'en avoir", écrivait-il à Joseph Jolinon, écrivain lui-aussi quelque peu oublié à présent, lui aussi.

En voulant décrocher un cadre, François Vernay s'était cassé le col du fémur dans son atelier. Suite à une erreur de diagnostic, il était mort dans d'atroces souffrances, la jambe gangrenée. Pierre Combet-Descombes mourut dramatiquement, lui-aussi, le 4 décembre 1966, asphyxié lors de l'incendie de son modeste appartement de la rue Ruplinger, dans lequel il vivait en reclus. Etant décédé sans héritier, la dispersion de son atelier se fit à l'encan, le 19 décembre 1967. Les nus baudelairiens de Combet Descombes s'en allèrent donc reposer dans les alcoves de collectionneurs privés avertis. On dit, à présent, que les fusains sans nus de Combet Descombes partent toujours mal en salles des ventes. Probable. Maître du fusain, il travaillait souvent juché sur un escabeau au dessus de son modèle qui n'était jamais une professionnelle. Parmi elles, Mademoiselle Reynaud, qui posa pour lui plus d'une vingtaine d' années. "Mes dessins les meilleurs, disait-il, lorsque je ne demande rien au modèle". Et puis : "Dans une longue vie, des peintres ont transmis le même type féminin qui se substituait à leur mémoire, même et surtout pendant qu'ils travaillaient d'après nature, à un modèle toujours changé". Autre source d'inspiration, la primatiale Saint-Jean, dont Combet-Descombes savait chaque ligne par coeur à force de l'avoir étudiée dans chacun de ses détails. Il déclara en 1917 avoir voulu créer une cathédrale imaginaire, presque laïque, "contenant pour l'ignorant à instruire la création entière, toutes les puissances de la vie et de la nature, et les souffrances". La femme et la cathédrale :  Face à l'usine, dont il livra aussi de nombreuses variantes, qu'ont en commun ces deux motifs pour avoir autant inspiré de concert la mélancolie rieuse de Combet Descombes ? Toutes deux traces séculaires de ce qui, comme la peinture, civilisa légèrement les hommes...

Commentaires

Alors, on change sa présentation sans prévenir ? On ne tient pas compte de la faiblesse cardiaque de ses lecteurs ? Nous faillimes tomber raide en voyant apparaître la page d'accueil ! Est-ce un signe notoire de changement ?...

Ecrit par : Porky | lundi, 21 avril 2008

Rien ne change, cher Porky, et pourtant tout change. Ce lieu commun étant tiré de rien moins que La Nouvelle Héloïse, je me permets de le réutiliser à l'envers, car tout change aussi, et pourtant, rien ne change...

Ecrit par : solko | lundi, 21 avril 2008

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